Histoire Navale
Sur les traces de La Combattante

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Sur les traces de La Combattante

Histoire Navale

Une équipe de plongeurs part aujourd'hui à la recherche de l'épave de l’un des navires français les plus célèbres de la seconde guerre mondiale. Un bateau à bord duquel le général de Gaulle avait rejoint la France en 1944. Armée par les Forces Navales Françaises Libres (FNFL) en décembre 1942, le destroyer La Combattante devait disparaître trois ans plus tard, victime d’une mine, au large de l’estuaire de la Humber. Six décennies plus tard, cinq hommes du Groupe de recherche et d'identification d'épaves de Manche Est (GRIEME) vont plonger aujourd’hui sur le lieu du naufrage, à 70 Km à l’est de la côte britannique, pour tenter de retrouver la partie avant de la coque. Cette équipe a embarqué le week-end dernier à bord du chasseur de mines Pégase, dont les puissants moyens de détection doivent permettre de localiser l’épave. Lorsqu’elle a coulé, La Combattante s’est brisée en deux. La partie arrière a déjà retrouvée en mai 2002 par les plongeurs du GRIEME. Un an plus tard, le chasseur de mines Capricorne collectaient un certains nombre d'indices permettant une nouvelle plongée pour trouver et étudier les derniers vestiges du destroyer.

Le navire du général de Gaulle

Après l’armistice de juin 1940, les Forces Françaises libres, réunies autour du général de Gaulle ne sont encore que peu nombreuses. Les navires pris de force par les Britanniques lors de l’opération Catapult, le 3 juillet 1940, ne sont qu’en partie réarmés, faute d’équipages. Par ailleurs, ces bâtiments sont pour certains beaucoup trop anciens (cuirassés Coubet et Paris) ou trop complexes (contre-torpilleur Le Triomphant). La Grande-Bretagne va donc progressivement livrer des navires aux FNFL, dont La Combattante. Ce destroyer britannique de la classe Hunt est spécialisé dans l’escorte des convois. Armés de deux tourelles doubles de 102mm, cinq canons de 40mm, six de 20mm, deux tubes lance torpilles ainsi que des grenadeurs et des mortiers anti-sous-marins. Pour faire la chasse aux navires allemands, ce petit destroyer de 1500 tonnes à pleine charge dispose également de quatre radars et d'un asdic (l’ancêtre du sonar moderne). La Combattante effectue sa première mission le 24 mars 1943. Pendent deux ans, elle sera engagée dans de nombreuses opérations en Manche et mer du Nord, détruisant plusieurs navires de la Kriegsmarine. En juin 1944, elle est intégrée à la force navale qui soutien le débarquement de Normandie. Son artillerie, trop légère, la contraint à laisser rapidement le pilonnage aux cuirassés et croiseurs, dont les français Montcalm et Georges Leygues. Le petit navire connaîtra cependant son heure de gloire quelques jours plus tard. Le 14 juin, la Combattante retourne à Courseulles avec à son bord Charles de Gaulle qui revient en France pour un passage symbolique de quelques heures, quatre ans après avoir juré de libérer le pays.
Au cours de huit mois qui suivront, le destroyer (appelé torpilleur chez les Français), poursuivra ses opérations en Manche et mer du Nord, participant à 8 convois et réalisant une dizaine de patrouilles. Sa carrière s’interrompt le 23 février 1945 à 23 h 45. Accompagné de deux vedettes britanniques, La Combattante saute sur une mine et coule rapidement. Sur les 185 hommes présents à bord, 68 sont portés disparus, dont deux britanniques.

Pour de plus amples détails, nous vous conseillons le site du GRIEME