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TKMS : Le géant allemand de l'industrie navale

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TKMS : Le géant allemand de l'industrie navale

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L'Allemagne a quasiment achevé, ces dernières années, la consolidation de son industrie navale. Howaldswerke (HDW) et Blohm + Voss sont désormais intégrés à Tyssen Krupp Marine System, qui emploie aujourd'hui 8400 personnes pour un chiffre d'affaires de 1.8 milliard d'euros en 2007. TKMS regroupe la totalité des chantiers allemands liés à la construction militaire, tout en conservant une importante activité dans le domaine civil. Si TKMS a décidé, l'an passé, de se séparer des yachts, le groupe est toujours présent dans la réalisation de porte-conteneurs et dans la refonte de navires, notamment de paquebots. Après cette consolidation nationale, TKMS a décidé, l'hiver dernier, de réorganiser ses activités. Depuis le mois d'avril, les activités civiles et militaires de Blohm + Voss ont été scindées en deux entités juridiques distinctes. Le secteur naval de B+V (Hambourg) et Nordseewerke (Emden) ont été intégrés à une nouvelle structure : TKMS Blohm + Voss Nordseewerke GmbH, spécialisée dans les navires de surface et dotée d'un double siège dans les deux ports. Les activités civiles de B+V à Hambourg sont, dans le même temps, devenues Blohm + Voss Shipyards & Services GmbH. Quant à HDW-Gaarden GmbH, à Kiel, le site se concentrera également sur le secteur marchand. Une troisième entité, Howaldtswerke -Deutsche Werft GmbH, basée aussi à Kiel, est quant à elle dédiée aux sous-marins.

Blohm + Voss à Hambourg (© : TKMS)
Blohm + Voss à Hambourg (© : TKMS)

 Kokhums en Suède (© : TKMS)
Kokhums en Suède (© : TKMS)

 (© : TKMS)
(© : TKMS) Hellenic Shipyards en Grèce

Cette réorganisation ne signifie pas, pour autant, que frégates et navires civils ne vont pas continué à se côtoyer. Ainsi, alors que les nouvelles frégates du type 125 seront réalisées à Hambourg, TKMS a annoncé au printemps le renforcement et l'extension des activités de refonte et de réparation navale du site. A Kiel, bateaux marchands et unités militaires continueront aussi à cohabiter.
On notera que TKMS est également présent en Suède au travers de sa filiale Kockums, et en Grèce où le groupe allemand détient les chantiers Hellenic Shipyards.

 (© : TKMS)
(© : TKMS)

Leader mondial des sous-marins

Avec ses célèbres U Boote, l'industrie allemande est historiquement pionnière dans le domaine des sous-marins conventionnel. A ce jour, TKMS reste le premier fournisseur mondial de ce type de navire. Les sous-marins allemands sont, notamment, très présents en Amérique latine, où presque toutes les marines sont dotées du type 209. Mais de premières brèches ont été enregistrées ces dernières années dans cette chasse gardée. Ainsi, sous l'impulsion de Madrid, le Chili a choisi, en 1997, le Scorpène franco-espagnol. DCNS a ensuite remporté le contrat de modernisation du système de combat des Type 209 chiliens. Ce succès - une grande première - s'est poursuivi avec l'attribution aux Français de la modernisation des 209 vénézuéliens et équatoriens. De plus, DCNS semble très bien placé pour signer, dans les prochains mois, la commande de quatre Scorpène par le Brésil. De même, le Venezuela a opté pour les Kilo et Lada russes pour sa prochaine génération de sous-marins.

Type 209/1400 (© : TKMS)
Type 209/1400 (© : TKMS)

Ces échecs commerciaux en Amérique latine ne signifient pas que TKMS se fasse supplanter par ses concurrents. Il a notamment remporté en 2000 un contrat de trois sous-marins du type 209/1400 pour l'Afrique du sud, qui souhaitait remplacer ses vieux Daphné français. Réalisés à Emden et Kiel, ces bateaux de 62 mètres et 1600 tonnes en plongée, armés de 14 torpilles, ont été mis en service entre 2005 et 2008. Partiellement financés par le gouvernement allemand, trois Type Dolphin (dérivés du Type 212 construit pour la marine allemande) ont été réalisés pour Israël (1999 - 2000). L'Etat hébreux a ensuite passé commande de deux unités supplémentaires, livrables par Kiel et Emden en 2011 et 2012 (type Dolphin II). Longs de 57 mètres pour 1900 tonnes en plongée, ils sont armés de 16 torpilles lourdes et missiles Sub Harpoon.

