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Thales développe une nouvelle bouée acoustique
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Thales développe une nouvelle bouée acoustique

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La France a décidé de recouvrer sa souveraine technologique et industrielle dans le domaine très sensible des bouées acoustiques. Eléments clés de la lutte anti-sous-marine, ces systèmes sont traditionnellement mis en œuvre par des avions de patrouille maritime (Atlantique 2 dans la Marine nationale) ainsi que des hélicoptères embarqués sur frégates ou déployés depuis la terre, à l’image du Caïman Marine (NH90).  

Complémentaires des sonars embarqués sur les bâtiments de surface et des antennes héliportées, à l’instar du Flash des Caïman, elles permettent d’accroître les capacités de détection et d’ériger des barrages acoustiques afin de créer des zones d’interdiction pour les sous-marins adverses.

C’est à la fin des années 90 que Thales avait cessé de concevoir et produire des bouées acoustiques. Avec la fin de la guerre froide, cette activité, sur laquelle travaillaient ses sites de Gradignan et Bayeux, était en effet en nette décroissance. Depuis, la marine française achète ses bouées auprès des Américains et le marché international s’est concentré progressivement autour de deux acteurs, Sparton et Ultra, qui verrouillent aujourd’hui le secteur.  

Une situation qui pourrait donc changer avec le grand retour de Thales dans ce domaine. Compte tenu du très net retour de la menace sous-marine à travers le monde, y compris au large des côtes européennes avec une présence accrue de la flotte russe, le groupe français lance la Sonoflash.

Développée avec le soutien de la Direction Générale de l’Armement et ayant déjà mené à bien tous les tests d’évaluation, y compris en mer, la nouvelle bouée acoustique française se veut comme une solution de souveraineté nationale et une alternative aux produits existants sur le marché international.

Cette bouée acoustique numérique à moyenne fréquence constitue selon Thales une importante avancée technologique et opérationnelle. Là où les bouées actuelles sont soit actives, soit passives, la Sonoflash intègre les deux fonctions en un seul modèle. Offrant une puissance d’émission supérieure, elle se caractérise aussi par sa très grande endurance, qui permet d’étendre sensiblement la durée de traitement des signaux qu’elle perçoit. Ceux-ci sont transmis en temps réel vers les aéronefs et peuvent être partagés avec le CMS d’une frégate dans le cadre d’une approche multistatique, permettant de combiner les données de l’ensemble des moyens sonars déployés.  

Stockées dans des paniers ou pour les avions dans des logements dédiés sous le fuselage, les bouées, une fois larguées, se déploient en mer, leur anneau de céramique plongeant profondément afin d’émettre des signaux ou simplement écouter l’environnement acoustique à la recherche d’une indiscrétion d’un sous-marin. La partie supérieure, flottante, est équipée d’un émetteur pour transmettre les données. Quand son potentiel est épuisé, la bouée coule.

En dehors des avions et hélicoptères, la Sonoflash a également été conçue pour pouvoir être mise en oeuvre par des drones aériens à voilure fixe ou tournante, comme le VSR 700 développé par Airbus Helicopters.

 

Le drone VSR 700 pourra déployer les Sonoflash (© NAVAL GROUP)

Le drone VSR 700 pourra déployer les Sonoflash (© NAVAL GROUP)

 

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