Défense
Thyssen Krupp se verrait bien à la tête de la navale militaire européenne

Actualité

Thyssen Krupp se verrait bien à la tête de la navale militaire européenne

Défense

Dans une interview accordée ce mois-ci à Schiff & Hafen, le président de Thyssen Krupp Marine Systems (TKMS) affirme que le groupe allemand ambitionne d'accéder au leadership européen en matière de construction navale militaire. « Nous sommes déjà un groupe européen avec des activités mises en commun et pas seulement en Allemagne. Là-dessus il est clairement établi que l'expérience de TKMS a démontré que l'entreprise est économiquement attractive et cela devrait encore évoluer. Evidemment, TKMS est appelé à jouer un rôle important dans l'avenir », souligne Klaus Borgschulte. Concernant d'éventuels rapprochements européens, le patron de Thyssen rappelle que l'heure est plutôt aux consolidations nationales, avec DCN et Thales en France, ainsi que TKMS et Altas Electronik en Allemagne. Le rapprochement franco-allemand, longtemps évoqué, n'est plus à l'ordre du jour. « Il n'y a pas de discussions concrètes sur le sujet. Nos discussions avec les Français sont en ce moment plutôt liées aux projets ». A Paris, cette position est confirmée chez DCN, actuel n°1 européen du secteur : « Il s'agit plus de relations relevant du brainstorming, comme nous pouvons en avoir avec les autres industriels ».

Le sous-marin franco-allemand toujours dans les cartons

Le projet Convergence entre DCN et Thales est sans doute l'une des causes principales du ralentissement d'un rapprochement franco-allemand, longtemps présenté comme une évidence. De l'autre côté du Rhin, le projet de consolidation tricolore a été interprété comme un repli national. Denis Ranque, le président de Thales, le reconnaissait le mois dernier devant les députés français de la commission de la Défense : « Bien qu'il ait été abondamment expliqué, le projet de fusion avec DCN a été perçu à Berlin et à Munich comme un mouvement franco-français. Curieusement, il n'en a pas été de même à Brême où le Président du Land, les salariés et les syndicats d'Atlas, au moment de l'offre de rachat d'Atlas par Thales, défendaient le dossier de Thales qu'ils jugeaient bien meilleur ». Allemands et Français continuent néanmoins de discuter, notamment de sous-marins, les dirigeants de DCN ayant évoqué, l'an passé, des réflexions autour de la conception commune d'une future génération de submersibles à l'export (TKMS détient 60 à 70 % du marché et Armaris de 20 % à 30 %). Les discussions ne seraient, toutefois, pas très avancées, alors que la coopération entre DCN et ses autres partenaires se renforce. C'est le cas au sein du Warship European Procurement club. Au sein du WEP, Fincantieri, DCN, Navantia, BAE Systems et VY Group compte acheter pour 100 millions d'euros d'équipements communs d'ici 2009. Cette politique d'achat commune, portant sur la tôle, les câbles électriques, les vannes, les tubes et les portes permettra de massifier les approvisionnements et donc de réduire les coûts.