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Terminal méthanier d'Antifer : Gaz de Normandie se donne six mois

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Terminal méthanier d'Antifer : Gaz de Normandie se donne six mois

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Filiale du groupe Poweo et de CIM (qui gère les terminaux pétroliers du Havre), Gaz de Normandie a annoncé hier qu'elle se donnait six mois pour trouver de nouveaux investisseurs pour le futur terminal méthanier d'Antifer. Le projet porte sur la réalisation d'un terminal doté de trois cuves et d'une capacité annuelle de 9 milliards de m3. cette infrastructure serait implantée sur le site du terminal pétrolier d'Antifer, sous-exploité depuis des années. Lauréat d'un appel à projets lancé en 2006 par le port du Havre, le dossier porté par Poweo et la CIM s'est, au fil des études, précisé quant à son coût. La réalisation du terminal est aujourd'hui estimée à 600 millions d'euros, auxquels il faudrait ajouter 150 millions d'euros pour les travaux portuaires (principalement le remblai) et 100 millions d'euros de coûts liés à la maîtrise d'ouvrage. Filiale de GDF Suez en charge du transport du gaz, GRT Gaz devrait, quant à elle, investir 150 millions d'euros pour la construction d'un gazoduc reliant le terminal méthanier au réseau de distribution.
Suite au débat public, au cours duquel les détracteurs du projet ont montré une farouche opposition, Gaz de Normandie a réalisé des études techniques et environnementales, puis a déposé son dossier en préfecture le 30 octobre dernier. Mais, à ce stade, la société cherche des investisseurs pour financer la poursuite du projet, et notamment les coûts de développement. Il faut dire que, depuis 2006, le projet a déjà coûté 22 millions d'euros à Gaz de Normandie.

Vue générale du projet de terminal (© : GAZ DE NORMANDIE)
Vue générale du projet de terminal (© : GAZ DE NORMANDIE)

« Nous sommes confiants car nous avons un bon projet »

« Nous n'avons jamais fait mystère de notre intention de chercher des partenaires. Aujourd'hui, le moment est venu de consolider le tour de table industriel. C'est pourquoi nous nous donnons six mois », explique Bruno Leredde, Directeur adjoint de projet chez Gaz de Normandie. Est-ce le « début de la fin » pour ce projet qui suscite, localement, un débat parfois passionné ? Les opposants veulent y croire. Bruno Leredde, lui, se veut serein : « Nous sommes confiants car nous avons un bon projet et même, sans doute, le meilleur en France, notamment au niveau du coût de raccordement du gazoduc et de l'impact minime sur l'environnement. Nous sommes persuadés qu'il y aura un terminal méthanier à Antifer. C'est un besoin avéré pour des raisons stratégiques d'approvisionnement en gaz. La France doit aujourd'hui renforcer ses capacités d'importation et l'Etat ne s'y est pas trompé, puisqu'il a déclaré le projet d'intérêt national ». Si des discussions avec des investisseurs potentiels ont déjà lieu, il convient donc maintenant de formaliser des engagements et voir à quelle hauteur les partenaires sont prêts à s'engager afin que le terminal puisse voir le jour.
Alors que Gaz de Normandie cherche à renforcer son tour de table, le processus administratif doit suivre son cours. Après le dépôt du dossier en préfecture, une enquête publique doit avoir lieu pendant la phase d'instruction menée par les pouvoirs publics. En considérant un glissement du planning de six mois suite à la recherche d'investisseurs, la mise en service du terminal pourrait intervenir en 2015, après quatre ans de travaux.

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