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Nautisme

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Thèse : Industrie nautique et territoires

La contribution de l’industrie nautique au développement des territoires en Bretagne. C’est le sujet qu’explore le bigouden Maxime Turck, doctorant en géographie, dans une thèse attendue pour 2020.

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« J’habite dans le Pays bigouden. J’ai toujours été intéressé par la mer et l’économie de la mer, le développement des territoires littoraux. Le sujet réunissait toutes les thématiques qui m’intéressaient », s’exclame Maxime Turck.

Ce double diplômé d’un Master en économie et gestion publique et d’un master de recherche en géographie a ainsi laissé tomber un emploi en CDI, en 2017, pour un contrat doctoral de trois ans à l’Université de Bretagne Occidentale. Il est rattaché au laboratoire brestois de recherche en géo-architecture. Il a répondu à une offre de thèse du géographe Nicolas Bernard, un spécialiste des questions littorales qui dirige le Pôle universitaire quimpérois.

500 questionnaires adressés aux entreprises

Maxime Turck cherche à mieux cerner la contribution de l’industrie nautique au développement des territoires en Bretagne. Et pour documenter ses recherches, il prévoit d’adresser 500 questionnaires et de réaliser une trentaine d’entretiens auprès d’entreprises implantées en Bretagne et d’acteurs publics. « Au-delà des profils d’activités, des stratégies sur les marchés, je veux essayer de comprendre, par exemple, en quoi les relations de proximité que ces entreprises peuvent entretenir vont être une ressource décisive », énonce le doctorant.

Il entend explorer « comment des coopérations autour de projets, des partages d’informations, des relations partenariales peuvent être stratégiques et comment elles se couplent avec des politiques publiques ». C’est là le cœur de sa recherche. « Le pôle de compétitivité Mer Bretagne mène, par exemple, depuis Brest, des projets avec des entreprises, des laboratoires… », illustre-t-il.

Cette spécificité bretonne est un témoignage de performance

« L’une des caractéristiques fortes de la Bretagne, c’est cette association voile de compétition et plaisance dans certains chantiers. Cette spécificité est un témoignage de performance. Car les innovations développées dans le sport de haut niveau peuvent être déployées, rediffusées dans la plaisance, mais aussi dans d’autres secteurs, comme les énergies marines, l’aéronautique, la naval ou le spatial, et contribuent à la diversification du portefeuille d’activités alors que la voile de compétition dépend beaucoup des sponsors », souligne Maxime Turck.

Il cite, à ce propos, Eurolarge Innovation et sa marque Bretagne Sailing Valley, un écosystème de plus de 160 entreprises industrielles et de services, de skippers, équipes de course, laboratoires de recherche et cursus de formation. Il songe également aux pôles Finistère Course au large et Lorient Grand Large. « Ces connexions entre la formation des skippers, le développement de leurs projets dans des écuries de course au large associées à des bureaux d’études… Tout cela crée une relation stratégique entre architectes, constructeurs et skippers testeurs », émet le doctorant.

L’épineuse question de la déconstruction

Le chercheur se posera d’autres questions. « Qu’est-ce qui fonde le dynamisme de ces entreprises souvent locales, qui vont chercher des marchés à l’extérieur et entre donc dans une sphère plus globale ? Je m’intéresse aussi à la capacité de ces territoires littoraux à faire leur chemin en autonomie en proposant un projet inédit. Et comment le nautisme permet d’assurer une permanence de l’économie de la mer ? Le maintien d’un tissu productif permet de diversifier le champ des emplois locaux, souvent orientés résidentiels et touristiques », égrène-t-il.

Et puis, en bout de filière, se pose l’épineuse question de la déconstruction, du recyclage, de la valorisation des déchets du nautisme. « C’est un marché économique qui demande beaucoup de moyens et de changement d’habitudes chez les propriétaires. Il faudrait anticiper ce coût-là au moment de l’achat du bateau », suggère Maxime Turck.

Un article de la rédaction du Télégramme