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Surveillance maritime : Le Falcon 2000 MRA sort de chez Dassault Aviation

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C’est le premier d'une nouvelle génération d’avions de surveillance maritime conçue par Dassault Aviation. Commandée à trois exemplaires par les garde-côtes japonais, une variante du nouveau Falcon 2000 MRA a pris son envol. La tête de série du programme a quitté cet été l’usine de Mérignac pour rejoindre les États-Unis (Texas), où L3 Communications va installer un système de mission. C’est là que sera également intégré le radar Searchmaster de Thales. La conception et la production du radome en composite de cette antenne ont fait l’objet d’un gros travail dans les bureaux d’études de Dassault, avec au final des tests d’aérodynamisme très concluants sur un Falcon 2000 d’essais. Les ingénieurs français souhaitent d’ailleurs rester discrets autour de cette structure, d’où l’absence de photos précises.

Une fois équipé, le Falcon 2000 effectuera ses essais en vol en vue de sa certification puis de sa livraison aux garde-côtes japonais, qui opèrent déjà des Falcon 900 depuis les années 90 et renforcent leurs moyens de surveillance maritime compte tenu des tensions dans la région.

 

Falcon 2000 MRA (© : DASSAULT AVIATION)

Falcon 2000 MRA (© : DASSAULT AVIATION)

 

Un avion récent de forte capacité

Long de 20.2 mètres pour une envergure de 21.4 mètres et une masse de 18.6 tonnes, ce nouvel avion est un dérivé du Falcon 2000 LXS, un biréacteur (2 Pratt&Whitney PW308C) récent à long rayon d’action capable de franchir 4000 nautiques.

Pour les missions de SURMAR, l’appareil, qui peut couvrir une surface maritime de près de 150.000 km² en environ 8 heures, est équipé d’un radar panoramique optimisé pour la surveillance en mer, conçu pour détecter de petits mobiles de surface, ainsi que d’un système électro-optique, un lanceur de chaines SAR, des hublots d’observation et des consoles multifonctions permettant de gérer les capteurs et systèmes de communication (dont une liaison satellite et une liaison de données tactiques) grâce au système de mission.

Un potentiel important à l’export

L’aboutissement du programme japonais est très important pour Dassault puisque le Falcon 2000 MRA constitue le lancement de la nouvelle offre de l’avionneur français en matière de SURMAR. Alors que les besoins sont de plus en plus pressants au regard de la montée en puissance des enjeux maritimes et, dans le même temps, de multiples menaces asymétriques (trafics illicite, terrorisme, pillage des ressources, crises migratoires, souverainetés territoriales contestées…), de nombreux pays devraient renouveler leurs moyens aériens dans les prochaines années.

 

Falcon 50 de la Marine nationale (© : DASSAULT AVIATION)

Falcon 50 de la Marine nationale (© : DASSAULT AVIATION)

 

Le programme français AVSIMAR

Dans cette perspective, Dassault Aviation propose à l’export le Falcon 2000 MRA à plusieurs pays. Mais cet appareil pourra aussi constituer la base de son offre pour le futur programme français des avions de surveillance et d’intervention maritime (AVSIMAR), dont la Marina nationale espère la commande d'une quinzaine d'exemplaires au début des années 2020 fin de remplacer les Falcon 200 Gardian stationnés en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie, puis les Falcon 50 basés en métropole et régulièrement déployés. 

Possibilité d’emporter de l’armement

On notera que, selon les souhaits des clients, le Falcon 2000 MRA peut être équipé de points d’emport externes. Ses ailes peuvent accueillir chacune deux pylônes, soit au total jusqu’à 2 tonnes de charge utile sous la voilure (2 x 450 kg + 2 x 680 kg) ; une capacité qui lui permet structurellement de pouvoir mettre en œuvre un armement pouvant aller jusqu’à deux missiles antinavires.

Profondeur stratégique

Par rapport aux avions à hélices, les Falcon, grâce à leurs réacteurs, offrent une profondeur stratégique et d’importants avantages opérationnels, en permettant  notamment d’intervenir rapidement et d’évoluer à grande distance des bases terrestres. Capables de rester longtemps sur des zones de missions extrêmement éloignées (>1500Nm.), ils présentent également l’avantage de pouvoir évoluer dans un très large spectre d’altitudes.

 

Dassault Aviation