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Tac et quotas: Le Conseil pêche de l’Europe tranchera mardi

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Tac et quotas: Le Conseil pêche de l’Europe tranchera mardi

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Sur fond de lutte contre la surpêche, le Conseil des ministres de la Pêche européens fixera les Taux de captures autorisées (Tac) par stock de poisson et les quotas par état pour 2019, lundi et mardi prochains. Discussions serrées en vue.

Deux jours et deux nuits épuisants. Alors que les ministres européens tenteront de négocier au mieux pour leur propre paroisse et pour la sauvegarde de la ressource halieutique, les organisations professionnelles de pêcheurs (OP) bretonnes et le président du Comité régional des pêches de Bretagne se tiendront à leur disposition dans un autre bâtiment de Bruxelles. À tout moment de la nuit ou du jour, ces derniers seront susceptibles d’être sollicités pour donner des précisions à Didier Guillaume, le ministre en charge de la pêche. Un rituel stressant aux dires des personnes concernées, mais le jeu en vaut la chandelle. « Beaucoup de sujets se jouent au dernier moment, on essaie d’être le plus réactif possible », explique Jean-Marie Robert qui représentera avec Yves Foëzon l’OP Les pêcheurs de Bretagne (700 navires et 3 000 marins).

Reconstitution du stock de sole. Dans sa proposition publiée début novembre, la Commission européenne liste 62 Tac (sur 89) augmentés (27) ou maintenus (35) par rapport à 2018. « Nous sommes sur la dynamique des dernières années où certains stocks, comme la sole du golfe de Gascogne, se sont reconstitués », remarque Jacques Doudet du comité régional des pêches.

Fortes inquiétudes pour la mer Celtique. Après avis des scientifiques, la Commission propose des Tac à la baisse pour l’églefin, le merlan et même des Tac à zéro pour le cabillaud. Une centaine de bateaux de pêche bretons sont concernés. Ceux qui ciblent le cabillaud, l’églefin et le merlan, mais aussi ceux qui recherchent la langoustine et accessoirement l’églefin et le cabillaud ou encore les navires qui pêchent la baudroie (lotte), la raie et la cardine et un peu de cabillaud (1 %). « Si la baisse du quota correspond à la baisse de la biomasse des poissons concernés, ça peut passer. Mais si c’est couplé à une hausse de la biomasse, ça va être compliqué », commente Jean-Marie Robert (LPDB).

Des Tac sur fond d’obligation de débarquement. Les Tac 2019 concernent désormais les tonnages capturés, alors que jusqu’à présent on parlait de captures débarquées. Les propositions de la Commission intègrent l’obligation de débarquement à quai de tous les poissons pêchés (« zéro déchet en mer »). « Ça peut représenter une baisse de près de 50 % pour les bateaux en mer Celtique », relève LPDB. Les pêcheurs espèrent donc de la souplesse dans les décisions du Conseil des ministres où se nouent souvent des alliances entre États membres.

Polémique sur la raie brunette et le bar. Alors qu’ils ont participé à l’étude scientifique pour évaluer le stock de raie brunette, les pêcheurs se trouvent bien mal récompensés en se voyant attribuer des Tac à la baisse alors que le stock leur semble se regonfler.

Concernant le bar, les mesures d’urgence adoptées l’an dernier sont reconduites pour le 48e nord jusqu’à la validation par le Conseil et le Parlement du plan pluriannuel de gestion des stocks proposé par Alain Cadec, en mars prochain. Concrètement de janvier à mars 2019, la pêche au bar est interdite au nord du 48e.

Quid du Brexit ? Les ministres ne l’intègrent pas aux débats. Mais qu’adviendra-t-il de l’accès aux zones de pêche en cas de « No deal » en mars prochain ?

Un article de la rédaction du Télégramme