Type 212 (© : TKMS)
Type 212 (© : TKMS)

En Europe, le groupe a remporté deux beaux succès, en vendant quatre sous-marins dérivés du type 212A à la marine italienne, qui les fait réaliser en transfert de technologie chez Fincantieri (les deux derniers ont été commandés cet été). Deux sous-marins du type 209 PN ont, par ailleurs, été placés au Portugal. Ces deux bâtiments, livrables par les chantiers de Hambourg et Emden d'ici 2011 (le premier a été lancé en juillet), seront dotés du système de propulsion en circuit fermé PERMASYN. Ce dispositif, développé par Siemens sur la base de la technologie des piles à combustible, permet au submersible d'accroître considérablement son autonomie en plongée (deux semaines à 4 noeuds). Certains spécialistes émettent toutefois des doutes sur la fiabilité du système et ses réelles performances, critiques rejetées par le constructeur.

Le type 214 (© : TKMS)
Le type 214 (© : TKMS)

Le Type 214, nouveau fer de lance allemand

TKMS fonde également de grands espoirs dans son nouveau produit, le Type 214, dérivé du 212 développé pour la marine allemande. Très beau sous-marin de 65 mètres de long et environ 1800 tonnes en plongée, le 214 peut embarquer 16 torpilles lourdes et missiles antinavire Sub Harpoon, tirés depuis 8 tubes de 533 mm. Armé par seulement 27 hommes, il atteint la vitesse de 20 noeuds en plongée grâce à une propulsion comprenant deux moteurs diesels MTU 16 V 396 totalisant 2000 kW, et un moteur électrique de propulsion Siemens. Egalement dotés du système PERMASYN, quatre unités du type 214 ont été achetées par la Grèce. Après la construction de la tête de série, lancée en 2004 chez HDW à Kiel, les trois suivants ont été mis sur cale chez Hellenic Shipyards, près d'Athènes. Mais le premier sous-marin, le Papanikolis, a rencontré des déboires lors de sa mise au point, provoquant la colère de la marine grecque qui a dénoncé une série de défauts sur ce nouveau bateau. Malgré les assurances de TKMS pour remédier aux problèmes techniques, le sous-marin n'a toujours pas été accepté par la marine hellénique, ce qui porte son retard à plus de deux ans. Bien que cette affaire ait fait grand bruit dans le secteur, l'industriel allemand est parvenu à s'imposer, cet été, dans la course au renouvellement des sous-marins turcs. Le 22 juillet, Ankara a, en effet, signé une lettre d'intention portant sur la commande de six Type 214. Le produit de TKMS a été préféré au Scorpène franco-espagnol et au S 80 espagnol. De même, le groupe allemand espère remporter un futur contrat au Pakistan, où il semblait mieux placé que DCNS. Les troubles intérieurs ayant éclaté cette année dans le pays peuvent, toutefois, remettre les compteurs à zéro.
Enfin, on notera que TKMS embraye le pas à son concurrent français sur le segment des petits sous-marins côtiers. Face à l'Andrasta, l'Allemand complète sa gamme avec le type 210mod, un petit bâtiment de 1000 tonnes dédié aux opérations littorales ou destiné aux marines dépourvues de sous-marinade et donc d'expérience du déploiement océanique, qui nécessite un long apprentissage. D'un coût plus abordable, le type 210mod peut également intéresser des flottes n'ayant pas les moyens d'acquérir un type 209 ou 214.

Type 214 construit en Corée du sud (© : TKMS)
Type 214 construit en Corée du sud (© : TKMS)

Transfert de technologie en Corée du Sud

On en parle beaucoup moins et, pourtant, il s'agit dans le domaine des sous-marins du premier client de TKMS (après la Bundesmarine bien sûr). De 1993 à 2001, la Corée du sud a mis en service 9 bâtiments du type 209/1200, longs de 56 mètres et armés de 14 torpilles lourdes et missiles Sub Harpoon pour les derniers. Seul le premier de la série a été réalisé en Allemagne, les autres étant construits en transfert de technologie chez Daewoo à Okpo. Et TKMS ne s'est pas arrêté là, en acceptant également un transfert de technologie sur le dernier né de sa gamme le Type 214. Cette fois, ce sont les chantiers Hyundai de Ulsan qui ont décroché le marché. Mis sur cale en 2003, la tête de série, le Sohn Won Il, a été lancé en juin 2006 et mis en service en décembre 2007. . Son sistership, le Jeongji, doit être livré le mois prochain et le troisième de la série, le An Jung Geun, a été mis à flot en juin dernier. Comme les autres Type 214, ces bateaux sont eux-aussi équipés du système PERMASYN.
Visiblement à l'aise avec la construction de sous-marins modernes, dont une partie des équipements (sensibles) sont fournis par l'industrie allemande, les Coréens souhaitent se lancer dans un programme encore plus ambitieux. Le projet DSX 3000, portant sur la réalisation de 9 sous-marins océaniques de 3000 tonnes, est à l'étude. Les futurs navires, dotés d'un système de propulsion anaérobie, seraient dotés de tubes verticaux permettant le lancement de missiles de croisière produit localement, le Sea Dragon, d'une portée de 500 kilomètres.

