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Transat Jacques Vabre. Départ des plus musclés

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Transat Jacques Vabre. Départ des plus musclés

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Après leur départ à grand spectacle sous les falaises du Havre, les multicoques déboulent comme des avions dans la Manche : à près de 22 nœuds de moyenne sur une mer chaotique ! Les grands oiseaux ont déjà passé la pointe du Cotentin et naviguaient hier soir aux abords d’Alderney, Banque Populaire, Brossard et Foncia en tête dans un mouchoir de poche. Mais on déplore déjà une avarie d’importance : drisse de grand-voile cassée pour Sodebo, le trimaran de Thomas Coville et Jacques Vincent qui doit faire escale à Cherbourg cette nuit pour réparer et repartir le plus vite possible.
Les classements sont pour l’instant à prendre avec d’infinies précautions, tant les écarts sont infimes, et appelés à être très vite bouleversés. Les six premiers tiennent en moins de deux milles. Le quatuor de tête, lui, se partage un mouchoir de poche d’un mille. Il est composé dans l’ordre du Banque Populaire de Pascal Bidégorry et Lionel Lemonchois, du Brossard d’Yvan Bourgnon et Charles Caudrelier, du Foncia d’Armel Le Cléac’h et Damian Foxall et du Gitana XI de Fred Le Peutrec et Yann Guichard. Pas de réussite en revanche pour Thomas Coville et Jacques Vincent : la mer forte et le vent soutenu (25 à 30 nœuds de secteur sud, creux de 2m) ont eu raison de leur drisse de grand-voile. Sodebo est ainsi contraint de faire escale à Cherbourg pour réparer… et repartir le plus vite possible. Côté 50 pieds les Escoffier père et fils, Franck-Yves et Kévin, mènent la danse depuis le début sur leur Crêpes Whaou ! flambant neuf qui a pris 7 milles d’avance sur le Acanthe Ingénierie d’Anne Caseneuve et Christophe Houdet.

Monocoques : Jourdain-MacArthur toujours en tête

Chez les monocoques, on plonge toujours plein sud, au large de l’île de Sein. Et le combat des chefs se poursuit, avec toujours en tête le Sill et Veolia de Roland Jourdain et Ellen Mac Arthur qui possède ce soir 3,5 milles d’avance sur l’Ecover de Mike Golding et Dominique Wavre et 7,5 milles sur le Virbac-Paprec de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron. A noter la belle remontée de Bonduelle. Après leurs soucis techniques de la première nuit, Jean Le Cam et Kito de Pavant ont mis du charbon et se sont bien repositionnés, en 4e position à 13,5 milles du leader. Les quatre meneurs sont d’ailleurs les seuls de leur catégorie à afficher des moyennes supérieures à 9,5 nœuds aujourd’hui.
Chez les 50 pieds, on a appris l’escale obligée à Brest du Défi Vendéen de Jean-François Durand et Karen Leibovici pour réparer un solent cassé. En tête Artforms, le plan Owen-Clarke de Kip Stone et Merfyn Owen a désormais 13 milles d’avance sur Gryphon Solo et 23 milles sur Vedettes de Bréhat.
Pour tous, et plus particulièrement pour les multicoques, la nuit sera rude. Elle l’est déjà, même, comme en attestent les deux premiers « arrêts au stand » enregistrés ce soir.

Sill et Veolia ouvre toujours la voie

Pendant que les multicoques assurent le spectacle en baie de Seine, les monocoques attaquent le golfe de Gascogne. Les duos Jourdain/MacArthur et Golding/Wavre viennent de passer en tête au large de Brest, dimanche en fin d’après-midi.
Tels des funambules des mers, les dix trimarans en course ont franchi la ligne de départ sur un flotteur, coques fumantes. Lancés à plus de 30 nœuds en pointe, les duettistes ont immédiatement donné le tempo de cette 7e Transat Jacques Vabre : allegro. Premiers à franchir la ligne, la paire Bourgnon/Caudrelier (Brossard) a réalisé quelques impressionnantes figures de style. 2,5 milles et 7min. 48s après le départ, le duo franco-irlandais Le Cleac’h/Foxall (Foncia) contournait la bouée Général Metzinger en tête, devant Groupama et Orange Project. Pour Bidégorry/Lemonchois (Banque Populaire), le départ fut plus laborieux. Légèrement arrêté avant le coup de canon, le trimaran bleu a tardé à s’élancer, occupant immédiatement la queue de la flotte. La nuit prochaine s’annonce mouvementée pour la flotte des multicoques qui va rencontrer, à l’image des monocoques la nuit dernière, des vents soutenus et une mer très agitée entre la Bretagne et les côtes anglaises. Chez les multicoques Classe 2 (50 pieds), le père et le fils Escoffier, Franck-Yves et Kevin (Crêpes Whaou !), ont rapidement pris la tête après le départ et pourraient bien l’occuper jusqu’à l’arrivée tant leur nouveau trimaran survole ses adversaires.

Monocoques : le couple franco-anglais Jourdain/MacArthur mène toujours la flotte

Pour les monocoques, la nuit de samedi à dimanche fut particulièrement agitée. « On a morflé cette nuit » raconte Roland Jourdain (Sill et Veolia). « Ça cartonnait » résume Yann Eliès (Cheminées Poujoulat). Dans la nuit, le vent de Sud-Ouest est monté à plus de 45 nœuds en rafale. La mer, particulièrement démontée, n’a pas ménagé non plus les équipages. Dimanche après-midi, les premiers, Sill et Veolia et Ecover en tête, traversaient le fameux – et dangereux – rail des cargos d’Ouessant. Quelques soucis techniques (point d’amure d’ORC et lattes de grand-voile) ont fait perdre quelques milles dans la nuit au duo de Bonduelle. Mais Jean Le Cam et Kito de Pavant sont rapidement remontés de la 8e à la 4e place dans la journée de dimanche. La prochaine nuit s’annonce légèrement plus calme pour les monocoques, contrairement aux multis. Cette zone de transition sera de courte durée. Dès lundi après-midi, un deuxième front froid actif devrait balayer la flotte avec des vents à plus de 45 nœuds. Encore 48 heures difficiles avant de pouvoir ouvrir les voiles et faire sécher les cirées dans les alizés portugais. Chez les 50 pieds monos, Kip Stone et Merfyn Owen (Artforms) sont talonnés par l’autre duo anglo-américain, Joe Harris et Josh Hall (Gryphon Solo). Les deux leaders ont déjà bien creusé l’écart avec leurs poursuivants.

Le défi Vendéen s'arrête à Brest pour réparer

Jean-François Durand et Karen Leibovici, les navigateurs du monocoque 50 pieds Défi Vendéen, ont informé la direction de course qu'ils faisaient route vers Brest pour réparer leur solent déchiré, avant de reprendre la course. A 19h30, ils étaient pointés à une cinquantaine de milles de la cité brestoise.
Par ailleurs, sur le 60 pieds Galileo, Walter Antunes signale qu'il a déjà réparé une latte et une drisse de grand-voile cassées au cours du gros temps de la nuit dernière, mais surtout qu'une de ses dérives est coincée en position basse. Cela handicape les performances du bateau, mais avec Raphaël Coldefy, ils poursuivent leur route vers Bahia.

B.M. et Loïc Le Bras

Retrouvez la Transat Jacques Vabre en direct sur le site officiel de la course: www.jacques-vabre.com et sur le site de France Bleu

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