Energies Marines
Sur la première sous-station conçue par STX

Reportage

Sur la première sous-station conçue par STX

Energies Marines

Nous vous emmenons aujourd’hui à bord d’une réalisation industrielle encore unique en France, puisqu’il s’agit seulement de la seconde produite sur le territoire et de la toute première de conception entièrement tricolore. Il s’agit de la sous-station électrique réalisée par les chantiers de Saint-Nazaire pour le champ éolien offshore Rentel, en cours de construction dans les eaux belges de la mer du Nord.

Le « Q34 », comme on l’appelle chez STX France, comprend une partie supérieure, le « topside », qui abrite l’ensemble des équipements électriques assurant l’interface entre les éoliennes et le réseau terrestre, ainsi que tous les systèmes de commande et de contrôle du parc, qui sera totalement automatisé. Transporté sur une barge, ce topside a quitté l’estuaire de la Loire dans la soirée du 11 janvier afin d’être remorqué jusqu’en Belgique, où il sera posé sur une fondation monopile installée à une quarantaine de kilomètres au large de Zeebrugge. Le convoi, tributaire des conditions météo, a fait une halte dimanche 14 janvier à Cherbourg.

 

Départ de la sous-station dans la soirée du 11 janvier (© BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Départ de la sous-station dans la soirée du 11 janvier (© BERNARD BIGER - STX FRANCE)

 

Elément critique des fermes éoliennes

« La sous-station électrique est l’élément critique d’une ferme éolienne offshore. C’est par là que transite l’électricité et que se trouve le système intelligent du parc », rappelle Frédéric Grizaud, directeur de la Business Unit Energies Marines de STX France. C’est en effet cette structure qui capte l’électricité produite par toutes les machines du parc et permet d’élever sa tension afin de limiter les pertes d’énergie lors du transfert jusqu’à la côte. Le courant passe ainsi de 33.000 à 225.000 volts au sein de la sous-station. Il est ensuite injecté dans le réseau électrique terrestre via au moins un câble export. Dans le cas du Q34, il s’agira de traiter le courant provenant de 42 éoliennes Siemens de 7.35 MW, pour une puissance totale de 309 MW.

 

Représentation du futur parc Rentel avec sa sous-station (© STX FRANCE)

Représentation du futur parc Rentel avec sa sous-station (© STX FRANCE)

 

Résister pendant 25 ans

Long de 32 mètres pour une largeur de 17 mètres et une hauteur de 20 mètres, le topside du Q34 présente une masse de 1200 tonnes. La structure est réalisée aux normes offshore, extrêmement exigeantes compte tenu d’une exploitation dans un environnement parfois très difficile et cela sans intervention majeure prévue pendant 25 ans. Cela implique une conception spécifique pour obtenir un module particulièrement robuste, avec des matériaux de qualité supérieure, des épaisseurs d’acier très importantes, une peinture à haute résistance et bien sûr des équipements extrêmement fiables.

 

Derniers travaux de peinture sur le Q34 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Derniers travaux de peinture sur le Q34 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le Q34 compte quatre niveaux, dont deux fermés, sachant que l’une des particularités de STX France est de concevoir des sous-stations comme des navires, l’enveloppe de la sous-station (ponts, cloisons…) contribuant à la résistance globale, tout en permettant de mieux protéger les systèmes embarqués.

Le niveau le plus bas, qui sera situé juste au-dessus de la fondation monopile, est un espace de service mais aussi la zone par où arrivent les câbles acheminant l’électricité produite par les éoliennes. Pour faciliter les opérations et réduire les coûts, la partie sous-marine de Rentel est organisée en grappes de câbles. Ainsi, pour 42 éoliennes, seuls 6 câbles arriveront à la sous-station.

 

Le topside du Q34 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le topside du Q34 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

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