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OTAN : Les frégates du SNMG1 face à la chasse embarquée française

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Un important exercice aéronaval s’est déroulé le 9 octobre au large de la Bretagne. Trois frégates du Standing Nato Maritime Group 1 (SNMG1), l’une des forces permanentes de l’OTAN, se sont mesurées à l’aéronautique navale française, en particulier la chasse embarquée sur le porte-avions Charles de Gaulle. Il y avait là l’Esbern Snare et son hélicoptère SH-60 Seahawk (Danemark), l’Helge Ingstad avec un NH90 (Norvège) et le Corte Real (Portugal).

Ces bâtiments, qui venait de faire escale à Cherbourg (du 5 au 8 octobre) ont été soumis à un exercice simulant un conflit de haute intensité au cours duquel ils seraient pris pour cible par des avions de combat modernes intervenant en nombre et donc en mesure de lancer des attaques saturantes. De l'autre côté, les marins français se sont entrainés à l'attaque d'une force navale hostile, qui pourrait par exemple constituer une menace pour le groupe aéronaval. Une dizaine de Rafale Marine français, soutenus par un avion de guet aérien Hawkeye, ont ainsi conduit des raids factices sur le SNMG1. L’exercice s’est articulé en deux vagues d’assaut aérien contre les frégates, qui ont joué le rôle de bâtiments ennemis.

 

Hawkeye survolant la frégate portugaise Corte Real (©  MARINE NATIONALE)

Hawkeye survolant la frégate portugaise Corte Real (©  MARINE NATIONALE)

L'Atlantique 2 à proximité de la frégate norvégienne Helge Ingstad (©  MARINE NATIONALE)

L'Atlantique 2 à proximité de la frégate norvégienne Helge Ingstad (©  MARINE NATIONALE)

 

Le premier assaut était constitué des aéronefs du groupe aérien embarqué. Ils ont simulé une attaque antinavire conduite depuis le Charles de Gaulle, qui va bientôt retrouver ses appareils suite à son arrêt technique. Quant à la seconde vague, elle comportait en plus l’intervention d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2. Ce dernier peut pour mémoire, comme les Rafale Marine, mettre en œuvre le missile antinavire Exocet AM39 (1 missile pour les Rafale et 2 pour l’ATL2), les chasseurs pouvant aussi employer des bombes à guidage laser ou des AASM contre des navires. L’objectif de cette seconde vague était de réaliser une attaque coordonnée du SNMG1 avec ces deux types d’avions, sachant que le groupe aéronaval français est généralement soutenu, lors de ses déploiements, par la patrouille maritime, qui contribue à la lutte antisurface et anti-sous-marine.

 

Image d'archives d'un Rafale équipé d'un Exocet AM39 (©  MARINE NATIONALE)

Image d'archives d'un Rafale équipé d'un Exocet AM39 (©  MARINE NATIONALE)

Image d'archives d'un Atlantique 2 tirant un Exocet AM39 (©  MARINE NATIONALE)

Image d'archives d'un Atlantique 2 tirant un Exocet AM39 (©  MARINE NATIONALE)

 

Après cet entrainement musclé, les frégates du SNMG1, formation évoluant traditionnellement en Europe du nord, ont repris le cours de leur mission. Elles vont notamment mettre le cap sur la Norvège, où va se dérouler Trident Juncture. Cet exercice interarmées et interalliés, l’un des plus importants organisés ces dernières années par l’OTAN, va regrouper 45.000 militaires de 30 pays différents, avec plusieurs milliers de véhicules, 150 aéronefs et une soixantaine de bâtiments, y compris des sous-marins et le porte-avions américain USS Harry S. Truman.  

Trident Juncture comprendra à partir de la fin octobre des manœuvres de grande envergure, navales, amphibies, terrestres et aériennes. Il s’agit du plus vaste exercice militaire conduit par l’Alliance en Norvège depuis les années 80 et la fin de la guerre froide.

