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Toulon : Le remorqueur de la SNRTM en arrêt technique

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Toulon : Le remorqueur de la SNRTM en arrêt technique

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Le Toulonnais XVII, unique gros remorqueur civil désormais exploité dans le port varois par la Société Nouvelle de Remorquage et de Travaux Maritimes, a été mis au sec mercredi par l’élévateur à bateaux du chantier IMS Shipyard de Saint-Mandrier. Construit en Italie en 1988 et repris par la SNRTM, qui l’a mis en service en janvier 2011 (voir notre reportage à l'époque), le navire de 27 mètres de long pour 9 mètres de large affiche une capacité de traction au point fixe de 45 tonnes. Il effectue son premier arrêt technique « quinquennal » depuis son arrivée à Toulon. Objectif : renouveler son certificat de classe (BV) avec notamment vérification des ballasts et mesures d’épaisseurs de tôle, la mise au sec étant également l’occasion d’effectuer un carénage, sachant que le Toulonnais XVII bénéficie habituellement d’une maintenance tous les 28 mois. Les travaux, réalisés par les équipes techniques de la SNRTM, doivent durer trois à quatre semaines.

 

Le Toulonnais XVII (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Toulonnais XVII (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

 

Le Toulonnais XVII mis au sec mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Toulonnais XVII mis au sec mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

 

Le Toulonnais XVII mis au sec mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Toulonnais XVII mis au sec mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

La faible activité rend l'achat d'une nouvelle coque difficile

Pendant cette période, le port de Toulon est donc privé de son unique remorqueur civil, ce qui soulève la problématique de disposer d’au moins deux coques afin d’assurer une permanence, sachant que les remorqueurs de la Marine nationale peuvent aussi intervenir en cas de besoin. C’est un souhait de l’autorité portuaire et la SNRTM réfléchit à l’acquisition d’une nouvelle unité, d’autant que le vénérable Toulonnais XVI, qui date de 1967, a été mis à l’arrêt il y a trois mois.

 

Le Toulonnais XVI et le Toulonnais XVII en 2015 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Toulonnais XVI et le Toulonnais XVII en 2015 (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

Toutefois, explique Eric Arnal, directeur général de la SNRTM, cet investissement n’est pas évident à réaliser dans le contexte actuel : « Nous voudrions investir dans un autre remorqueur mais une coque neuve c’est 7.5 millions d’euros et ce n’est pas possible de l’amortir compte tenu de l’activité que nous avons aujourd’hui avec le port. Nous avons trop peu de travail pour cela ». Alors que l’armateur U.N. Ro-Ro avec son service roulier vers la Turquie constitue le principal client de la société dans le port de commerce, où le Toulonnais XVII est aussi amené à travailler avec les navires de Corsica Ferries, le marché des paquebots n’est pas si intéressant que cela. Contrairement à certains ports, Toulon n’impose pas aux navires de croisière de prendre un remorqueur d’escorte. De plus, souligne Eric Arnal, « les paquebots sont pour la plupart autonomes dans leurs manœuvres, sauf quand le vent est trop fort ». Les interventions sont donc limitées, sans compter le fait que les escales liées à la croisière sont en baisse à Toulon. Comme d’autres acteurs économiques locaux, la SNRTM a également vu s’envoler le gros marché du transport de roches pour le chantier d’extension de Monaco, Jan de Nul et Bouygues s’étant retirés et ayant été remplacés par une société italienne, qui effectue le travail depuis Imperia et non Toulon comme prévu initialement. Le port varois conserve seulement le retraitement de boues de dragage extraites de la principauté et convoyées plusieurs fois par semaine par des navires qui n’ont pas besoin d'assistance.

Au final, l’activité remorquage de la SNRTM ne représente, tous types de navires confondus, que 200 à 250 heures par an. « Dans ces conditions, amortir l’achat, l’armement et la maintenance d’un deuxième remorqueur est très compliqué. La solution serait de réaliser une excellente affaire sur le marché de l’occasion. Nous voudrions un autre bateau comme le Toulonnais XVII mais il n’y en a pas de disponible actuellement ». La société reste donc vigilante pour saisir une opportunité, si elle se présente, tout en réfléchissant à de potentielles alternatives.  

Une nouvelle vedette à passagers attendue en 2018

Si le développement de la SNRTM reste donc pour le moment contraint dans le domaine du remorquage, compte tenu des besoins réduits du port et de la présence des moyens de la base navale, qui interviennent en complément du Toulonnais XVII, la société investit en revanche dans l’une de ses autres activités. Il s’agit du transport de passagers, pour lequel le groupe familial, créé en 1968, a commandé au chantier Transmetal Industries (TMI) de Saint-Mandrier une nouvelle vedette. Prévue pour entrer en service mi-2018, la future Méditerranée XIV sera exploitée dans un premier temps entre Hyères et Port-Cros, en complément de l’Amour des îles XIV, avant de remplacer cette vedette.  

 

Ports de Toulon et La Seyne-sur-Mer