Construction Navale
STX France : Un cap très difficile à passer pour la sous-traitance

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STX France : Un cap très difficile à passer pour la sous-traitance

Construction Navale

La CGT et la CFDT tirent la sonnette d'alarme et réclament d'urgence la tenue une table ronde avec les pouvoirs publics concernant les graves difficultés que rencontre certains sous-traitants de STX France. Le grand chantier naval nazairien n'est pas menacé. Dans le contexte actuel, son carnet de commandes est correct, avec cinq navires de croisière et deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) à réaliser, ainsi que des perspectives intéressantes dans l'éolien offshore. Mais certaines commandes, en raison des atermoiements économiques et financiers, ont été prises plus tardivement que prévu. Du coup, STX ne peut lisser sa charge et se retrouve avec d'importants creux de charge dans certaines activités, comme la fabrication. Au point que pour fournir du travail à ses propres équipes, le constructeur rapatrie en interne des contrats habituellement confiés à la sous-traitance. Tant et si bien que certains coréalisateurs de STX, et non des moindres, se retrouvent en grande difficulté.

SMCO, SMCN et Baudet dans la tourmente

L'administrateur provisoire de la société nazairienne SMCO, placée en redressement judicaire le 4 janvier, a convoqué aujourd'hui un comité d'entreprise extraordinaire. Une réunion à la veille d'une audience au tribunal de commerce de Saint-Nazaire qui pourrait, selon les syndicats, « déboucher sur la liquidation de l'entreprise et le licenciement des 82 salariés ». Hier encore, les personnels, appuyés par la CGT et la CFDT, se sont mobilisés pour défendre leurs emplois. Ils ont notamment distribué des tracts aux différents accès de STX France, dont leur entreprise est un sous-traitant historique. Egalement filiale du groupe Hervé Thermique, SMCN est aussi sur la brèche. Hier ont débuté au sein de la société les premiers entretiens individuels de licenciements économiques. Les syndicats craignent qu'à raison de 9 licenciements par mois, SMCN, qui emploie 42 personnes, disparaisse rapidement. Et ces deux entreprises ne sont pas les seules à être touchées par le trou d'air que rencontre STX France. Chantiers Baudet, spécialiste nazairien de l'agencement de navires, a lui aussi été placé en redressement judiciaire. La société, qui compte 130 salariés, a deux mois pour trouver un repreneur.

Pas de réelle embellie avant 2014

Alors que le paquebot U32/MSC Divina (139.000 tonneaux, 1739 cabines) est en achèvement et sera livré en mai, son sistership, le X32, est quasiment assemblé. En attente d'une reprise par MSC Cruises, ce navire, qui avait initialement été commandé par la compagnie libyenne GNMTC, doit être parti dans un an. Or, derrière, il n'y a pour le moment que de petites unités. En cours d'assemblage, le H33/Europa 2 d'Hapag Lloyd (39.500 tonneaux, 258 cabines), livrable en mars 2013, ne représente qu'un tiers de la charge des grands paquebots de MSC. Et il en va de même pour les deux BPC russes, livrables en 2014 et 2015 (la construction du premier vient de débuter et celle du second débutera par anticipation dans les prochaines semaines). Quant aux deux navires de croisière commandés par Viking Line (41.000 tonneaux, 444 cabines), la tête de série ne sera pas mise en chantier avant le mois de septembre afin d'être achevée au printemps 2014 (et son sistership un an plus tard). Là encore, il s'agit de beaux mais de petits paquebots, très loin d'équivaloir en charge un mastodonte comme le Divina ou le X32. Et, si le nouveau projet Vista de MSC, portant sur un paquebot prototype de 2000 cabines, voit le jour cette année, il faudra attendre l'an prochain pour que la construction soit lancée et 2014 pour qu'une importante charge de travail revienne en armement. Mais, en attendant, cette phase d'activité rencontrera fin 2012 et au moins jusqu'au premier trimestre 2013 un important trou d'air en raison du départ des U32, X32 puis H33. En clair, le creux de charge va se déplacer progressivement au fil des phases de construction des navires. Et il va falloir attendre encore un bon moment, sans doute 2014, avant que la situation revienne à la normale. En attendant, la sous-traitance, devrait largement souffrir.

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