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Thales ne cèdera pas à DCN sa participation dans Eurotorp

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Thales ne cèdera pas à DCN sa participation dans Eurotorp

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Les accords signés le 30 janvier dans le cadre du rapprochement entre DCN et Thales comportaient une surprise : L'absence d'Eurotorp. Lors de la signature de la lettre d'intention de décembre 2005, les 24% possédés par Thales dans la société franco-italienne en charge de commercialiser les futures torpilles MU 90 devaient être vendus à DCN, qui possède déjà 26% d'Eurotorp. L'abandon de la cession de cet actif aurait, en fait, été décidé depuis un an, nous a-t-on expliqué chez Thales : « Après étude approfondie du dossier, les partenaires de Convergence ont décidé d'un commun accord, dès le début 2006, au vu de la nature de l'activité du GIEE Eurotorp, de ne pas changer sa structure et ses actionnaires. En effet, l'étude et la réalisation de torpilles légères n'étaient stratégiquement pas au coeur du projet Convergence, centré sur l'activité de Thales Naval France, d'Armaris et la MOPA2 ». Hors TNF, le projet Convergence ne verra donc la cession des actifs de l'électronicien que sur ses deux filiales communes, celle dédiée aux programmes à l'export et en coopération, et celle consacrée au projet de second porte-avions. Dans les deux cas, DCN va posséder 100% du capital.

50 millions d'euros de chiffre d'affaires et plus de 1000 torpilles commandées

Créé en 1993, Eurotorp est un Groupement d'Intérêt Economique Européen en charge de la commercialisation des torpilles légères MU 90, nées de la fusion des projets français Murène et italien A290. La société est détenue par DCN (26%) et Thales (24%), l'autre moitié revenant à une filiale de Finmeccanica, Withehead Alenia Subaquatics Systems (WASS). Relativement confidentiel, le marché de la torpille est particulièrement sensible, compte tenu de l'aspect dissuasif de cette arme et du nombre très réduit de constructeurs, désormais concentrés aux Etats-Unis, en France, en Italie, en Allemagne et en Russie. Si le chiffre d'affaires d'Eurotorp n'a atteint que 50 millions d'euros en 2006, il devrait se développer dans les prochaines années. Avec la MU 90, destinée aux navires de surface et aéronefs, le GEIE rencontre, en effet, un beau succès. A ce jour, plus d'un millier d'engins ont été commandés. En dehors des 300 exemplaires destinés à la France et des 200 torpilles commandées par l'Italie, l'Australie va acquérir 200 unités. Le contrat portant sur 170 MU 90 a été signé l'an passé, après une période d'essais d'une trentaine d'engins et de leurs lanceurs, achetés cinq ans auparavant. Ce programme de 270 millions d'euros va permettre d'équiper les frégates du type ANZAC de la marine australienne et, plus tard, les hélicoptères Sea Sprite, Sea Hawk ainsi que les avions de patrouille maritime P3C Orion. Outre l'Australie, l'Allemagne a commandé 150 torpilles. La Pologne et le Danemark sont également clients pour quelques dizaines d'exemplaires.

La chasse sous-marine à plus de 50 noeuds

La MU 90 est une torpille de 3 mètres de long et 300 kilos. Grâce à une puissance de 400 CV, elle dépasse largement les 50 noeuds et dispose d'excellentes capacités de repérage, grâce à de nombreux hydrophones placés dans sa tête. Son calculateur lui permet, également, de faire des choix et, en cas d'absence d'échos, de lancer une phase de recherche en polygone. D'une portée de 15 kilomètres, elle peut plonger à 1000 mètres de profondeur. Les essais de la MU 90 se poursuivent actuellement. En 2006, ingénieurs et techniciens ont travaillé à l'amélioration de ses performances. Après 24 mois d'essais en laboratoire et en mer, avec une quinzaine de tirs réalisés, les différentes évolutions apportées ont abouti au standard MU 90 BLOCK1 mod. Kit. C'est cet engin que l'Italie et la France doivent mettre en oeuvre, la livraison de 75 unités étant attendue cette année par la Marine nationale. Au sein de la flotte française, les nouvelles torpilles légères doivent équiper les hélicoptères NH 90, les avions de patrouille maritime Atlantique et les frégates Horizon. Elles seront également embarquées sur les frégates multi-missions (FREMM°, à raison de 19 exemplaires pour les bâtiments en version anti-sous-marine (ASM) et 4 exemplaires pour les navires en version action vers la terre (AVT). Dans le cadre du programme FREMM, en novembre dernier, Armaris a passé commande à Eurotorp de 17 systèmes de lancement de torpilles, pour un montant de 50 millions d'euros.

Naval Group (ex-DCNS)