Les MEKO sont des frégates modulaires (© : TKMS)
Les MEKO sont des frégates modulaires (© : TKMS)

MEKO : Des frégates vendues dans le monde entier

Au début des années 90, les Allemands révolutionnaient la construction navale militaire avec le concept des bâtiments de surface modulaires. D'une construction plus aisée et bénéficiant d'une architecture ouverte, les frégates allemande devinrent facilement adaptables aux besoins des clients. C'est ainsi que la famille des MEKO remporta un succès considérable. Des frégates de ce type sont actuellement en service en Australie, en Grèce, en Turquie ou encore au Portugal. L'avant dernière version vendue à l'export est la MEKO 200A, achetée en 1998 à quatre exemplaires par l'Afrique du sud.

Frégates sud-africaines du type MEKO 200A  (© : TKMS)
Frégates sud-africaines du type MEKO 200A (© : TKMS)

Longues de 121 mètres pour un déplacement de 3590 tonnes en charge, les frégates de la classe Valour disposent de 8 missiles antinavire Exocet MM40 (MBDA), d'un système surface-air à lancement vertical Umkhonto (Denel-Kentron), de pièces de 76 et 35 mm, ainsi que de tubes lance-torpilles et d'un hélicoptère. L'équipement électronique est, notamment, constitué d'un radar de veille MRR-3D et d'un sonar TMS-4132 de Thales. L'électronicien français a également fourni le système de combat, le SUVECS, dérivé du TAVITAC de Thales Naval France.

MEKO A-100 vendue en Pologne (© : TKMS)
MEKO A-100 vendue en Pologne (© : TKMS)

Une version plus petite des frégates sud-africaines, la MEKO A-100, a été vendue à la Pologne. Réalisée avc l'aide technique allemande à Gdynia, la tête de série, le Slazak, a été mis sur cale en novembre 2001 et doit entrer en service en 2010. Cinq autres bâtiments du même type étaient prévus mais la série pourrait s'arrêter dès la seconde, faute de crédits. Longue de 92.2 mètres, ces petites frégates de 2050 tonnes mettront en oeuvre 8 missiles antinavire RBS-15 Mk3, 32 missiles ESSM tirés verticalement, un système surface-air RAM, un canon de 76 mm, quatre tubes lance-torpilles, un lance-roquettes anti-sous-marines et un hélicoptère.

 Frégate du type 125 (© : MER ET MARINE)
Frégate du type 125 (© : MER ET MARINE)

Actuellement, des versions de la nouvelle frégate du type 125 commandée par la Bundesmarine sont proposées à des clients potentiels, comme la Grèce ou l'Algérie. Livrables entre 2014 et 2017, ces unités de 143 mètres et 6800 tonnes embarqueront 8 missiles antinavire Harpoon, 2 systèmes RAM, 7 mitrailleuses de 12.7 mm et un canon de 127 mm. Elles sont spécialement conçues pour l'action vers la terre mais peuvent voir leur système de défense aérienne renforcé. TKMS dispose toutefois d'une plateforme spécialisée dans la lutte antiaérienne, la type 124, réalisée à trois exemplaires pour l'Allemagne et dotée de missiles SM-2 MR.

Corvette du type 130 (© : TKMS)
Corvette du type 130 (© : TKMS)

Toute une gamme de corvettes et d'OPV

Des variantes de la corvette du type 130 construite pour la marine allemande sont également proposées à l'export. Longues de 89 mètres pour un déplacement de 1650 tonnes, les corvettes allemandes peuvent embarquer des systèmes surface-air RAM, des missiles antinavire RBS-15, un canon de 75 mm et un hélicoptère (ou des drones). Sont également sortis des chantiers suédois du groupe les étonnantes corvettes de la classe Visby. Bénéficiant d'études sur la furtivité très poussées, les cinq bâtiments de ce type sont très difficilement détectables. La Visby avait d'ailleurs, en 2005, échappé aux radars de surveillance du détroit du Pas-de-Calais lors de son entrée en Manche.

