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Sur le Charles de Gaulle, François Hollande fait le point sur les opérations contre Daech

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Sur le Charles de Gaulle, François Hollande fait le point sur les opérations contre Daech

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Le président français a effectué ce vendredi une visite surprise sur le porte-avions français, engagé contre le groupe terroriste Daech depuis le 23 novembre. Accompagné du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, François Hollande est venu rencontrer les marins du Charles de Gaulle et se rendre compte sur place de l’intensification des frappes contre les positions islamistes.

 

François Hollande à bord du Charles de Gaulle  ce vendredi (© : MARINE NATIONALE)

François Hollande à bord du Charles de Gaulle  ce vendredi (© : MARINE NATIONALE)

 

59 missions opérationnelles accomplies du 23 novembre au 2 décembre

Alors que le bâtiment, qui évolue actuellement au large de Chypre et va mettre le cap dans les prochains jours sur le golfe Persique, embarque 33 appareils, dont 26 avions de combat (18 Rafale Marine et 8 Super Etendard Modernisés, 2 Hawkeye et 5 hélicoptères – 2 Dauphin, 1 Alouette III et 2 Puma de l’armée de l’Air), le groupe aérien a réalisé entre le 23 novembre et le 2 décembre quelques 59 missions opérationnelles en Irak et en Syrie. 10 à 12 sorties sont désormais réalisées quotidiennement par les avions de l’aéronautique navale, qui réalisent des vols de 5 à 6 heures, l’autonomie des appareils pouvant être accrue grâce aux moyens de ravitaillement de la coalition. Travaillant en coopération avec les autres nations engagées contre Daech, le groupe aéronaval œuvre de concert avec les appareils de l’armée de l’Air basés en Jordanie (3 Mirage 2000D et 3 Mirage 2000N) ainsi qu’aux Emirats Arabes Unis (6 Rafale Air). Ainsi, depuis le 23 novembre et l’arrivée sur zone du Charles de Gaulle suite aux attentats de Paris, la France a triplé le nombre de ses avions de combat mobilisés contre les terroristes, avec un total de 38 appareils.

 

Rafale Marine et SEM sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Rafale Marine et SEM sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

Frappes, appui au sol et reconnaissance, y compris en Libye

Les avions du groupe aérien embarqué peuvent réaliser des frappes planifiées sur des objectifs préalablement identifiées ou des cibles d’opportunité. Ils sont également amenés à offrir un appui aérien aux troupes terrestres engagées contre Daech et, bien entendu, effectuent des collectes de renseignements (ISR), qui font l’objet de partages avec les alliés (79 dossiers photos diffusables à la coalition ont été réalisés). En dehors de l’Irak et de la Syrie, on notera que les appareils du Charles de Gaulle ont également mené les 20 et 21 novembre, lors du transit du porte-avions entre Toulon et la Méditerranée orientale, des missions de reconnaissance en Libye, où le groupe terroriste est également présent. Les régions de Tobrouk et Syrte ont notamment été surveillées.

 

Rafale Marine (© : EMA)

Rafale Marine (© : EMA)

 

Intégration de bâtiments belge, allemand, américain et britannique

Le groupe aéronaval, qui évolue au sud de Chypre, compte en dehors du Charles de Gaulle de nombreux bâtiments. Le GAN comprend en effet, en plus du porte-avions, la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, la frégate anti-sous-marine La Motte-Picquet, un sous-marin nucléaire d’attaque et le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne. La frégate belge Léopold Ier est aussi intégrée à la force depuis le départ de Toulon, le 18 novembre, et la frégate allemande Augsburg doit s’y joindre à partir d’aujourd’hui. Un destroyer britannique, le HMS Defender, rejoindra plus tard le Charles de Gaulle, avec lequel évolue depuis le 24 novembre un destroyer américainn peut être l'USS Ross, l'un des bâtiments de l'US Navy basés en Espagne. Ce dernier est chargé notamment de la défense aérienne du porte-avions français et, selon l’Elysée, participe à la surveillance d’un sous-marin russe équipé de missiles de croisière déployé par Moscou dans la zone.

