Construction Navale
STX lance une OPA sur Aker Yards et veut prendre le contrôle de Daewoo

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STX lance une OPA sur Aker Yards et veut prendre le contrôle de Daewoo

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Le jeu de Monopoly continue autour des actions Aker Yards. Comme on pouvait s'y attendre après l'accord franco-coréen du 12 juin, STX Shipbuilding a augmenté sa participation dans le capital du groupe norvégien Aker Yards, maison mère des chantiers de Saint-Nazaire. Ayant désormais dépassé la barre des 40% (40.39%), STX annonce qu'il va lancer, comme la loi norvégienne l'impose, une offre d'achat obligatoire sur le reste du capital d'Aker Yards. L'opération sera menée « dans un délai aussi bref qu'il sera concrètement possible », souligne STX, qui avait, dans un premier temps, acquis 39.2% d'Aker Yards (achat en octobre 2007, validé par Bruxelles en mai 2008).
Le 12 juin, le gouvernement français et STX s'étaient entendus sur l'avenir de la navale nazairienne. Matignon précisait, alors, que Bercy avait donné « son accord à la demande d'autorisation présentée par STX au titre du décret de 2005 relatif au respect des intérêts stratégiques français ». Or, le feu vert du gouvernement dans le cadre du dispositif légal n'est indispensable que lorsqu'une société étrangère prend le contrôle d'une entreprise nationale, ce qui n'était pas encore le cas pour les ex-Chantiers de l'Atlantique (détenus à 75% par Aker Yards et 25% par Alstom). Pour augmenter sa participation dans l'ensemble du groupe norvégien, STX devait donc, mécaniquement, obtenir le feu vert de Paris. Ce fut chose faite avec cet accord. Rappelons qu'à ce titre, l'Etat doit entrer à hauteur de 9% dans Aker Yards France. Ce qui, avec les parts d'Alstom, assurerait aux Français une minorité de blocage (34%). Selon le gouvernement, STX s'est également engagé à ne pas concurrencer à l'étranger, durant 18 ans, le coeur de métier des chantiers de Saint-Nazaire, c'est-à-dire les paquebots. L'Etat s'est aussi ménagé un droit de véto sur les décisions stratégiques, comme une augmentation de capital, de nouveaux partenariats, un changement d'objet social de l'entreprise, les gros investissements ou encore une réduction des capacités du site. De quoi, normalement, sécuriser l'activité de construction de navires de croisière en France et, par extension, dans les sites finlandais d'Aker Yards.

Des syndicats très réservés

Ces garanties, présentées comme solides par Matignon, n'ont pourtant pas convaincu les syndicats. En France, on déplore que les Européens ne soient pas parvenus à sauvegarder une industrie « à forte valeur technologique et créatrice d'emplois ». L'accord signé entre le gouvernement et STX est donc vécu par certains responsables

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