Défense
Toulon : une nouvelle vigie au Cap Cépet

Reportage

Toulon : une nouvelle vigie au Cap Cépet

Défense

Depuis 142 ans, juchée sur les hauteurs de Saint-Mandrier, elle veille sur les approches maritimes de Toulon et surveille tous les navires qui entrent et sortent de la rade. Armée par la Marine nationale, la vigie du Cap Cépet vient de faire peau neuve. Après 18 mois de travaux, conduits par l’Etablissement du Service d’Infrastructures de la Défense (ESID) de Toulon, le nouveau site a été officiellement inauguré le 2 mai par l’amiral Charles-Henri du Ché, préfet maritime et commandant de la zone maritime Méditerranée.

 

 

Cérémonie d'inauguration de la nouvelle vigie le 2 mai (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Cérémonie d'inauguration de la nouvelle vigie le 2 mai (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Construite de 1862 à 1877 sur le point culminant de la presqu’île de Saint-Mandrier, avec une vue dégagée et spectaculaire à 150 mètres au-dessus de la mer, la vigie avait été rénovée en 1986-87. Trente ans plus tard, il était devenu impératif de moderniser le bâtiment et ses moyens. Les travaux, très lourds, on vu l’édifice en bonne partie reconstruit. La tour a été relevée de trois mètres et l’ancienne passerelle remplacée par une nouvelle structure, dotée d’équipements modernes et qui dans cette position plus haute améliore la portée des appareils de veille optique. Grâce à cette modification, mais aussi à la mise à niveau des systèmes de détection (optique et radar notamment), les capteurs du Cap Cépet bénéficient d’une élongation de près de 30% de leur capacité de veille et de surveillance au large. Le Centre Interarmées des Réseaux d’Infrastructures et des Systèmes d’Information (CIRISI) s’est quant à lui chargé de l’installation du nouveau « système nerveux » de la vigie. Parallèlement, les locaux-vie du personnel affecté à la vigie ont été rénovés, permettant d’offrir des conditions d’hébergement aux standards actuels.

 

Dans la passerelle de la nouvelle vigie (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Dans la passerelle de la nouvelle vigie (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Vue depuis la passerelle de la nouvelle vigie (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Vue depuis la passerelle de la nouvelle vigie (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

 

Pendant toute la durée des travaux, la veille opérationnelle a été maintenue grâce à une structure provisoire perchée à 12 mètres de hauteur et qui a accueilli pendant un an et demi une passerelle de veille temporaire avec tous les équipements de surveillance maritimes.

 

La vigie est située sur les hauteurs de Saint-Mandrier, ici avant rénovation (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

La vigie est située sur les hauteurs de Saint-Mandrier, ici avant rénovation (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

La vigie est située sur les hauteurs de Saint-Mandrier, ici avant rénovation (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

La vigie est située sur les hauteurs de Saint-Mandrier, ici avant rénovation (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Pendant les travaux de rénovation avec la passerelle temporaire (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Pendant les travaux de rénovation avec la passerelle temporaire (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Pendant les travaux de rénovation avec la passerelle temporaire (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Pendant les travaux de rénovation avec la passerelle temporaire (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

La vie du Cap Cépet avec sa nouvelle passerelle et le support de la passerelle temporaire (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

La vie du Cap Cépet avec sa nouvelle passerelle et le support de la passerelle temporaire (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Véritable navire ancré à terre, la vigie est armée 24h/24 par 10 membres d’équipage. Les marins de quart en passerelle assurent la surveillance des approches maritimes, aériennes et terrestres de la rade et du port militaire de Toulon. Ils diffusent aux autorités et aux autres acteurs participant à la surveillance et la défense du littoral les informations recueillies et les anomalies constatées. La vigie effectue aussi une veille des lignes côtières et remplit différentes missions de service public en lien avec le CROSS Méditerranée ou d’autres administrations compétentes : sauvegarde de la vie humaine en mer, assistance aux navires en difficulté, surveillance et détection de pollutions, veille des liaisons de sécurité et de détresse… La vigie participe par ailleurs à la surveillance de l’application de la réglementation maritime et aérienne dans sa zone (police des pêches, mouillages interdits, sites archéologiques, balisage, limitations de vitesse, zones de tir) et suit l’application des mesures de sécurité lors des mouvements de bâtiments sensibles. En dehors de la Marine nationale, elle travaille en lien avec les Affaires maritimes, la Douane, la Police ou encore la Gendarmerie. Enfin, la vigie effectue des observations au profit de Météo France, est d’ailleurs le poste principal d’observation météorologique du réseau synoptique national, et apporte son concours aux pompiers du SDIS pour la surveillance des feux de forêt.

 

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

(© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Les travaux menés au Cap Cépet s’inscrivent dans le cadre d’un programme à long terme de rénovation des sites de surveillance du littoral méditerranéen, le prochain sémaphore à bénéficier d’une modernisation allant être celui du Dramont, près de Saint-Raphaël. La Marine nationale compte 19 sémaphores en Méditerranée, qui couvrent près de 2000 kilomètres de côtes de Perpignan à Nice en passant par le pourtour de la Corse (qui compte 7 sites). Ils assurent une situation maritime jusqu’à environ 50 milles au large.  

Pour mémoire, l’instauration d’un réseau sémaphorique a été décidée en 1806 par l’amiral Décrès, alors ministre de la Marine de Napoléon Ier. En tout, la France compte 59 sémaphores sous la responsabilité des commandants des trois Formations Opérationnelles de Surveillance et d’Information du Territoire (FOSIT), entités de la Marine nationale présentes sur chaque façade et placées sous la tutelle du commandant de la zone maritime correspondante. Parmi ces sémaphores, il y trois vigies (Cépet, Brest et Cherbourg) qui se différencient par leur localisation à l’ouvert d’un port militaire, dont elles ont en charge de la surveillance et constituent l’un des échelons de la protection de sites stratégiques. Les sémaphores permettent d’assurer une veille permanente des approches côtières et du trafic maritime, ces sites étant intégrés dans un réseau de surveillance global s’appuyant notamment sur le système Spatioav qui combine les informations recueillies par différents moyens (terrestres, aériens, maritimes, spatiaux) et de nombreuses sources de renseignement pour donner aux autorités une vue en temps réel de la situation au large des côtes françaises.

Les sémaphores appartiennent à la Marine nationale et sont armés par des marins qui ont suivi une spécialité « guetteur de la Flotte ». Afin que la formation de ce personnel soit complète et continue, chaque sémaphore est depuis 2014 jumelé avec un bâtiment de la flotte française, l’objectif étant, explique la marine, de confronter les expériences et parfaire les connaissance dans le domaine de la navigation.

 

Sémaphore de Pertusato en Corse

Sémaphore de Pertusato en Corse(© MARINE NATIONALE - EMMANUEL RATHELOT)

 

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