Corvette du type Visby (© : TKMS)
Corvette du type Visby (© : TKMS)

L'ensemble de l'armement est soit intégré aux superstructures, soit, pour la pièce de proue (57 mm Bofors), développé avec un canon rétractable épousant la forme de la tourelle lorsque l'affût n'est pas déployé. Outre ce canon, les Visby, qui mesurent 72 mètres pour un déplacement de 650 tonnes, embarquent notamment 8 missiles RBS-15 et quatre tubes lance-torpilles, ainsi que des systèmes ALECTO/KAS 2000 (anti-sous-marin). Propulsée par quatre turbines à gaz, soit une puissance de 16 MW, les Visby atteignent la vitesse de 40 noeuds.

OPV du type Guardian (© : TKMS)
OPV du type Guardian (© : TKMS)

 OPV du type Sentinel (© : TKMS)
OPV du type Sentinel (© : TKMS)

SWATH (© : TKMS)
SWATH (© : TKMS)

Aux côtés des corvettes, TKMS a renforcé son offre en matière de patrouilleurs du type Offshore Patrol Vessels. C'est le cas, par exemple, des OPV de la classe Guardian et Sentinel, ou des catamarans conçus suivant le concept Small Waterplane Area Twin Hull (SWATH) et construits actuellement à Emden pour les douanes allemandes. Ces unités de 49 mètres et 1000 tonnes présenteront une faible surface de flottaison mais deux coques profondément immergée (9 mètres de tirant d'eau) ce qui permettra, selon le chantier, d'obtenir une excellente tenue à la mer, y compris par gros temps. Leurs livraisons sont prévues en mai et novembre 2009.

Le MHD 200 (© : TKMS)
Le MHD 200 (© : TKMS)

Bâtiments de projection : Plusieurs designs proposés

A l'instar de DCNS ou Navantia avec leurs BPC et BPE, TKMS a développé des bâtiments de projection destinés à mener des opérations aéroportées et amphibies, mais aussi à servir au transport opérationnel et aux missions d'évacuation ou de secours, par exemple suite à une catastrophe naturelle. Dans cette optique, le groupe allemand propose le Multi-Role Helicopter Dock. D'un déplacement de 20.000 tonnes, le MHD 200, par exemple, dispose d'une vaste plateforme dotée de six spots d'appontage pour hélicoptères lourds. Il dispose de 1000 mètres linéaires de garages dans ses ponts à véhicules et peut transporter 750 hommes de troupe. Développé aux normes civiles afin de réduire les coûts, ce bateau présente une maintenance limitée et ne serait armé que par un équipage de 160 marins. Une variante du MHD 200, le Multi-Role Expeditionary Support Helicopter Dock (MESHD) serait en outre doté d'installations développées de commandement afin de diriger une opération interarmées. La conception modulaire permettrait d'ajouter des modules suivant les missions.

Type 212A allemand (© : BUNDESMARINE)
Type 212A allemand (© : BUNDESMARINE)

Les principaux navires construits pour la marine allemande

Dans le domaine des sous-marins, l'Allemagne a commandé à TKMS six unités du type 212 A. Quatre sont maintenant en service et deux autres ont été commandés en 2006, ces derniers étant légèrement plus grands et mieux équipés (57.2 mètres contre 55.9 mètres et 1700 tonnes en surface contre 1500 tonnes). Ces navires disposent du système de propulsion en circuit fermé PERMASYN de Siemens (300 kW) avec 9 piles à combustible. Ce dispositif permet aux bâtiments, selon le constructeur, de franchir en plongée 3000 nautiques à 4 noeuds. L'armement des Type 212 comprend 12 torpilles lourdes DM-2 A 4 tirées depuis six tubes de 533 mm.

 Frégates du type 124 (© : TKMS)
Frégates du type 124 (© : TKMS)

La flotte antiaérienne a été renouvelée avec trois nouvelles frégates du type 124. La classe Sachsen compte trois bateaux de 143 mètres et 5600 tonnes en charge, livrés en 2004 et 2006. Elles sont dotées d'un système à lancement vertical VLS Mk41 avec 24 missiles SM-2 MR et 8 missiles ESSM-RIM 162B, 8 missiles antinavire Harpoon, deux systèmes surface-air RAM, une tourelle de 76 mm, deux canons de 27 mm, six tubes lance-torpilles et deux hélicoptères (Lynx puis NH 90). Côté électronique, les deux radars principaux, les APAR (radar multifonctions) et SMART-L (veille lointaine) sont fournis par Thales Nederland (TNL), de même que le système de combat (SEWACO FD).

