Construction Navale
STX : Les candidats à la reprise seront connus le 4 novembre

Actualité

STX : Les candidats à la reprise seront connus le 4 novembre

Construction Navale

Le tribunal de Séoul en charge de la procédure de redressement judiciaire de STX Offshore & Shipbuilding, a publié le 19 octobre un appel d’offres pour la reprise du groupe sud-coréen. Les candidats devraient être connus le 4 novembre et, une semaine plus tard, les juges devraient se prononcer sur l’avenir du quatrième constructeur du pays, acculé par les dettes. Le tribunal a laissé toutes les options ouvertes pour une reprise groupée ou par appartements, avec d’un côté les chantiers de Saint-Nazaire et de l’autre les sites coréens.

Alors que l’échéance s’approche, les grandes manœuvres entamées ces derniers mois s’accentuent en coulisses, avec un dossier devenu au fil des semaines extrêmement complexe et périlleux pour le gouvernement et l’industrie navale française, qui risque de jouer là une grande partie de son avenir.

Si les chantiers coréens de STX sont au plus mal, le carnet de commandes plein de Saint-Nazaire suscite des convoitises et plusieurs offres devraient être présentées, pour le seul site français ou en groupé afin de séduire le tribunal de Séoul avec une proposition plus élevée. Avec en lice, apparemment, une véritable collection d’acteurs et de consortiums provenant d’une bonne demi-douzaine de pays, des industriels, des armateurs, des organismes financiers, les pouvoirs publics selon les cas de figure…

A Paris, la priorité semble être de faire barrage à toute reprise asiatique, et plus particulièrement chinoise, qui pose clairement la menace d’un pillage technologique dans le domaine des paquebots et, éventuellement, des grandes plateformes militaires. « Nous ferons prévaloir les intérêts de la France, dans un débat, ou dans une discussion, ou dans un dossier aussi difficile que celui-ci. Nous disposons de deux armes. La première c’est que nous avons un pacte d’actionnaires, puisque nous détenons un peu plus de 33 % de l’entreprise », a fait valoir Michel Sapin, ministre de l'Economie, à l’Assemblée nationale la semaine dernière.

Au-delà du droit de veto et des leviers qu’offre la loi (dite Montebourg) sur la protection des entreprises stratégiques, le pacte d’actionnaires signé en 2008 entre STX (qui détient 66.66% de Saint-Nazaire) et l’Etat offre à ce dernier un droit de préemption en cas de vente par les Coréens de leur participation. Mais bien sûr, si la France exerce ce droit, elle devra renchérir sur la meilleure offre déposée à Séoul. Et cette perspective inquiète sérieusement les autorités tricolores, qui redoutent de devoir mobiliser, avec des partenaires préférentiels, des investissements très importants si un candidat « indésirable » met le paquet pour s’adjuger Saint-Nazaire.

Au-delà de cette première priorité, il faudra également déterminer quel serait, parmi les autres offres, la meilleure solution pour le dernier grand constructeur naval civil du pays. Et là aussi, c’est un beau casse-tête puisqu’à l’heure actuelle, aucune des options « européennes » éventées sur la place publique ou évoquée dans les coursives ne semble optimale et apte à apporter toutes les garanties nécessaires pour assurer la pérennité, l’indépendance et la liberté d’action de Saint-Nazaire.

Discussions et négociations se poursuivent donc, dans l’espoir, précisément, de trouver d’ici le 4 novembre la meilleure solution possible pour Saint-Nazaire, la navale française et les intérêts stratégiques du pays.  

 

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)