Croisières et Voyages
Thierry Dubois, du Grand Nord à la Bretagne

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Thierry Dubois, du Grand Nord à la Bretagne

Croisières et Voyages

Après quatre mois de confinement en Islande, le skipper Thierry Dubois est de retour en France. Dans l’impossibilité de repartir, il propose de découvrir les côtes bretonnes à bord de La Louise.

Pas de séjour dans la baie de Baffin. Mais quatre mois sur un bateau, à quai. Pour un marin comme Thierry Dubois, amoureux d’aventures, l’attente a été longue. Le skipper de 53 ans est resté bloqué à Ísafjörður, en Islande, avec son voilier, La Louise. La faute à la pandémie qui a gagné la planète, l’empêchant de rentrer à Etel, son port d’attache. Un drôle d’anniversaire pour la goélette de 19 mètres, qui a fêté ses dix ans, le 10 avril 2020.

Le passionné du Grand Nord a déchanté coup sur coup. En mai, le Canada décidait d’interdire au tourisme l’accès à ses territoires arctiques pour l’été. Imité par le Groenland, début juin. Le skipper originaire de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) a donc fait route vers la France en juillet. « C’est la première année que La Louise est là, l’été, fait remarquer son capitaine. Nous avons réagi tardivement en proposant un programme en Bretagne ».

Des séjours pour huit passagers

Depuis le 1er août, La Louise a commencé sa série de croisières côtières, à Auray. Jusqu’au 26 septembre, elle naviguera de Vannes à Saint-Malo. Sur son voilier capable d’accueillir jusqu’à huit passagers, Thierry Dubois s’est fixé comme objectif de faire découvrir, chaque jour, une ria, un aber ou une île, en plus d’une rencontre. « Le but est de visiter des endroits historiques, les ports en ville comme Brest, Concarneau, Morlaix. À Douarnenez, par exemple, nous ne sommes pas allés au port de plaisance mais au Port Rhu. Nous avons fait un arrêt à Paimpol où les marins partaient autrefois à la pêche à la morue, en Islande ».

Un changement de décor pour le skipper qui a participé deux fois au Vendée Globe (1996-1997 et 2000-2001). Depuis dix ans, La Louise est plutôt habituée aux paysages glacials. « Au Groenland, c’est un refuge qui flotte. L’été, le thermomètre oscille entre 5 et 15 °C. Il y a peu de vent, moins de pluie et il fait jour 24 heures sur 24. On utilise beaucoup le moteur. On passe par des endroits où il n’existe aucune carte. Ou alors, elles sont fausses ! Nous sommes obligés d’envoyer l’annexe en éclaireur pour vérifier si ça passe. Les gens ne sont pas là pour naviguer. Ils peuvent participer. Mais ce n’est pas comme en Bretagne ».

Celui qui a fait ses classes à Plougasnou, avant de devenir lui-même moniteur au Diben, connaît bien les eaux bretonnes. Depuis son retour, il en profite pour revoir des amis et anciens collègues afin de leur faire découvrir La Louise. Mais il ne cache pas ses envies du large. « Naviguer et en faire mon métier, c’était mon rêve. J’ai eu l’opportunité de faire de la course au large. Mais les histoires de pêcheurs, le commandant Charcot, ce sont des choses qui m’interpellent ». Le marin prend son mal en patience. Il espère que la situation sanitaire s’améliorera. Pour retrouver la baie de Baffin, en 2021.

Un article de la rédaction du Télégramme