Construction Navale
STX Lorient valide son système de propulsion électrique innovante

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STX Lorient valide son système de propulsion électrique innovante

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Les soucis mécaniques du ferry commandé par la communauté d’Agglomération de Lorient ont obéré une information bien plus importante : le système innovant retenu pour la propulsion de ce navire fonctionne. C’était le grand challenge technologique du projet puisque STX France, via son chantier de Lorient, a convaincu son client d’adopter une nouvelle solution brevetée par le constructeur pour réaliser un bateau entièrement électrique. Ainsi, l’Ar Vag Tredan est doté d'un système de stockage d'énergie composé de super-condensateurs en aluminium, qui permet au navire de stocker son énergie propre en quantité strictement nécessaire à sa rotation, et peut recharger ses condensateurs le temps d'une escale. Ce système de propulsion de nouvelle génération présente l’avantage de supprimer les émissions de dioxyde de carbone (CO2), d’oxyde de soufre (SOx) et d’oxyde d’azote (NOx). « La partie innovante et brevetée du système fonctionne. Elle a été testée avec succès et cela confirme la confiance que nous avions dans cette technologie », souligne Jean Roche. Et le directeur de STX Lorient d’affirmer que cette nouvelle solution, permettant des gains énergétiques significatifs et un meilleur respect de l’environnement, intéresse d’autres clients. Ceux-ci ont bien évidemment suivi de près la construction et les essais du ferry lorientais afin de connaitre les performances du système.  Une attention qui a d’ailleurs pu être perturbée par les soucis mécaniques (voir plus loin), pourtant indépendants du dispositif innovant. Tout devrait cependant rentrer dans l’ordre d’ici l’été et STX Lorient espère bien s’ouvrir de nouvelles opportunités de commandes grâce à ce bateau.

 

 

Le principe des supercapacités

 

 

L’Ar Vag Tredan est donc le premier navire à mettre en œuvre la technologie des supercapacités. Se situant entre les condensateurs classiques et les batteries, celles-ci sont capables de délivrer et d’absorber de très forts courants en quelques secondes. Elles répondent, ainsi, aux applications nécessitant des puissances de charge ou de décharge élevées sur des temps très courts. Pour le ferry de l’agglomération de Lorient, STX s’appuie sur une technologie développée par BatScap, filiale du groupe Bolloré, pour des applications liées au secteur des transports. « Le principe de fonctionnement des supercapacités repose sur la création d’une double couche d’accumulation de charges à l’interface entre électrodes et électrolyte. Contrairement aux batteries, il ne se produit ni transfert de matière, ni réaction électrochimique. Des éléments unitaires de capacités de plusieurs milliers de farads, ainsi que des modules, assemblage en série d’éléments et équipés d’une électronique d’équilibrage, sont développés pour répondre aux différents besoins en puissance des applications  », explique BatScap.

 

 

(© BATSCAP)

(© BATSCAP)

 

(© BATSCAP)

(© BATSCAP)

 

 

Le concept a d’abord été étudié pour des bus électriques ou encore des tramways, permettant d’aller plus loin que les systèmes « Stop & Start » conçus pour récupérer l’énergie de freinage afin de couper le moteur chaque fois que le véhicule s’arrête et le redémarrer instantanément par simple pression sur l’accélérateur (ou bien se servir de l’énergie supplémentaire pour les accélérations). Servant de stockage d’énergie principal, les supercapacités offrent en plus la possibilité de parcourir plusieurs centaines de mètres, avec une recharge très rapide à chaque arrêt via un simple branchement sur une borne dédiée. L’autonomie est alors illimitée et le moyen de transport totalement propre. Le système est particulièrement adapté aux véhicules réalisant des arrêts fréquents, comme les bus urbains et les tramways (il n’y a alors plus besoin de caténaires), mais aussi, comme c’est le cas avec l’Ar Vag Tredan, aux bateaux effectuant des dessertes fixes sur une courte distance.

 

 

Applications sur les bus et tramways (© BATSCAP)

Applications sur les bus et tramways (© BATSCAP)

 

 

De nouveaux pignons attendu en mai

 

 

Long de 22.1 mètres pour une largeur de 7.2 mètres, l’Ar Vag Tredan, qui assurera des navettes en rade de Lorient, présente un tirant d’eau de 1.5 mètres. Doté de deux propulseurs azimutaux, ce catamaran, capable d’atteindre la vitesse de 10 nœuds, pourra accueillir 150 personnes, dont 3 à mobilité réduite, ainsi que 10 vélos. Il a été conçu par STX France en coopération avec Stirling Design International (SDI), architecte naval et designer du projet.

Mis à flot en septembre dernier, le transbordeur a vu sa livraison retardée de plusieurs mois. En cause, un souci sur un pignon, roue dentée utilisée pour la transmission de la force mécanique dans le propulseur. Ce problème a entrainé des bruits et, s’il n’était pas corrigé, risquait d'engendrer une baisse du rendement de la propulsion et, à terme, une usure prématurée. Il a donc été décidé de refaire les pignons par le fournisseur, mais ces pièces sont très longues à usiner. Le chantier et son client doivent donc prendre leur mal en patience. Normalement, les nouveaux pignons devraient être testés chez le fabriquant début mai et, si tout va bien, être dans la foulée envoyés au chantier pour être installés sur  l’Ar Vag Tredan. Après de nouveaux essais de vérification, le navire doit être livré à l’été et débuter son service dans la rade lorientaise.

 

 

L'Ar Vag Tredan (© LOYS LECLERCQ - STX FRANCE)

L'Ar Vag Tredan (© LOYS LECLERCQ - STX FRANCE)

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)