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TKMS ou Aker Yards France : Avec qui l'Etat veut-il marier DCNS ?

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TKMS ou Aker Yards France : Avec qui l'Etat veut-il marier DCNS ?

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Il commence à devenir difficile de s'y retrouver entre les déclarations et les annonces plus ou moins officielles. Alors que le 5 septembre, Nicolas Sarkozy posait, à Saint-Nazaire, la question du rapprochement entre les industries navales civiles et militaires françaises, le journal Les Echos indiquait, vendredi dernier, qu'un mariage entre DCNS et l'Allemand TKMS refaisait surface. En marge de la rencontre du président français et de la chancelière allemande ce week-end à Colombey-les-Deux-Eglises, les deux groupes auraient été invités à reprendre leurs discussions en vue d'un éventuel rapprochement.
L'idée d'un mariage de la navale franco-allemande, très en vogue jusqu'en 2004/2005, était par la suite retombé. Elections locales, nécessité de restructurer les deux groupes, problèmes au sein d'EADS, mauvaise presse de Thales outre-Rhin, poids du contrôle public en France... De nombreux facteurs avaient perturbé le projet. Faute d'avoir pu se rapprocher au début des années 2000, DCNS et TKMS ont, par ailleurs, développé des gammes concurrentes, non seulement au niveau des sous-marins (Scorpène, U214), mais aussi au niveau des frégates (FREMM, type 125), des corvettes (Gowind, type 130) et même des bâtiments de projection (BPC, MHD).

Le choix du nouveau patron de DCNS

Alors qu'en Allemagne, TKMS est en pleine restructuration, Thales est entré en 2007 dans le capital des anciens arsenaux à hauteur de 25% (avec possibilité de monter à 35%). L'Etat doit également gérer le problème des ex-Chantiers de l'Atlantique, vendus en 2006 par Alstom au groupe norvégien Aker Yards. Or, ce dernier a été avalé, cet été, par le Sud-coréen STX Shipbuilding. Face aux inquiétudes de voir ce fleuron industriel (co-réalisateur des BPC du type Mistral et chantier désigné pour la construction du second porte-avions) passer sous contrôle asiatique, l'Elysée a annoncé une prise de participation de 9% dans le capital d'Aker Yards France (filiale hexagonale d'Aker Yards), avec possibilité d'y ajouter les 25% encore détenus par Alstom jusqu'en 2010.
Alors que Nicolas Sarkozy remettait sur la table, le mois dernier, la possibilité de rapprocher les chantiers nazairiens avec DCNS, Patrick Boissier, ex-président d'Alstom Marine, semblerait aujourd'hui le candidat le mieux placé pour succéder à Jean-Marie Poimboeuf. Atteint par la limite d'âge, ce dernier quittera DCNS début janvier au plus tard. En dehors de Patrick Boissier, Jean-Georges Malcor, directeur général de Thales, serait en position de challenger. Toutefois, si le dossier franco-allemand revient vraiment au goût du jour, la candidature d'Hervé Guillou, d'EADS, pourrait aussi refaire surface.
Et puis, il n'est pas non plus exclu de faire un ménage à trois, Thyssen Krupp Marine Systems ayant, en dehors du militaire, une forte activité dans le secteur civil (construction de porte-conteneurs, refonte de navires de croisière...)
Reste que dans cet imbroglio politico-industrialo-financier très complexe, les salariés de DCNS comme d'Aker Yards ont bien du mal à entrevoir l'avenir. Si le choix du nouveau président de DCNS devrait donner une indication sur la suite des évènements, les jeux, comme les paris, semblent être, ou rester, ouverts...

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