Défense
Toulon : grave incendie à bord du SNA Perle (actualisé)

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Toulon : grave incendie à bord du SNA Perle (actualisé)

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Actualisation : Ce vendredi soir, à 21H40, la préfecture maritime de la Méditerranée a annoncé que le feu à bord de la Perle a enfin été maîtrisé, « suite au remplissage des fonds en tranche avant par de la mousse, et intervention des équipes de marins-pompiers. La recherche d'éventuels autres foyers se poursuit, les compartiments de propulsion n'ont pas été touchés ». L'incendie a finalement été considéré comme éteint à OOH50. Il aura donc fallu 14 heures pour en venir définitivement à bout. 

Voici le communiqué diffusé ce samedi matin peu avant 8 heures par la préfecture maritime de la Méditerranée : 

 

Ce 13 juin 2020, l’incendie à bord du SNA Perle a été éteint à 00h50, après plus de 14 heures d’une lutte qui a mobilisé une centaine de pompiers et plus de 150 personnes en soutien.

Grâce à l’intervention coordonnée par le vice-amiral d’escadre Isnard, commandant d’arrondissement maritime Méditerranée en lien avec la Préfecture du Var, aucun blessé n’est à déplorer.

La lutte contre l’incendie a vu s’engager les marins-pompiers de la Base navale de Toulon, les pompiers du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Var, le Bataillon des marins-pompiers de Marseille et les équipages des autres sous-marins, de l’état-major de l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et de l’Ecole de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire (ENSM-BPN).

L’incendie a eu lieu alors que le SNA Perle était en arrêt technique depuis le 13 janvier 2020 dans un bassin de la base navale de Toulon.

Le risque nucléaire lié au combustible nucléaire est nul, ce dernier ayant été retiré dans le cadre de l’arrêt technique. Il n’y a pas d’armes (missiles, torpilles, munitions), ni de batteries à bord.

Florence Parly, ministre des armées, salue l’engagement des forces dans la lutte contre le sinistre et se rendra, accompagnée de l'Amiral Prazuck, chef d'état-major de la Marine, à leurs côtés aujourd’hui à Toulon.

Le sinistre s’est déclaré peu après 10H30 ce matin dans la partie avant du sous-marin nucléaire d’attaque Perle. Le bâtiment, qui fait l’objet d’un arrêt technique majeur actuellement, se trouve en cale sèche dans la zone des bassins Missiessy et n’a heureusement plus aucune arme ni combustible nucléaire et batteries à bord. Dès que l’alerte a été donnée, le SNA, où se trouvait une quarantaine de personnes, pour l'essentiel de Naval Group, a pu être évacué. Il n’y a pas de blessés, précise la préfecture maritime de la Méditerranée. « A bord du SNA Perle, les équipes spécialisées continuent à lutter contre le sinistre afin de le circonscrire par tous les moyens disponibles », précisait celle-ci à 17H30. A 19H15, les opérations étaient toujours en cours, les pompiers progressant pas à pas sans que le feu soit encore éteint. Celui-ci s’est déclaré dans les fonds de la tranche avant, à l'aplomb du kiosque du bâtiment, sans que l’on sache encore sur quelle surface précisément il s’est étendu, entre le poste de conduite navigation opération (PCNO) et la tranche avant accueillant les tubes lance-torpilles. La partie avant comprend également le compartiment des équipements auxiliaires (dans la partie basse de la coque, là où le feu se serait déclaré), des logements et la cuisine. Protégé par une cloison très épaisse, le compartiment de la chaufferie nucléaire, sur la partie arrière, n'a en revanche pas été touché selon la marine.

 

Les pompiers intervenant sur la Perle ce vendredi (© : MARINE NATIONALE)

Les pompiers intervenant sur la Perle ce vendredi (© : MARINE NATIONALE)

 

Sont mobilisés sur place près d’une centaine de pompiers qui interviennent dans le sous-marin et à l'extérieur pour refroidir la coque. Il y a là les marins-pompiers de la base navale de Toulon, qui ont déployé un bateau-pompe alimentant toutes les manches à incendie. Ils ont reçu des renforts des pompiers du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Var ; ainsi que celui d’une trentaine de militaires du Bataillon des marins pompiers de Marseille avec 11 véhicules spécialisés (appui robotisé, intervention à bord des navires..). « Une dizaine de marins de l’Escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (ESNA) apporte un soutien technique aux marins-pompiers intervenant à bord, notamment la mise en place de moyens d’alimentation en eau et accompagnement dans le sous-marin des marins-pompiers intervenant à bord. Les équipages des autres sous-marins et de l’Ecole de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire (ENSM-BPN) assurent les moyens de protection depuis le quai et constituent un réservoir de forces d’intervention », précise encore la Premar. A 20 heures, on constatait sur les hauteurs de Toulon une diminution du dégagement de fumée dans la zone Missiessy, où l'incendie était encore bien visible une heure plus tôt. 

 

La zone de Missiessy à 20H, la fumée ayant alors bien diminué  (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)

La zone de Missiessy à 20H, la fumée ayant alors bien diminué  (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)

La Perle en avril 2018 (© : FRANCIS JACQUOT)

La Perle en avril 2018 (© : FRANCIS JACQUOT)

 

Sixième et dernière unité du type Rubis, la Perle est en service depuis 1993 et doit le rester jusqu’à son remplacement par le dernier des six nouveaux SNA de la classe Suffren, dont la livraison est prévue en 2029. La Perle a, dans cette perspective, débuté cet hiver son ultime arrêt technique majeur (ATM), un chantier décennal comprenant la révision complète des installations et équipements du sous-marin, des modernisations de systèmes, le carénage et la vérification de la coque épaisse, ainsi que le rechargement de son cœur nucléaire. Ces travaux de grande ampleur, dont la durée est habituellement de 18 mois mais qui ont été retardés du fait de la crise sanitaire, mobilise des centaines de personnes, collaborateurs de Naval Group et sous-traitants. Alors que les opérations à bord avaient cessé pendant le confinement, l’essentiel des équipements avait pu être débarqué avant la mi-mars, ce qui a permis de poursuivre dans les ateliers toutes les réparations et maintenances prévues. Quant au déchargement du combustible de la chaufferie, une opération très lourde qui prend plusieurs semaines et doit impérativement être menée à son terme quand elle est lancée, elle n’a pu être réalisée qu’après le déconfinement et la reprise du travail à bord. Elle s’est achevée il y a une quinzaine de jours.

On ne connait pas encore les circonstances qui ont conduit au départ du feu, dont la propagation a été probablement facilitée par la situation du sous-marin en plein travaux, là où les planchers sont par exemple remplacés par des planches de bois. Compte tenu de la durée du sinistre, il est cependant à craindre que les dégâts soient très lourds, notamment sur les réseaux électriques et d'autres fluides, sans parler des effets de la chaleur sur la coque. L'intervention des pompiers est d'autant plus difficile que l'espace est très confiné et encombré sur ce bâtiment d'à peine 74 mètres de long pour 7.6 mètres de diamètre. Il reste maintenant à savoir si le bâtiment est récupérable. 

Florence Parly, ministre des Armées, est attendue ce samedi Toulon. 

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