Défense
Toulon : Inauguration des nouveaux appontements FREMM

Actualité

Toulon : Inauguration des nouveaux appontements FREMM

Défense

Le vice-amiral d’escadre Denis Béraud, major général de la marine, a présidé le 18 mai la cérémonie d’inauguration des nouveaux appontements construits le long du quai Noël, à Toulon. Deux infrastructures (CA1 et CA2), longues de 180 mètres pour une largeur de 17 mètres, ont pour le moment été construites. Elles offrent quatre postes à quai et serviront à accueillir les nouvelles frégates multi-missions (FREMM) de la Marine nationale, dont un exemplaire, le Languedoc, est venu s’amarrer pour la première fois au CA1 à l’occasion de son inauguration. En dehors des FREMM, dont trois unités seront basées à Toulon à partir de cet été (Languedoc, Auvergne et Provence) et deux autres (Alsace et Lorraine) attendues en 2021 et 2022, les nouveaux appontements serviront à accueillir les cinq frégates du type La Fayette (FLF) puis les futures frégates de taille intermédiaire (FTI). Une troisième ligne d’accostage, appelée CA3, sera construite afin d’accueillir les nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH) ainsi que la batellerie de la Flotille amphibie. Les travaux doivent débuter en mars 2019 en vue d’une livraison en avril 2020. On notera que l’appontement CA3 sera plus petit que les CA1 et CA2 (respectivement livrés en le 22 février et le 19 avril derniers), avec une longueur de 157 mètres et une largeur de 7 mètres.

 

Le Languedoc arrivant au CA1 le 18 mai (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le Languedoc arrivant au CA1 le 18 mai (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Cérémonie d'inauguration le 18 mai (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Cérémonie d'inauguration le 18 mai (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Inauguration du CA1 par le MGM et le directeur de l'ESID de Toulon (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Inauguration du CA1 par le MGM et le directeur de l'ESID de Toulon (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Le chantier, supervisé par le l’Etablissement du Service des infrastructures de la Défense (ESID), porte également sur la réalisation de différents réseaux (haute tension, basse tension, courant faible, air comprimé, eau, eaux usées, hydrocarbures et carburéacteur de type TR5), ainsi qu’un mur chasse-mer entre chaque ligne d’accostage. La fonction de ces derniers est de protéger les installations situées en arrière du quai Noël en empêchant sa submersion en cas de fort clapot. Ces murs chasse-mer, associés au remaniement du quai, s’étaleront sur un linéaire de 381 mètres (164 mètres pour la CA1, 117 pour le CA2 et 100 pour le CA3).

Contrairement au nouvel appontement FREMM réalisé pour la base navale de Brest, ceux de Toulon ne sont pas flottants mais fixes, solution retenue puisque contrairement à la façade atlantique, le marnage en Méditerranée est négligeable.  

 

Le Languedoc au CA1 le 18 mai (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le Languedoc au CA1 le 18 mai (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

 

Un chantier complexe

Notifié en mai 2013 pour un montant de 34.6 millions d’euros, comprenant les études, le chantier et la maintenance des nouveaux ouvrages pendant 7 ans, le programme a débuté par un dragage de la zone à 8.7 mètres, afin de disposer d’une profondeur suffisante pour le tirant d’eau des FREMM (7.5 mètres avec dôme sonar).

Une phase préparatoire importante mais aussi complexe, du fait notamment de la présence, dans les fonds de la rade de Toulon, de nombreux vestiges historiques. Il faut en effet se rappeler que le port a subi de lourds bombardements à la fin de la seconde guerre mondiale, sans compter les restes des bâtiments coulés lors du sabordage de la flotte, en novembre 1942. Situé sur l’îlot Castigneau, le quai Noël accueillait alors de nombreux contre-torpilleurs et torpilleurs des Forces de Haute Mer. Le dragage a donc nécessité une intervention dans un cadre strict, tant d’un point de vue environnemental que pyrotechnique, car l'ESID comme la Marine nationale étaient certains de tomber sur des débris métalliques, des polluants (comme des restes de soutes), mais aussi un nombre plus ou moins important d'explosifs historiques enfouis dans la vase. Avec le risque de découvrir différents types d’engins, comme des obus, bombes, mines, torpilles ou encore grenades sous-marines. Ce qui fut effectivement le cas.

