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TKMS évincé du futur programme de frégates allemandes ?

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TKMS évincé du futur programme de frégates allemandes ?

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Coup de tonnerre ou coup de semonce ? En fin de semaine dernière, l’industrie navale outre-Rhin a en tous cas été secouée. D’après la presse allemande, le consortium formé par TKMS et Lürssen aurait été écarté de la compétition portant sur le prochain programme des frégates destinées à la Bundeswehr. Aucune explication ni annonce officielle n’est intervenue. Des considérations techniques et de coûts sont évoquées par les journaux pour expliquer la décision de l’agence chargée des acquisitions de matériels pour l’armée allemande. Cette information, révélée par le quotidien Handelsblatt, a en tous cas fait l’effet d’une bombe, Thyssen Krupp Marine Systems et Lürssen étant donnés grands favoris pour le futur programme MKS 180, portant sur quatre à six frégates polyvalentes d’environ 6000 tonnes à livrer au cours de la prochaine décennie. Constructeur historique de la flotte allemande, TKMS paye peut-être certains différends avec les militaires et le gouvernement fédéral, comme les problèmes techniques rencontrés sur les quatre nouvelles frégates du type F125, dont la tête de série a été récemment renvoyée chez l’industriel (une première après livraison), la marine refusant de la mettre en service en l’état. Alors que TKMS et Lürssen, déjà en consortium sur le programme F125, proposent une évolution de ces bâtiments pour les MKS 180, le parlement allemand a de plus réduit le budget à seulement 3.5 milliards, au lieu de 4 milliards demandés par les chantiers.

Ce programme est, par ailleurs, le premier contrat majeur d’armement à faire l’objet d’un appel d’offres international. Malgré tout, personne n’imaginait en Allemagne qu’il puisse échapper aux chantiers nationaux. Le Français Naval Group et l’Italien Fincantieri avaient d’ailleurs jeté l’éponge après avoir travaillé sur une offre commune. Du coup, il ne resterait selon la presse allemande plus que deux compétiteurs en course pour les MKS 180 : le chantier German Naval Yards de Kiel, aujourd’hui détenu par Iskandar Safa (propriétaire de CMN à Cherbourg), ainsi que le groupe néerlandais Damen. Le premier a déjà porté un coup à TKMS et Lürssen l’an dernier en obtenant suite à une procédure juridique d’intégrer leur consortium pour la réalisation de cinq nouvelles corvettes allemandes du type K130. Quant au second, il pourrait s’allier à un chantier allemand pour maintenir de la charge localement, ou bien réaliser les frégates aux Pays-Bas. Une solution politiquement impossible à Berlin ? Pas si sûr puisque certains observateurs estiment que le choix de Damen pour les MKS 180 pourrait être accepté si la marine néerlandaise commandait ses quatre futurs sous-marins océaniques à TKMS. Il en résulterait peut être un mouvement de consolidation inattendu.

Quoiqu’il en soit, si la perte du programme MKS 180 se confirmait pour TKMS, elle pourrait entrainer la fermeture de son chantier d’Emden, dont le plan de charge ne va pas au-delà de décembre 2020. Une menace avancée par le groupe allemand, qui n’est pas forcément encore disqualifié. Alors que le ministère de la défense a refusé de commenter les informations parues dans la presse nationale, se contentant d’indiquer que le processus de sélection était toujours en cours, il conviendra en effet de voir comment le nouveau gouvernement de coalition va gérer cet épineux dossier.

 

Thyssen Krupp Marine Systems (TKMS)