Vie Portuaire
Terminal méthanier d'Antifer : Poweo prendra une décision début janvier

Actualité

Terminal méthanier d'Antifer : Poweo prendra une décision début janvier

Vie Portuaire

Le projet du terminal méthanier d'Antifer va-t-il être enterré ? C'est la question qui se pose après la décision du Grand Port Maritime du Havre de ne finalement pas entrer au capital de Gaz de Normandie. Cette société, filiale de Poweo (73%) et de la Compagnie Industrielle Maritime (27%) a été créée pour étudier l'implantation puis, en cas de feu vert, mener la construction et l'exploitation d'un terminal méthanier sur le site d'Antifer. L'infrastructure imaginée comprendrait trois cuves et offrirait une capacité de 9 milliards de m3 de gaz naturel liquéfié. Lauréat d'un appel à projets lancé en 2006 par le port du Havre, le dossier porté par Poweo et la CIM s'est, au fil des études, précisé quant à son coût. La réalisation du terminal est aujourd'hui estimée à 600 millions d'euros, auxquels il faudrait ajouter 150 millions d'euros pour les travaux portuaires (principalement le remblai) et 100 millions d'euros de coûts liés à la maîtrise d'ouvrage. Filiale de GDF Suez en charge du transport du gaz, GRT Gaz devrait, quant à elle, investir 150 millions d'euros pour la construction d'un gazoduc reliant le terminal méthanier au réseau de distribution.

Date butoir le 2 janvier

Après avoir dépensé plus de 20 millions d'euros, Gaz de Normandie est depuis un an à la recherche d'investisseurs pour financer la poursuite du projet, et notamment les coûts de développement. La société espérait, il y a peu encore, que le GPMH entrerait dans son capital, décision à laquelle l'établissement portuaire a finalement décidé de renoncer fin novembre. « A la suite de l'examen juridique réalisé à la demande de son Conseil de Surveillance sur la question d'un soutien immédiat du GPMH au projet actuel de terminal méthanier, le Directoire du Grand Port Maritime du Havre a décidé de s'abstenir de prendre une éventuelle prise de participation dans le capital de la société Gaz de Normandie, dans le cadre de son projet d'implantation d'un terminal méthanier à Antifer », explique le GPMH. Chez Poweo, on indique avoir « pris connaissance » de ce choix et précise que la décision concernant l'avenir du projet sera très prochainement prise. « Nous communiquerons tout début janvier après une assemblée générale des actionnaires qui aboutira à la décision de continuer ou d'arrêter ». Si aucune décision n'est encore arrêtée, le contexte n'est manifestement plus très favorable pour le projet de terminal méthanier. D'autant que Poweo et la CIM doivent non seulement trouver des investisseurs pour lever des fonds, mais également faire face à un problème de calendrier. Le terme de la convention de réservation de terrain pour la période préparatoire au projet intervient, en effet, le 2 janvier.

Le port veut toujours développer le site

Malgré les difficultés rencontrées, dont une opposition assez farouche des détracteurs du projet, ainsi qu'un contexte réglementaire de plus en plus contraignant, le GPMH se dit toujours « convaincu des atouts du site portuaire d'Antifer comme point d'importance majeure dans l'approvisionnement énergétique de la France ». Quelque soit la décision de Gaz de Normandie, le port du Havre indique qu'il « veillera à conserver la possibilité d'une implantation industrielle ou portuaire d'importance sur ce site ». Et d'ajouter, d'une manière pouvant sembler prémonitoire : « Dès que les circonstances économiques le justifieront, le Conseil de Surveillance pourra être amené à demander le lancement d'un nouvel appel à proposition pour l'installation d'un projet industriel majeur nécessité par l'économie nationale ». L'objectif est toujours de relancer Antifer et compléter les trafics pétroliers qui ont considérablement baissé ces trente dernières années.
Inauguré le 25 juin 1976, le terminal d'Antifer a été conçu, avant la crise pétrolière, pour accueillir les supertankers, à l'image du Batillus, un géant de 554.000 tonnes de port en lourd arrivé le jour même de son ouverture. Depuis 1976, Antifer, dont les équipements sont exploités par la CIM, a accueilli les plus gros tankers du monde. Mais l'âge d'or des débuts a rapidement pris fin avec les chocs pétroliers puis l'évolution du marché. Avec 219 escales et 40.8 millions de tonnes traitées, 1979 reste l'année record pour Antifer. A l'inverse, le milieu des années 1980 constitue une période creuse, avec environ 40 escales et moins de 7 millions annuelles de tonnes annuelles. Depuis le début des années 1990, une reprise de l'activité est constatée avec, en moyenne, une à deux escales chaque semaine. Aujourd'hui, Antifer reçoit près de 20% du pétrole brut importé en France.

Port du Havre