Marine Marchande
Thierry Mariani n'est pas optimiste pour l'avenir de SeaFrance

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Thierry Mariani n'est pas optimiste pour l'avenir de SeaFrance

Marine Marchande

Le ministre des Transports ne nourrit apparemment plus de grands espoirs dans le sauvetage de SeaFrance. « Je ne suis pas vraiment optimiste », a déclaré hier Thierry Mariani. Exploitant trois ferries et un fréteur entre Calais et Douvres, la compagnie française, filiale à 100% de la SNCF, est en redressement judicaire depuis juin 2010. Le plan de sauvetage de sa maison-mère ayant été retoqué, le tribunal de commerce de Paris a examiné deux offres de reprise. L'une présentée par le Danois DFDS et le Français Louis Armateurs, qui exploitent déjà des liaisons maritimes entre la France et la Grande-Bretagne et avaient proposé de reprendre partiellement la compagnie, et l'autre portée par des salariés de SeaFrance, qui veulent créer une Société coopérative et participative (SCOP) et reprendre la totalité de l'armement pour l'euro symbolique. Le 16 novembre, le tribunal de commerce a rejeté les deux propositions et prononcé la liquidation judicaire de l'entreprise. La justice a néanmoins laissé un ultime sursis à la compagnie, en donnant aux candidats à la reprise jusqu'au 12 décembre pour présenter de nouvelles offres. Cependant, alors que DFDS et LDA pourraient bien jeter l'éponge, les tenants de la SCOP, qui espèrent des aides des collectivités locales, ne sont pas parvenus, pour le moment, à convaincre sur la viabilité financière de leur projet. « Je constate qu'il n'y a aucun financement extérieur et je vois mal comment un projet sans financement extérieur peut être viable. Je continue à l'étudier. Mais on ne peut pas se satisfaire d'un projet qui consiste à dire, "je fais une SCOP, vous me donnez l'argent et puis c'est moi qui la monte", estime Thierry Mariani. « J'espère qu'il y aura un autre repreneur, jusqu'au bout je veux explorer toutes les pistes mais, je le répète, je ne suis pas optimiste », a conclu hier le ministre.
Pour mémoire, SeaFrance emploie 880 salariés. Les quatre navires de la compagnie sont arrêtés depuis le 15 novembre.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)