Construction Navale
STX veut réintroduire les ex-chantiers Aker Yards en bourse

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STX veut réintroduire les ex-chantiers Aker Yards en bourse

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Le groupe sud-coréen STX Shipbuilding, qui a racheté l'an dernier Aker Yards, souhaite réintroduire sa filiale en bourse. Pour s'emparer du géant européen de la construction navale et de ses 15 chantiers, dont ceux de Saint-Nazaire, STX avait été contraint de lancer sur une OPA sur l'ensemble du groupe. Après avoir racheté 98% des actions du constructeur, STX avait acquis le reste du capital puis retiré le titre de la bourse d'Oslo, où il était jusque là coté. Interrogé par le journal Korea Times, un dirigeant du de STX a confirmé la volonté de réintroduire cette année STX Europe en bourse. Mais où ? de l'autre côté de la planète ? « Le lieu pourrait être n'importe où : le Royaume-Uni, Singapour, même la Corée, mais cela ne sera pas fait avant juillet », a expliqué Lee Jong-Chul, vice-président de STX.
Le géant Sud-coréen, qui a au demeurant l'habitude de prendre le contrôle d'entreprises en se limitant à l'acquisition de la moitié de leur capital, semble avoir besoin de liquidités. Il n'est, en effet, pas épargné par la crise et, en Asie, ses chantiers renégocieraient des commandes passées avec certains clients, désireux de retarder les livraisons.

Un rachat qui coûte cher


Le raid sur Aker Yards a, de plus, tourné au « scénario catastrophe » pour STX, qui a payé le prix fort (plus d'un milliard de dollars) pour reprendre le constructeur norvégien. Or, cette acquisition a été finalisée au moment où le carnet de commandes commençait à décliner. En dehors des chantiers norvégiens, spécialisés dans l'offshore et les navires marchands très spécifiques, la division Cruise & Ferries de STX Europe est en grande difficulté. En Finlande, les trois chantiers du groupe n'ont plus que 5 navires à livrer, dont 2 paquebots. Ce n'est plus suffisant pour assurer la charge de travail et des mesures de chômage partiel ont été décidées pour un millier de salariés.
En France, la situation n'est pas beaucoup plus brillante à Saint-Nazaire, où STX n'a pas les coudées aussi franches qu'en Finlande. Pour donner son feu vert à la reprise de l'entreprise, les pouvoirs publics ont, en effet, imposé aux Sud-Coréens que 49.9% de STX France soient détenus par l'Etat et Alstom. Après l'annulation de la construction d'un des deux paquebots géants commandés par NCL, le chantier attend la confirmation de deux nouveaux navires pour MSC. Trois paquebots sont à divers stades d'achèvement mais, faute de nouvelle commande, l'atelier d'usinage cesse son activité. Plus de 730 salariés sont contraints, en mars et avril, au chômage partiel. Le mois prochain, un bâtiment de projection et de commandement (BPC) devrait être commandé pour la marine française. Prévu dans le cadre du plan de relance de l'économie, ce contrat permettra de soutenir l'activité de production des chantiers.

Meyer Turku (ex-STX FINLAND)