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Sur le chantier de l’ex-Saône

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Sur le chantier de l’ex-Saône

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Au sec depuis le mois de juin sur le dock flottant RI-38, amarré dans le port de Brégaillon, à La Seyne-sur-Mer, l’ancien pétrolier-ravitailleur d’escadre Saône est progressivement démantelé. Mobilisant une cinquantaine de personnes, pour moitié chargées du désamiantage, ce chantier complexe est coordonné par la société française Topp Decide. Celle-ci a remporté en décembre 2012, avec le chantier varois Foselev, un contrat portant sur la déconstruction de l’ex-Saône (Q622), mais aussi des anciens bâtiments de débarquement de chars Dives (Q645) et Argens (Q641). Un marché global de 12 millions d’euros.

 

 

L'ex-Saône avant sa mise au sec (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-Saône avant sa mise au sec (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Vestige historique

 

 

Longue de 160 mètres pour une largeur de 22 mètres, l’ex-Saône est la plus ancienne des grandes coques désarmées de la Marine nationale. Un vestige historique mis sur cale en 1939 à Dunkerque et achevé après guerre. Opérationnelle en 1948, la Saône est d’abord affectée à la flotte de commerce, puis rejoint la Marine nationale en 1953 et assure le ravitaillement des unités de combat françaises jusqu’en 1981.

 

 

Retour de la coque à Toulon en mai 2009 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Retour de la coque à Toulon en mai 2009 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Après son désarmement, elle est remorquées à l’île du Levant pour y servir de brise-lames, fonction qu’elle occupe jusqu’en 2009, date à laquelle elle est remplacée par l’ex-frégate Suffren, retirée du service en 2001. Après avoir enduré les assauts du temps pendant près de trois décennies, la Saône, ou plutôt ce qu’il en reste, est alors ramenée à Toulon. Un transit sous très haute surveillance, compte tenu de l’état de la coque. On découvre alors un navire oublié aux allures d’épave totalement rouillée, dont les superstructures ont depuis longtemps disparu. Ne voulant prendre aucun risque, la marine estime que l’ex-Saône n’est pas en mesure de subir un remorquage de longue durée pour rejoindre un chantier étranger. Décision est donc prise de la démanteler sur place, tout comme les ex-Dives et Argens, incapables de quitter la rade.

 

 

Le démantèlement de l'Arromanches, en 1979 (© : MER ET MARINE - J-L VENNE)

Le démantèlement de l'Arromanches, en 1979 (© : MER ET MARINE - J-L VENNE)

 

 

Premier grand chantier de démantèlement depuis 1979

 

 

Seulement voilà, il n’y a plus à Toulon, depuis longtemps, d’industriel spécialisé dans ce type de travaux. La dernière démolition locale d’un grand bâtiment remonte en effet au porte-avions Arromanches, en 1979. Les bassins et formes de radoub de la base navale étant très sollicités pour l’entretien des bâtiments de surface et sous-marins, il n’est pas question de mobiliser sur une longue période l’une de ces cales sèches pour déconstruire des bateaux. Dans le même temps, les autorités civiles locales, à commencer par le port, ne souhaitent pas  voir s’installer durablement une filière de déconstruction. Elles lui préfèrent une utilis

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