 

Barge de support de plongeurs pendant les travaux de dragage en 2013 (© : MER ET MARINE - JL VENNE)

Barge de support de plongeurs pendant les travaux de dragage en 2013 (© : MER ET MARINE - JL VENNE)

 

 

5600 m3 de matériaux dragués, dont des bombes

Cette phase des travaux a permis d’évacuer 5600 m3 de matériaux, comprenant principalement 2800 tonnes de sédiments, essentiellement composés de vase. Mais il y a aussi eu 485 tonnes de charbon, 160 tonnes de déchets industriels (bois, plastiques, pneus...), 25 tonnes de métaux (tôles, tuyaux, poutres métalliques...) et 200 mètres de chaînes mères (chaînes qui étaient installées au fond de l’eau pour l’amarrage des navires). Sur le plan pyrotechnique, ce furent finalement 600 objets qui ont été remontés à la surface, pour la plupart des obus, cartouches et pétards de démolition (utilisés notamment pour couler les bateaux et détruire leurs équipements lors du sabordage). Mais il y avait aussi, au fond de cette zone de la base navale, une bombe américaine de 1000 livres (soit 256 kg/ équivalent TNT).

 

Le chantier du CA1 le 26 avril 2017 (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le chantier du CA1 le 26 avril 2017 (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

La construction des appontements

Une fois le site dragué et dépollué, tous les matériaux remontés étant traités selon leur nature, les travaux de construction des appontements ont pu débuter. L’édification du CA1 a commencé le 4 juillet 2016 et celle du CA2 le 7 novembre de la même année. Le chantier a consisté, dans un premier temps, à installer d'imposants pieux destinés à soutenir les futurs appontements. Les opérations de battage ont été menées depuis le quai Noël et via des barges, avec trois rangées de 16 pieux par ouvrage, espacées longitudinalement de 7.5 mètres. Chaque pieu, long de 43 mètres, fut au moyen de la technique de « vibrofonçage » enfoncé d’une trentaine de mètres dans le sous-sol de la rade. Des poutres transverses (tous les 7.5 mètres) ont ensuite été installées sur la partie émergée des pieux, avant de couler les prédalles et corniches en béton, puis la dalle de compression.

 

Phases de construction et vue de coupe d'un appontement (© : ESID)

Phases de construction et vue de coupe d'un appontement (© : ESID)

 

Le chantier du CA2 le 26 avril 2017 (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le chantier du CA2 le 26 avril 2017 (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le chantier du CA1 le 26 avril 2017 (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le chantier du CA1 le 26 avril 2017 (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le chantier du CA1 le 26 avril 2017 (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le chantier du CA1 le 26 avril 2017 (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Meilleure gestion des bâtiments à quai dans la base navale

Grâce à ces nouvelles lignes d’accostage, la base navale dispose d’ouvrages modernes et adaptés à l’accueil de ses unités de nouvelle génération. Avec globalement des bâtiments plus gros que leurs aînés et nécessitant donc plus de place. Les appontements du quai Noël permettront aussi de soulager la zone de Milhaud (qui accueille notamment le porte-avions Charles de Gaulle et les BPC du type Mistral), où la place est limitée et qui est souvent pleine. La CA1 et CA2 offrent donc des capacités supplémentaires et redonneront de la souplesse dans la gestion des unités à quai, mais aussi dans le cadre de futurs travaux de maintenance et de modernisation des quais les plus anciens.

 

Le Languedoc au CA1 le 18 mai (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le Languedoc au CA1 le 18 mai (© : MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française