Science et Environnement
Thierry Mandon : Quel avenir pour la flotte d'Ifremer ?

Interview

Thierry Mandon : Quel avenir pour la flotte d'Ifremer ?

Science et Environnement

Thierry Mandon, le secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, était en déplacement hier à Brest, où il a visité Ifremer et s'est rendu à bord de l'Atalante. A l'occasion de sa venue, il a accordé une interview à nos confrères du Télégramme, revenant notamment sur le transfert du siège de l'Institut et l'avenir de la flotte océanographique française.

 

LE TELEGRAMME : Où en est-on du transfert du siège parisien d'Ifremer ?

THIERRY MANDON  : « Concernant le volet social, 95 personnes sont concernées. Un accord de méthode a été signé avec les syndicats début janvier, pour arrêter le plan de négociation avec les salariés. Ce plan va durer plusieurs mois. Différentes mesures sont envisagées : mobilité pour les conjoints à Brest ou sur d'autres sites de l'Ifremer, mobilité dans des établissements publics. Il peut aussi y avoir des départs volontaires, des mesures d'âge... Mais il est encore un peu tôt pour dire combien de salariés rejoindront le site ».


Ce transfert implique aussi la construction d'un nouveau bâtiment à Plouzané. Quand sera-t-il terminé ?

« Des propositions architecturales seront élaborées d'ici la fin du mois de juin. Le bâtiment devrait être livré fin 2018-début 2019. Mais si des personnels volontaires d'Issy-les-Moulineaux souhaitent venir plus tôt, le site sera évidemment en mesure de les accueillir ».


Quels sont les engagements de l'État pour le renouvellement de la flotte océanographique ?

« La rénovation du Thalassa est déjà financée par les crédits de l'État à hauteur de près de 10 M€. Cette intervention est programmée à l'été 2017. Par ailleurs, un des sept navires polyvalents côtiers va être renouvelé dans le cadre du prochain Programme d'investissement d'avenir (PIA), qui doit être voté en juin. Enfin, je viens aussi à Brest pour remettre une lettre de mission à François Jacq, P-DG d'Ifremer, pour que l'institut se mette en quête d'autres financements. Des crédits européens sont envisageables, mais l'Europe nous demande d'abord de réorganiser notre flotte et de clarifier les rôles des différents opérateurs (Ifremer, CNRS, Institut de recherche pour le développement, Institut polaire Paul-Émile-Victor) et des différents armements. Quand cette stratégie d'optimisation sera fixée, alors l'Europe sera prête à apporter sa part ».


Brest mise beaucoup sur le développement des énergies marines renouvelables, mais l'argent promis par l'État semble tarder à arriver. Où en est-on ?

« Au titre des programmes d'investissements d'avenir, un appel d'offres avait été lancé en 2015 par l'Agence nationale de la recherche et dix projets portés par France Énergies marines (FEM), basé à Brest, ont été sélectionnés, qui vont se partager 4 M€. L'argent sera distribué très vite aux lauréats, et un deuxième appel à projets sera lancé à la fin du mois pour compléter le panel. La réalisation de ces projets permettra la constitution d'un socle de compétences pour FEM et l'acquisition de données stratégiques pour le développement de l'ensemble de la filière. Au-delà de ces questions budgétaires, on travaille aussi à une simplification des normes pour permettre à ces projets qui tournent autour des énergies marines renouvelables d'aboutir plus rapidement ».

Une interview de la rédaction du Télégramme

 

 

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