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Total va transformer les raffineries de Donges et La Mède

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Total va transformer les raffineries de Donges et La Mède

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Le groupe pétrolier français a dévoilé hier en comité central d’entreprise un plan d’adaptation de son outil de raffinage en France. Le site de Donges sera préservé et modernisé afin d’adapter ses capacités à la production de carburants à faible teneur en soufre. Cela, dans le but de répondre, explique Total, « à l’évolution des spécifications européennes ». Quelques 400 millions d’euros vont être investis dans de nouvelles unités de raffinages sur le site, implanté près de Saint-Nazaire. Pour permettre cette évolution destinée à restaurer la rentabilité de Donges, il est impératif de détourner la voie ferrée historique (ligne Nantes – Le Croisic) qui passe au milieu des installations. Le chantier coûtera 150 millions d’euros, dont un tiers sera pris en charge par Total, qui pense aboutir à un accord avec l’Etat, les collectivités locales et la SNCF d’ici la fin de l’année.

La Mède transformée en bio-raffinerie

Concernant La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, le groupe a décidé d’y cesser le raffinage de brut d’ici la fin 2016. En lieu et place, 200 millions d’euros seront investis pour transformer le site et y créer la première grande bio-raffinerie française, qui traitera des huiles végétales au lieu du pétrole. Total entend, ainsi, répondre à la demande croissante en biodiesels et se positionner fortement sur ce marché. « Total veut non seulement être un grand major du pétrole et du gaz mais aussi, demain, être un grand des énergies renouvelables dans le solaire et dans la biomasse au travers des biocarburants », souligne Patrick Pouyanné, directeur général de Total.

178 suppressions de postes et des sous-traitants menacés

Sur le front de l’emploi, Donges, qui compte 680 salariés, verra ses effectifs maintenus. En revanche, La Mède va perdre 178 postes sur 430 actuellement. Il n’y aura toutefois pas de licenciement sec ni de mobilité géographique contrainte pour les salariés non cadres, assure Total. Selon les syndicats, les postes supprimés à La Mède concernent 68 départs à la retraite, 26 mobilités et 84 reclassements. En revanche, la sous-traitance devrait être impactée, quelques 250 emplois étant semble-t-il menacés par le plan de restructuration.

Celui-ci ne touche par les trois autres raffineries exploitées dans l’Hexagone par Total : Gonfreville (Haute-Normandie), Grandpuits (Seine-et-Marne) et Feyzin (Rhône) qui, explique le groupe, « ont démontré en 2013 et 2014 leur résistance face à un environnement économique dégradé et leur capacité à dégager des résultats positifs durables ».

S’adapter à la crise du raffinage

Depuis cinq ans, Total réduit ses capacités de raffinage en raison de la baisse significative de la consommation de produits raffinés en Europe, où les volumes ont baissé de 15% depuis 2008. « Cette tendance à la baisse est structurelle car elle résulte des efforts d’efficacité énergétique et de la moindre consommation des véhicules dans le cadre des engagements pris par l’Europe de réduire ses émissions de CO2 », précise le groupe, qui a notamment cessé cette activité à la raffinerie des Flandres en 2010.

Malgré les mesures déjà prises, la surcapacité demeurait en France. Les sites de Donges et La Mède, qui accusent de fortes pertes, de l’ordre de 50 millions d’euros par an en Loire-Atlantique et de 100 millions dans les Bouches-du-Rhône, sont donc à leur tour amenés à évoluer pour assurer leur pérennité. « Face à la crise que connait le raffinage européen, il y a trois attitudes possibles. La première, la facilité, c’est de jeter l’éponge. La deuxième, l’immobilisme, c’est de ne rien faire et de disparaitre. La troisième, c’est d’innover et de se réinventer pour répondre aux évolutions de la demande. L’idée force de notre plan pour le raffinage de Total en France est de remettre nos activités industrielles, notre offre, en phase avec l’évolution des marchés. Le plan que nous présentons apporte des solutions durables pour les raffineries de Donges et La Mède. Il vient redonner un futur à ces deux sites industriels et renforce ainsi les perspectives de l’outil de raffinage de Total en France », explique Patrick Pouyanné, qui estime que l’avenir des deux sites est assuré « à l’horizon 2025/2030 »

Total Port de Nantes Saint-Nazaire