 

Frégate norvégienne du type Fridtjof Nansen, ici l'Otto Sverdrup (©  JEAN-LOUIS VENNE)

Frégate norvégienne du type Fridtjof Nansen, ici l'Otto Sverdrup (©  JEAN-LOUIS VENNE)

 

L’Helge Ingstad

Quatrième des cinq frégates norvégiennes de la classe Fridtjof Nansen, l’Helge Ingstad, construite comme les autres unités de ce type par le chantier Navantia de Ferrol, en Espagne, est entrée en service en 2009. Long de 133 mètres et affichant un déplacement de 5290 tonnes en charge, ce bâtiment armé par 122 marins peut atteindre la vitesse de 26 nœuds. Il est doté de 32 missiles surface-air ESSM, 8 missiles antinavire NSM, une tourelle de 76mm, de l’artillerie légère et quatre tubes pour torpilles Sting Ray. L’équipement électronique comprend notamment un radar à quatre faces planes SPY-1F américain, un sonar de coque et un sonar remorqué (Captas 2). Des capacités de lutte anti-sous-marines renforcées par le NH90 qu’elle embarque.

 

Frégate portguaise du type Meko 200P, ici le Fridtjof Nansen, ici l'Alvarez Cabral (©  JEAN-LOUIS VENNE)

Frégate portguaise du type Meko 200P, ici le Fridtjof Nansen, ici l'Alvarez Cabral (©  JEAN-LOUIS VENNE)

 

Le Corte Real

Cette frégate est la dernière des trois unités du type Meko 200P (classe Vasco de Gama) réalisées en Allemagne pour la marine portuguaise. Opérationnel comme ses sisterships depuis 1991, le Corte Real mesure 116 mètres de long pour un déplacement de 3300 tpc. Capable d’atteindre 32 nœuds et comptant un équipage de 184 marins, il peut mettre en œuvre 8 missiles antinavire Harpoon et dispose en outre d’un système surface-air Sea Sparrow, une tourelle de 100mm, un système multitubes Phalanx, de l’artillerie légère et six tubes lance-torpilles (Mk 32). Le Corte Real peut embarquer deux hélicoptères Super Lynx.

 

L'Esbern Snare (©  JEAN-LOUIS VENNE)

L'Esbern Snare (©  JEAN-LOUIS VENNE)

 

L’Esbern Snare

Il s’agit avec son jumeau l’Absalon de bâtiments un peu particuliers, à la fois frégates et unités de projection. C’est d’ailleurs sous la désignation de Fleksibelt Støtte Skib (Flexible Support Ships - FSS) qu’ils sont désignés dans la marine danoise. Ils ont été livrés en 2005 par le chantier d'Odense et sont opérationnels depuis 2007/2008. Ces navires de 137 mètres de long et 6300 tpc sont lourdement armés. Ils peuvent en effet embarquer jusqu’à 16 missiles Harpoon et 36 missiles ESSM. S’y ajoutent une tourelle de 76mm, deux canons de 35mm Millenium, deux systèmes Sea Stinger, de l’artillerie légère et quatre tubes pour torpilles MU90. Leur double hangar permet d’accueillir deux hélicoptères Merlin.

Pouvant atteindre 23 nœuds, les FSS sont armés par 100 membres d’équipage et peuvent accueillir 70 personnes supplémentaires (+130 dans des logements conteneurisés), notamment des soldats. Les bâtiments disposent d’une rampe à l’arrière s’ouvrant sur un hangar de plus de 900 m² permettant d’embarquer une cinquantaine de véhicules, ou 12 chars, ou 32 conteneurs. La capacité de transport de fret est en tout de 1700 tonnes. Ils peuvent servir à projeter une force terrestre, servir de bâtiments de commandement ou encore de navires hôpitaux avec l’appoint de modules médicaux conteneurisés.

 

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