Disp POPIN non abonne!
Défense
ABONNÉS

Actualité

Thales va tester le sonar BlueWatcher sur la frégate Surcouf

Défense

Développé par Thales à partir du sonar trempé FLASH, mis en œuvre par des hélicoptères tels que les NH90, Merlin et SeaHawk, le BlueWatcher, nouveau sonar de coque actif/passif à basse fréquence, va être expérimenté à partir de début 2018 sur l’une des cinq frégates françaises du type La Fayette. Le bâtiment, en l’occurrence le Surcouf, sera équipé de ce système à l’occasion de son prochain arrêt technique majeur, qui débutera au mois de septembre. L’expérimentation est prévue pour durer deux ans. L’idée est de pouvoir profiter de l’activité soutenue d’une frégate de ce type pour pouvoir tester le BlueWatcher de manière opérationnelle sur une longue période ainsi que dans différentes configurations et zones géographiques. Il en résultera, pour Thales, un précieux retour d’expérience sur ce nouveau produit, qui bénéficiera dès lors du label "éprouvé à la mer". Ce sera aussi, pour les marins français, l’occasion de disposer d’une plateforme supplémentaire dotée de moyens de détection sous-marine et de commencer à utiliser cette capacité dans la perspective du programme de rénovation des frégates du type La Fayette. La modernisation d’au moins trois de ces bâtiments à partir de la mi-2020 verra en effet l’intégration d’un sonar de coque. Il ne s’agira toutefois pas d’un BlueWatcher, comme on le pensait initialement (en fait une confusion avec l’expérimentation qui va être menée sur le Surcouf et qui n’a pas encore été officialisée), mais un autre produit de Thales, le Kingklip  Mk2 (sonar actif/passif à basse fréquence), version du Kingklip adapté aux besoins de la Marine nationale et également retenue pour les futures frégates de taille intermédiaire (FTI).

 

Le BlueWatcher (© THALES)

Le BlueWatcher (© THALES)

Conçu pour les petites plateformes

Alors que le Kingklip est sonar « classique » possédant une fonction directive, le BlueWatcher est, du fait de la reprise de l’antenne en « étoile » du FLASH, un système panoramique. Ce nouveau sonar hérite de la densité de puissance (signal fort émis sur de petits volumes) du FLASH et bénéficie de technologies éprouvées à la mer. Avec des performances très intéressantes, dont une portée largement supérieure à ‎10km. 

 

NH90 déployant un sonar trempé FLASH (© MARINE NATIONALE)

NH90 déployant un sonar trempé FLASH (© MARINE NATIONALE)

 

Si Thales s’est appuyé sur son sonar trempé aéroporté pour concevoir le BlueWatcher, dévoilé pour la première fois fin 2014, c’est aussi pour des questions de compacité. Il s’agit en fait de l’un des grands enjeux ayant poussé l’électronicien français à développer ce nouveau système, optimisé pour pouvoir être intégré sur des bâtiments de faible tonnage, typiquement de petits navires de combat, des patrouilleurs hauturiers et même des unités côtières. 

Possibilité de tandem avec le Captas-1

Thales a d’ailleurs imaginé une solution complète, permettant de combiner sur une plateforme de seulement 300 tonnes le BlueWatcher ainsi qu’un tout nouveau sonar remorqué ultra-compact, le Captas-1. Doté d’un seul anneau en céramique (contre deux pour le Captas-2 et quatre pour le Captas-4), ce sonar à immersion variable est spécialement conçu pour les petits navires. Dans cette perspective, Thales a énormément travaillé pour réduire au maximum le poids et l’encombrement du système. Au final, le Captas-1 et l’ensemble des équipements nécessaires à sa mise en œuvre présentent un poids cumulé de seulement 9 tonnes, soit deux fois moins que le Captas-2 équipant les frégates norvégiennes du type Fridjof Nansen et les corvettes du type Gowind de DCNS. Le Captas-1 peut être intégré dans un espace disponible ou être déployé sous forme conteneurisée, l’ensemble du système tenant dans un conteneur de 20 pieds, y compris le module de commande et de contrôle, dont les consoles, avec leur système de traitement du signal, sont installées dans un local disponible à bord du bâtiment. 

