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Toulon : première escale roulière depuis le départ de DFDS
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Toulon : première escale roulière depuis le départ de DFDS

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Le roulier maltais Sea Amazon, de l’armement grec MCCL, a réalisé les 5 et 6 janvier une escale au port de Brégaillon, à La Seyne-sur-Mer, afin d’y débarquer des véhicules neufs. Il s’agit de la première escale roulière dans la rade de Toulon depuis la décision de DFDS de fermer la ligne régulière vers la Turquie qu’avait développée depuis 2011 l’armateur turc U.N. Ro-Ro. Alors que ce dernier a été racheté à l’été 2018 par le groupe danois, les liaisons se sont interrompues début octobre, DFDS choisissant de déménager le point de chute français de cette liaison à Sète.

Depuis, la place portuaire toulonnaise cherche à attirer de nouvelles activités, les démarches commerciales du port, de la CCI et des opérateurs commençant donc à payer. Le Sea Amazon est ainsi venu à Brégaillon pour le compte du logisticien GEFCO, afin de débarquer 406 utilitaires Citroën. Des véhicules neufs chargés dans le port italien de Salerne et qui proviennent de l’usine Sevel de Val di Sangro, créée en 1978 et détenue à parité par le groupe italien Fiat et son homologue français PSA.

 

Le Sea Amazon à Brégaillon le 6 janvier (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le Sea Amazon à Brégaillon le 6 janvier (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Faire de Brégaillon une plateforme multi-services

Pour l’heure, il s’agit d’un « one shot » mais les acteurs portuaires de Toulon espèrent bien que cette expérience fera des petits. « Cette escale n’est pas le fruit du hasard, elle résulte des démarches commerciales et du travail d’équipe accompli depuis le départ brutal de DFDS avec les opérateurs de terrain pour développer de nouveaux trafics à Brégaillon », explique-t-on à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Var. Avec comme objectif, cette fois, de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. « Il s'agit de développer une stratégie multiservices et ne plus être mono-client, nous travaillons donc sur plusieurs pistes de développement. Brégaillon s’y prête parfaitement car c’est une zone portuaire très flexible qui permet de proposer des services sur mesure et de répondre à des besoins très variés grâce à ses installations ro-ro et ses grues ».

 

Le Sea Amazon à Brégaillon le 6 janvier (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le Sea Amazon à Brégaillon le 6 janvier (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Connection ferroviaire et aménagement du port

Dès cette année, le port de commerce de La Seyne-sur-Mer va, de plus, être de nouveau connecté au réseau ferroviaire national, ce qui ouvre d’intéressantes perspectives en matière de transport multimodal pour atteindre le cœur de la France et de l’Europe. « Cette connexion ferroviaire est extrêmement importante pour favoriser le développement de nouveaux trafics, alors que nous avons aussi achevé notre programme de travaux sur Brégaillon ». Le port a, ainsi, vu la réfection de sa chaussée lourde, ses parkings ont été re-goudronnés et la zone internationale a été ré-aménagée avec une nouvelle porte d’accès et un bureau de douane. Un environnement propice à l’arrivée de nouveaux trafics. Sont notamment visés le marché des véhicules, mais aussi les colis lourds et pourquoi pas à terme une nouvelle ligne Ro-pax, plus orientée sur le fret du fait des contraintes liées aux espaces pyrotechniques de la marine. Ceux-ci ne sont pas dérangeants pour le trafic de marchandises mais imposent des limitations quant au nombre de personnes pouvant fréquenter simultanément la zone. Il ne sera par exemple pas possible de voir un ferry y débarquer et embarquer des centaines de passagers. En revanche, Brégaillon pourrait accueillir des fréteurs qui transportent moins de passagers et plus de véhicules. Des réflexions ont débuté à ce sujet avec la préfecture maritime pour voir comment un tel trafic pourrait être organisé.

 

Ports de Toulon et La Seyne-sur-Mer