Frégate du type 123 (© : BUNDESMARINE)
Frégate du type 123 (© : BUNDESMARINE)

Livrées entre 1994 et 1996, les quatre frégates de la classe Brandenburg (type 123) mesurent 138.9 mètres pour un déplacement de 5000 tonnes à pleine charge. Leur armement se compose de 4 missiles antinavire Exocet MM38, un système de lancement vertical VLS Mk41 Mod 3 avec 16 missiles à courte portée Sea Sparrow, deux systèmes RAM, une tourelle de 76 mm, deux canons de 27 mm, quatre tubes lance-torpilles et deux hélicoptères. La veille air est assurée par un radar LW-08 et la veille tridimensionnelle par un SMART-S, tous deux conçus par TNL.

Frégate du type 125 (© : TKMS)
Frégate du type 125 (© : TKMS)

La prochaine génération de frégates allemandes est dite de « stabilisation ». Commandées à TKMS en 2007, les quatre unités du type 125 sont destinées à remplacer les frégates du type 122 qui, malgré une nouvelle modernisation actuellement en cours, devront être retirées du service à partir de 2015. Les nouveaux bâtiments sont susceptibles de rester sur des théâtres éloignés pendant de longues périodes, deux équipages par navire se relayant tous les quatre mois. Livrables entre 2014 et 2017, ces unités de 143 mètres et 6800 tonnes embarqueront 8 missiles antinavire Harpoon, 2 systèmes RAM, 7 mitrailleuses de 12.7 mm et un canon de 127 mm. La mise en place d'une artillerie de 155 mm (MONARC), initialement prévue, a été abandonnée, de même que le projet de doter ces navires d'un lance-roquettes multiple. Ils pourraient, en revanche, recevoir à l'avenir des missiles de croisière Taurus (portée de 350 kilomètres). Côté électronique, les frégates du type 125 disposeront d'un radar de veille air TRS-3D (EADS) avec quatre antennes planes réparties sur les mâtures avant et arrière. Le système de veille infrarouge SIMONE (ship infra red monitoring observation and navigation equipment) de Diehl BGT Defence dispose quant à lui de deux modules de cinq capteurs placés de chaque bord sur les parois du hangar hélicoptère et de quatre modules monocapteurs placés sur l'abri de navigation et le mât arrière. L'ensemble offre une veille permanente à 360 degrés. Les contre-mesures comprennent, notamment, quatre lance-leurres MASS conçus par Rheinmetall. On notera que les bâtiments disposent de quatre embarcations rapides pour commandos (classe des 10 mètres) logées dans quatre niches, à raison de deux sur chaque bord. Les Type 125 sont également conçues pour déployer 12 drones Seefuchs de chasse aux mines.

Corvette du type 130 (© : TKMS)
Corvette du type 130 (© : TKMS)

Dans la catégorie des corvettes, destinées à remplacer les patrouilleurs lance-missiles déjà désarmés ou vendus - et qui avaient été conçus spécialement pour la Baltique -, trois des cinq unités du Type 130, commandées en 2001, seront opérationnelles d'ici début 2009. La tête de série, le Braunschweig, a été mise en service le 16 avril dernier, avec près d'un an de retard. En raison de leur tonnage beaucoup plus élevé, ces corvettes pourront se déployer plus aisément que les anciens patrouilleurs dans des zones lointaines. Longues de 89 mètres pour un déplacement de 1840 tonnes en charge, les Type 130 embarquent quatre missiles antinavire RBS-15 Mk3, 2 systèmes RAM, un canon de 76 mm et deux canons de 27 mm et disposent d'une capacité de mouillage de mines. Elles sont, par ailleurs, dotée d'une plateforme hélicoptère et d'un petit hangar pouvant abriter deux drones. Le remplacement du système RAM situé à l'arrière par un lance-leurres anti-torpilles TAÜ est prévu (deux lance-leurres MASS sont déjà en place). En matière d'électronique, le radar principal est un TRS-3D et le système de combat est dérivé du SEWACO FD des frégates du type 124. Pour remplacer les dix patrouilleurs lance-missiles du type 143A qui resteront en service jusqu'en 2015, une série de corvettes du type 131 pourrait être commandée dans les années à venir.

Thyssen Krupp Marine Systems (TKMS)