Le Chevalier Paul va rallier l’USS Harry S. Truman

Alors que l’Aquitaine, première frégate multi-mission (fraîchement admise au service actif), remplacera le La Motte-Picquet en janvier, elle sera rejointe en début d’année par la Provence, seconde FREMM française. Illustration du très haut degré d’interopérabilité atteint ces derniers années par la Marine nationale et l’US Navy, le Chevalier Paul va, quant à lui, intégrer le groupe aéronaval américain emmené par le porte-avions USS Harry S. Truman. Ce dernier est arrivé en Méditerranée orientale cette semaine et va participer aux opérations contre Daech.

 

L'USS Harry S. Truman (© : US NAVY)

L'USS Harry S. Truman (© : US NAVY)

 

Repositionnement prochain dans le golfe Persique

L'USS Harry S. Truman et sa puissante escorte, composée d’un croiseur et de quatre destroyers, ne devraient toutefois pas s’attarder en Méditerranée orientale mais plutôt rejoindre le golfe Persique. C’est aussi ce que va faire le Charles de Gaulle, qui franchira prochainement le canal de Suez. Il sera précédé dans le Golfe (où se trouve depuis un moment la frégate antiaérienne Cassard) par le destroyer britannique, avec une permanence annoncée pour le moment jusqu’à la fin février. De là, comme il l’a fait l’hiver dernier, le porte-avions français pourra poursuivre ses frappes contre Daech. Dans le même temps, la Marine nationale va maintenir comme elle le fait depuis deux ans, afin de suivre la situation en Syrie, des moyens en Méditerranée orientale. Une mission qui devrait être confiée à la frégate Courbet, dont l'Elysée a annoncé l'intégration à l'opération Chammal. 

 

La frégate Courbet (© : MARINE NATIONALE)

La frégate Courbet (© : MARINE NATIONALE)

 

Coopération avec les Russes

Concernant la Russie, l’Elysée explique qu’« une coordination simple, technique et concrète est mise en place : La coordination technique des vols de tous les pays alliés dont la France s’effectue dans le cadre de la coalition Inherent Resolve en Irak et en Syrie, elle est prévue dans l’arrangement technique entre les alliés et la Russie. En complément, et après prise de contact avec le croiseur russe Moskva, un échange de points de contact directs a été organisé à bord du La Motte- Picquet »

 

(© : MARINE NATIONALE)

(© : MARINE NATIONALE)

 

3500 militaires français engagés dans l'opération Chammal

Pour mémoire, les moyens français interviennent dans le cadre de l’opération Chammal. Celle-ci mobilise actuellement 3500 militaires, dont 2600 au sein du groupe aéronaval. Selon le dernier bilan communiqué hier par l'Etat-major des Armées, les avions de la Marine nationale et de l'armée de l'Air ont effectué entre le 26 novembre et le 2 décembre 83 sorties et ont notamment détruit 23 objectifs en Irak. « En Irak, au Nord et à l’Est, la coalition consolide ses positions dans la région de Baiji et dans la région de Sinjar. À Sinjar, l’offensive des forces irakiennes a permis de couper l’axe entre Raqqah et Mossoul qui servait de cordon logistique à Daech. Face à cette situation, Daech multiplie ses actions de harcèlement et cherche à renforcer ses points forts. À l’Ouest de l’Irak, le long de l’Euphrate, les forces irakiennes, bénéficiant de l’appui aérien de la coalition, ont réussi à encercler la ville de Ramadi. Elles exercent par ailleurs une pression sur une ligne Hit - Haditha. En Syrie, les frappes se poursuivent sur les centres de commandement et d’entraînement de Daech, ainsi que sur ses capacités logistiques et ses sources de financement », précisait hier l'EMA.

Selon les informations du journal Le Monde, en date du 3 décembre, 2500 sorties aériennes auraient été réalisées depuis le début de l'opération Chammal, avec 321 frappes (pour l'essentiel en 2015) et 580 objectifs détruits. En tout, quelques 680 bombes auraient été larguées par l'aviation française sur les positions de Daech, le nombre de combattants islamistes tués étant estimé à un millier. 

 

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