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Terminal méthanier d'Antifer : Le Conseil général « réservé » sur la question

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Terminal méthanier d'Antifer : Le Conseil général « réservé » sur la question

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« Ce projet ne semble pas offrir les conditions nécessaires à un développement durable, ni correspondre à un avis partagé par l'ensemble des acteurs locaux ». Dans le cadre du débat public sur le futur terminal méthanier d'Antifer, Didier Marie, président du Conseil Général de la Seine-Maritime, s'est dit « réservé » quant à la pertinence du projet, porté par Poweo, la CIM et Eon, au travers de la société Gaz de Normandie. Dans une lettre adressée au préfet Alain Ohrel, Président de la Commission Particulière du grand débat public Terminal Méthanier d'Antifer, Didier Marie réclame des précisions sur le dossier : « Nous souhaitons que le maître d'ouvrage précise le positionnement stratégique de ce projet au sein de la politique nationale de l'énergie et, en particulier, de sa composante gazière. L'évolution de la consommation nationale, corrélée à la nécessité de diversifier les sources d'approvisionnement à long terme, répondant aux besoins spécifiques de la France, devront être précisées. Les éléments d'information transmis devront ainsi permettre d'apprécier (...) les choix éventuels des sites d'implantation de terminaux méthaniers ».

Préservation du littoral et des ressources halieutiques

Le président du Conseil Général s'interroge également sur les conséquences environnementales que pourrait avoir le projet. Le département a, en effet, engagé des travaux pour freiner l'érosion du littoral par l'entretien et la sécurisation des ouvrages existants : « Or, nous avons constaté que la création de la digue extérieure du port d'Antifer ou les ouvrages liés aux centrales nucléaires de Paluel et de Penly accélèrent la dégradation du littoral. En conséquence, nous nous interrogeons sur l'impact que pourrait avoir ce terminal sur le littoral ». Dans le cadre du nouveau plan départemental des espaces naturels, les incidences sur le site de Bruneval, contigu à la zone portuaire, ainsi que sur les itinéraires des chemins de randonnée pédestre, notamment le GR21, qui longe les falaises, suscite également des interrogations. Didier Marie attire, par ailleurs, l'attention du président de la commission sur la sauvegarde du milieu halieutique : « Les conséquences du rejet d'eau refroidie de 4 degrés par rapport à la température d milieu ambiant doivent être très soigneusement étudiées ».

Sécurité du site et impacts négatifs sur l'activité touristique

Des informations complémentaires sont également demandées en ce qui concerne la sécurité du site, qui comporte déjà deux installations classées : CIM pour le pétrole brut et la SHMPP pour les produits d'avitaillement. Face aux craintes exprimées localement : « Il est particulièrement important que les conséquences sur les biens et les personnes soient précisément présentées, ainsi que les mesures éventuelles d'accompagnement ou compensatoires ». Enfin, Didier Marie s'inquiète des possibles nuisances du projet sur l'activité touristique, très importante dans le secteur. Après celles de Dieppe et du Havre, la plage d'Antifer est, en effet, l'une des plus grandes de la région : « La filière touristique représente 30.000 emplois en Seine-Maritime. Les 80 créations annoncées pour le terminal méthanier me semblent faibles au regard des investissements envisagés, et des probables impacts négatifs sur ce secteur économique à fort potentiel d'emploi ».

Gaz de Normandie, détenu à 50.33% par Poweo, 25.17%, par la CIM et 24,5% par le groupe allemand EON doit mener la construction et l'exploitation du futur terminal méthanier, dont l'ouverture est prévue en 2011. D'un coût estimé de plus de 500 millions d'euros, le site aura une capacité de regazéification de 9 milliards de m3 par an. Il est conçu pour doté pouvoir accueillir les plus grands méthaniers, comme les Qmax et Qflex.

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