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Toulon : Les ATM s’enchaînent pour les frégates du type La Fayette

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Toulon : Les ATM s’enchaînent pour les frégates du type La Fayette

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Après le Surcouf et le Guépratte en 2017 et 2018, la frégate La Fayette vient de sortir d’arrêt technique majeur. Le bâtiment, qui a été remis le 11 janvier à la Marine nationale, avait vu sa période de grande maintenance débuter le 20 août, avec un passage en cale sèche du 12 octobre au 13 décembre. Les travaux ont été conduits à Toulon par les Chantiers de l’Atlantique, en charge depuis 2017 du maintien en condition opérationnelle des cinq frégates du type La Fayette (FLF), dont le MCO était auparavant assuré par Naval Group, concepteur et constructeur de ces bâtiments mis en service entre 1996 et 2001.

 

 

Cela va maintenant être au tour du Courbet de passer en arrêt technique majeur, prévu entre février et mai. Rentrée à Toulon le 5 décembre après un déploiement de quatre mois et 26.000 milles parcourus en Méditerranée, mer Rouge, océan Indien et golfe Persique, la frégate est revenue à sa base varoise dans un état extérieur très dégradé.

 

 

Le Courbet  à son retour à Toulon début décembre (©  JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le Courbet  à son retour à Toulon début décembre (©  JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Il faut dire que si les FLF sont des bateaux robustes et considérés comme très bien construits et entretenus, les coulées de rouille ont facilement tendance à se développer entre l’acier et les importantes parties en composite des superstructures. Parallèlement, les marins s’occupent beaucoup moins qu’autrefois des travaux de peinture quand les navires sont en activité, et lorsqu’ils le font à l’occasion par exemple d’escales ce n’est pas forcement avec le même produit. D’où parfois certaines disparités dans les couleurs.  

Quoiqu’il en soit, l’ATM du Courbet va justement permettre de repeindre entièrement les œuvres mortes du bâtiment, dont la carène est enduite d’une peinture à la silicone conçue pour résister une dizaine d’années mais qui nécessite quelques reprises à chaque arrêt technique. Le Courbet va par ailleurs bénéficier d’une visite de la plupart de ses grands équipements, un remplacement de ses deux lignes d’arbres, des travaux de structure et de nombreuses interventions sur les emménagements intérieurs, comme la réfection des cuisines. Quant aux interventions liées à l’armement, l’électronique et les communications, elles sont du ressort de Naval Group dans le cadre du contrat FRG15.

Après le Courbet, ce sera au tour de l’Aconit d’entrer en ATM à la fin de cette année. Les Chantiers de l’Atlantique auront alors achevé les cinq arrêts techniques majeurs prévus par le contrat de MCO, qui s’entend sur cinq ans (2017-2022) et comprend aussi 18 arrêts techniques intermédiaires (ATI).

 

Le Surcouf à sa sortie d'ATM fin 2017 (©  MARINE NATIONALE)

Le Surcouf à sa sortie d'ATM fin 2017 (©  MARINE NATIONALE)

 

En général, chaque bâtiment connait deux ATI, espacés chacun d’un an, avant de bénéficier d’un ATM, dont la durée est habituellement de quatre mois environ. On notera que sur deux FLF, dont les noms ne sont pas encore actés, les ATI prévus en 2021 et 2022 seront prolongés par des travaux de rénovation à mi-vie (RMV). Pilotés par Naval Group, ceux-ci verront notamment l’ajout d’un sonar de coque, le remplacement du système surface-air Crotale par deux Sadral et une modernisation des moyens électroniques et du système de combat. Cela entrainera une immobilisation totale de huit mois (ATI+RMV) pour chaque bâtiment modernisé. Une troisième frégate doit bénéficier d’un chantier similaire en 2023.

L’ensemble du MCO des FLF est pour mémoire conduit depuis Toulon, où les Chantiers de l’Atlantique disposent d’une équipe de 23 collaborateurs et s’appuient sur les sous-traitants locaux, ce qui représente 150 à 200 personnes pendant les arrêts techniques majeurs. L’industriel, qui conduit là son premier marché de maintenance sur des unités de combat de la Marine nationale, s’occupe également, dans la base varoise, du MCO des trois porte-hélicoptères amphibies (ex-BPC) du type Mistral.

 

Le BPC Dixmude en cale sèche à Toulon en 2016 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le BPC Dixmude en cale sèche à Toulon en 2016 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Saint-Nazaire aussure aussi le MCO des BPC, BEM et FS

Un contrat en cotraitance avec Naval Group d’une durée de 7 ans décroché en 2015. De février à juin 2018, le Mistral a notamment bénéficié d’un important arrêt technique majeur, avec en particulier l’ajout d’un second propulseur d’étrave et la mise en place d’un deuxième système d’aide à l’appontage IPD à l’arrière, complétant un premier dispositif à l’avant. Les énormes ballasts du bâtiment, livré en 2006, ont également été refaits, avec grenaillage et remise en peinture, ce qui a nécessité la création d’une trentaine de brèches dans la coque. Naval Group, de son côté, a effectué différentes interventions sur le système d’armes, dont la mise en place de deux canons télé-opérés Narwhal qui ont succédé aux affûts manuels de 20mm. Cette amélioration de l’autodéfense avait été conduite en 2016 et 2017 sur le Tonnerre et le Dixmude. Alors que ce dernier compte d’origine un second propulseur d’étrave, le premier en sera à son tour doté en 2021.

Alors que les Chantiers de l’Atlantique assurent aussi, depuis 2016, le MCO du bâtiment d’essais et de mesure Monge, à Brest, l’entreprise nazairienne a été retenue en 2018 par le Service de Soutien de la Flotte pour la maintenance des six frégates de surveillance du type Floréal, basées aux Antilles, à La Réunion, en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie. Les FS comme le BEM sont des navires qui avaient été construits à Saint-Nazaire, le chantier ayant aussi participé à la réalisation des PHA/BPC (partiellement sur les deux premiers et entièrement sur le troisième). 

 

LE BEM Monge (© MICHEL FLOCH)

LE BEM Monge (© MICHEL FLOCH)

La FS Floréal à La Réunion (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

La FS Floréal à La Réunion (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Les futurs bâtiments ravitailleurs

Il sera de même pour les trois à quatre nouveaux bâtiments ravitailleurs de forces (BRF) qui seront réalisés dans le cadre du programme FLOTLOG, dont la notification est attendue en ce début d’année. Les trois premiers devraient être à la mer en 2023 et 2025. Ils seront basés à Toulon et entretenus par les Chantiers de l’Atlantique et Naval Group dans le cadre d’un contrat de MCO probablement quinquennal inclut dans la commande de ces futurs navires.

 

Marine nationale Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)