Marine Marchande
TOWT veut son propre voilier-cargo

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TOWT veut son propre voilier-cargo

Marine Marchande

Affréteur de bateaux de transport à la voile et créateur d’un label transport à la voile, l’entreprise TOWT (TransOceanic Wind Transport) installée à Douarnenez veut lancer son propre cargo à voile, un navire écologique qui n’émet pas de gaz à effet de serre. « On met à l’eau fin 2021 et on commence à exploiter fin 2022 » après une phase de tests, a annoncé Guillaume Le Grand, gérant et cofondateur.

TOWT est spécialisé depuis 2011 dans le transport à la voile. L’entreprise affrète des vieux gréements pour proposer une alternative écologique au transport conventionnel. À bord de 19 bateaux (Grayhound, De Gallant, Avontuur…), elle a transporté pour le compte de tiers ou en propre, café, cacao, bière vin, huile d’olive, rhum, épices… Autant de produits qui « font sens par rapport à leur origine », estime Guillaume Le Grand. Ce transport revendique 90 % de réduction des émissions de CO2 en fonction des routes et aucune émission de soufre. Un label, Anemos, promet aussi une totale transparence sur le transport. « On a économisé de l'ordre de 280 à 300 tonnes de CO2 l'an dernier », explique Guillaume Le Grand. « On a un impact. C'est le colibri, mais c'est déjà ça ».

Un avant-projet

L’entreprise veut pousser plus loin la démarche et disposer de son propre navire. « Près d’un demi-million d’euros ont été investis en R&D » pour concevoir un avant-projet fourni par H&T, le bureau d'architecture nantais d’André Herskovits et Alain Tobie. Les plans doivent être finalisés cette année et la construction doit débuter fin 2020. Une dizaine de chantiers en France et à l’étranger ont été repérés sans qu’aucun choix ne soit encore arrêté. « On voudra que le coût soit optimal, mais aussi un suivi sur tout ce qui est maintenance (…) L’idée, c’est que le chantier puisse nous faire le SAV avec », voire construire un sistership. Le budget pour ce navire pensé rustique se veut serré : « une dizaine de millions d’euros ». Pour parvenir à ses fins, TOWT finalise une augmentation de capital et mise sur des contrats de transports. 


 

Baptisé Anemos (comme le label), le projet de voilier-cargo en acier mesure 67 mètres de long, pour un tirant d’eau de 5 à 11 mètres et 2500 m2 de toile. Il est conçu pour charger 1000 tonnes de fret (950 palettes, 120 barriques, des véhicules), répartis sur trois entreponts, pourra emmener 12 passagers, en plus des 8 ou 9 membres d’équipage, à une vitesse de 11 nœuds. Anemos doit être en mesure de naviguer 300 jours par an, pour réaliser trois transatlantiques aller-retour (deux vers le Sud, une vers le Nord), une route africaine aller-retour et deux mois de cabotage le long des côtes européennes. « C’est un programme hyper chargé », souligne Guillaume Le Grand, qui nécessite d’avoir des voiles et un gréement robustes. 

En résumé, le voilier-cargo a été pensé pour être marin, coûter « peu cher », tout en répondant à des « défis sur la surface de toile », d'automatisation et d'efficience : « il n'y a pas, aujourd’hui, de voilier qui navigue 300 jours par an ». 

 

(© : H&T - TOWT)

(© : H&T - TOWT)

(© : H&T - TOWT)

(© : H&T - TOWT)