Marine Marchande
Transmanche : Avis de grand frais sur Calais

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Transmanche : Avis de grand frais sur Calais

Marine Marchande

Alors que la compagnie Hoverspeed arrêtera lundi prochain son service de navires rapides, avec de grandes incertitudes pour la suite, les deux autres opérateurs présents dans le détroit du Pas de Calais annoncent des résultats en baisse. Pour SeaFrance, l’été fut marqué par une chute de 7% de l'activité tourisme. La direction met en avant les problèmes techniques du port de Calais. Plusieurs postes ont en effet été hors service durant l’année, entraînant la création d’un véritable goulot d’étranglement. Face à la régression du trafic passagers, SeaFrance peut néanmoins compter sur le fret, qui a connu une hausse de 30% en 2004 et de 10% en juillet et août. Se pose également la question, depuis la mise en service du Berlioz, de la conservation d'une flotte à 6 navires. Depuis le mois d'avril, SeaFrance a compté quasiment en permanence un bateau en arrêt technique. Ce fut le cas du Nord-Pas-de Calais, du Cézanne, du Manet et, depuis trois semaines, du Renoir. Viendront ensuite le Rodin et pour la première fois le Berlioz. La flotte opérationnelle n'a donc comptée que cinq bâtiments. Les discussions autour de la préservation de tous les ferries s'annonce longue et difficile car la maison mère, la SNCF, ne souhaite pas d’augmentation de la masse salariale.

P&O dans le rouge

Du côté de P&O, qui opère 6 ferries à Calais, tous les indicateurs sont au rouge. L’ultime ligne transmanche de la compagnie britannique affiche une perte de 8% pour les passagers et 8,4% pour les véhicules. Même le fret est en recul, certes léger, mais en recul quand même (-1%). Après la fermeture des liaisons avec Cherbourg et Le Havre, un tel palmarès pourrait renforcer l’idée de certains dirigeants de mettre un terme à l’activité du groupe dans le Pas de Calais. L'ensemble du groupe fait par ailleurs l'objet de rumeurs de rachat, notamment de la part de Dubai Ports World.
De manière générale, les compagnies maritimes sont en concurrence frontale avec le tunnel sous la Manche. Si les prix du fret se maintiennent, permettant aux bateaux de tenir la dragée haute au train, Eurotunnel fait très mal dans le secteur du tourisme. Sur les neuf premiers mois de l’année, le transport de cars par les navettes a augmenté de 24%.

P&O