Marine Marchande
Transport fluvial: Doubler le trafic d'ici 2015

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Transport fluvial: Doubler le trafic d'ici 2015

Marine Marchande

C’est l’objectif fixé par le ministre des Transports. Dominique Perben insiste sur les avantages des transports maritimes et fluviaux, notamment dans le domaine des économies d’énergie, en rappelant qu’il s’agit des moyens les plus sûrs, le plus économiques et le plus écologiques. Armateurs de France, qui se félicite de ces déclarations, rappelle également que l’association des capacités fluvio-maritimes doit être encouragée et renforcée : « C’est l’outil le plus adapté et le plus compétitif pour les cargaisons en provenance ou à destination des ports desservant les futures autoroutes de la mer ou le transport maritime à courte distance ». Méconnu, le transport fluvial connaît ces dernières années une belle progression. L’augmentation de 30% du trafic depuis 1994 a tendance à s’accélérer. Il s’est élevé à 34,95 millions de tonnes pour les sept premiers mois de l’année, en hausse de 14% par rapport à la même période en 2004. Les bassins du Rhin (+15,7%), du Rhône (+29,5%) et de la Seine (+19,1%) sont en plein essor. Le trafic sur le canal Dunkerque-Escaut, qui relie le grand port du Nord à Valenciennes, est également en progression, mais de façon plus modeste (+2%). Si les minerais bruts, les marchandises agricoles et les produits pétroliers restent, de loin, les trois premiers types de marchandises transportés par voie fluvial, on notera une belle percée du trafic conteneurs. Ce dernier est passé de 100.000 EVP (équivalent vingt pieds) en 1996 à 200.000 boîtes en 2000 et 365.000 EVP en 2004. Cette envolée est particulièrement marquante sur les fleuves et canaux débouchant sur les grands ports maritimes comme le Rhône, la Seine et les voies d’eau du Nord - Pas de Calais. « En dix ans, nous sommes devenus un partenaire logistique important dans le transport des conteneurs », explique Olivier Deleu, de Voies navigables de France (VNF).

Passer de 700 km à 20.000 km à partir de la Seine

Forte du succès du trafic fluvial, VNF milite auprès du gouvernement pour obtenir un renforcement du réseau fluvial français pour le relier à l’Europe. Il s’agit de relier entre elles les voies d’eau à grand gabarit (1000 tonnes) pour démultiplier les interconnexions : « Sur le bassin de la Seine, nous avons aujourd’hui 700 km de voies d’eau disponibles. Il nous manque à peine 100 km pour pouvoir accéder à l’ensemble du réseau européen. Si c’était le cas, depuis Paris, les entreprises auraient accès à 20.000 km de cours d’eau ». Les chiffres sont en effet édifiants. Si le trafic fluvial français ne représente que 3% du trafic commercial total, il atteint 9 à 10% dès lors que la zone est irriguée de voies navigables et pousse à 20% si ces voies sont reliées au réseau européen.
En ces périodes de chasse au gaspillage d’énergie et d’engorgement des réseaux routiers, le concept du transport fluvial et fluvio maritime paraît donc une excellente solution. Les investissements nécessaires au renforcement du maillage existants seront toutefois très lourds.

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