 

Le Captas-1 (© THALES)

Le Captas-1 (© THALES)

 

Là encore, il ne s’agit pas d’un sonar de supériorité acoustique, comme le Captas-4 équipant les FREMM et les frégates britanniques du type 23. Néanmoins, le nouveau sonar compact de Thales offre selon son concepteur de solides performances et se révèle, à l’issue des tests menés, suffisamment efficace pour être véritablement dissuasif, surtout associé au BlueWatcher. « Produits d’entrée de gamme en termes de coût, le sonar de coque BlueWatcher et le sonar à immersion variable Captas-1 jouissent toutefois d’excellentes capacités tactiques (sûreté de détection panoramique entre 10 et 20 km, faible taux de fausse alarme, y compris en zones littorales). Les processus de veille sur les deux nouveaux sonars ont été optimisés par l’ajout du traitement sonar adaptatif, qui réduit l’effet du bruit propre porteur. Un seul opérateur suffit à leur mise en oeuvre grâce à une interface homme-machine simplifiée », explique Thales. L’association de ces deux sonars basse fréquence actif/passif permet une couverture spatiale en immersion et une détection volumique importantes. Le dispositif assure une veille permanente et panoramique, en particulier en mode anti-torpille, et permet de lutter contre tous types de menace maritime (sous-marins, bateaux rapides de trafiquants, etc.).

 

Exemple d'un OPV (ici le Holland néerlandais) pouvant être équipé du tandem BlueWatcher/Captas-1 (© THALES)

Exemple d'un OPV (ici le Holland néerlandais) pouvant être équipé du tandem BlueWatcher/Captas-1 (© THALES)

Besoin croissant de protection des espaces maritimes

Ces nouveaux produits répondent à une nouvelle tendance du marché, qui voit émerger un besoin croissant de renforcement des moyens de lutte anti-sous-marine. Le développement des activités maritimes, et notamment l’exploitation des richesses que recèlent les océans et les fonds marins, impose en effet, pour les Etats, de renforcer les moyens de surveillance et de protection de leurs eaux territoriales et des zones économiques exclusives associées. Alors que des conflits de territorialité apparaissent ici et là, on assiste dans le même temps à une prolifération du nombre de sous-marins en service et une augmentation des intrusions de ces bâtiments dans les espaces maritimes d’autres nations. Le problème est d’autant plus grand que les zones à surveiller, si l’on inclut les ZEE, sont extrêmement vastes. 

 

Captas-4 sur une FREMM (© MER ET MARINE)

Captas-4 sur une FREMM (© MER ET MARINE)

Complémentarité avec les moyens lourds

D’où la nécessité, pour nombre d’Etats, de faire respecter leur souveraineté en renforçant leurs capacités ASM ou en se dotant de moyens capables de détecter des sous-marins et donc de les dissuader de pénétrer dans leurs eaux. Alors que les grands bâtiments de lutte ASM, comme les frégates, sont des moyens coûteux et généralement peu nombreux au sein des forces navales, l’idée émerge, pour compléter ces plateformes et étendre les capacités de détection, d’équiper en sonars des navires plus petits. Soit des unités de combat, comme de petites corvettes ou patrouilleurs lance-missiles d’une cinquantaine de mètres, soit des unités qui ne sont à la base pas conçues pour les opérations de haute intensité. C’est le cas des OPV, bâtiments affectés aux missions hauturières liées à l’action de l’Etat en mer dans la ZEE. En dehors du fait que cette idée peut permettre de compléter les moyens ASM de premier rang des grandes flottes, elle constitue également une opportunité pour les petites marines de se doter d’une capacité anti-sous-marine de base. Pour Thales : « toutes les marines du monde peuvent aujourd’hui renforcer à coût maîtrisé leur capacité de souveraineté et disposer d’un avantage opérationnel de lutte anti-sous-marine certain. Du renseignement jusqu’à la force de frappe, le long des côtes comme en haute mer, les États sont en mesure de renforcer leur action en mer et de préserver leurs intérêts vitaux en affirmant leur présence sur la scène internationale ». 

 

Marine nationale Thales