Marine Marchande
Talonnage du Breizh Nevez : l’enquête pointe le manque d’anticipation
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Talonnage du Breizh Nevez : l’enquête pointe le manque d’anticipation

Marine Marchande

« Manque d’anticipation », « cécité d’inattention »… Dans ses conclusions sur le talonnage du Breizh-Nevez 1, survenu le 19 février, le Bureau d’enquêtes sur les événements de mer pointe clairement le comportement du capitaine du roulier.

« Le talonnage du Breizh-Nevez 1 est dû à une prise en compte tardive de la dérive sur la droite dans le chenal d’accès à Port-Louis ». Dans son rapport rendu jeudi 12 septembre, le Bureau d’enquêtes sur les événements de mer (BEA mer) pointe clairement des défaillances humaines. Le 19 février dernier, peu avant 8 h du matin, le roulier de Groix qui ralliait Lorient avait talonné devant la citadelle de Port-Louis. Les 38 passagers avaient dû être évacués, ramenés à bon port par le batobus. Un accident survenu « à mi-marée descendante et par gros coefficient », avec « un fort courant de jusant de 4 nœuds tendant à le faire dériver sur la droite du chenal », rappelle le BEA mer dans son rapport.

Des conditions défavorables

« Le capitaine n’a pas anticipé le courant et la visibilité et n’a agi que lorsqu’il y a été confronté », est-il indiqué dans les conclusions. Un « manque d’anticipation » aggravé par « un conjonction de conditions météorologiques défavorables (brume et fort courant par navigation de nuit). Le BEA mer souligne également que l’utilisation des appareils à disposition « n’a pas été optimisée ». Outre « un manque de précision sur la route suivie », le rapport pointe « la cécité d’inattention du capitaine » qui « a focalisé son attention sur la tenue du cap par le timonier au détriment de la surveillance de la navigation et de sa position ».

Deux recommandations

« Une préparation plus rigoureuse de la traversée aurait permis de mettre en place des mesures de « garde » à l’approche des dangers, au vu des conditions rencontrées », précise le BEA mer, qui préconise à la compagnie Océane (l’exploitant du bateau) « de rappeler aux capitaines qu’ils ont toute latitude pour rebrousser chemin ou différer leur départ quand ils jugent qu’il y a un risque à entreprendre la traversée aux horaires programmés ». Mais aussi « de considérer la désignation systématique d’un timonier de référence pour les conditions les plus difficiles ».

Un article de la rédaction du Télégramme

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