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Trois à quatre mois de travaux supplémentaires pour le BPC Tonnerre

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Trois à quatre mois de travaux supplémentaires pour le BPC Tonnerre

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Le Bâtiment de Projection et de Commandement Tonnerre ne quittera pas Brest ce mois-ci, comme prévu initialement, a-t-on appris de sources militaires et industrielles. Le navire, qui souffre d’un problème de collage des sols dans les locaux vie, va subir trois à quatre mois de travaux supplémentaires. Une expertise a déterminé que le problème provenait du « fixateur du ciment d'agréage ». Face à cette difficulté, la DGA et le SPN ont refusé l’acceptation du navire. Un procès verbal d’ajournement a été dressé mais ce PV est contesté par DCN pour pouvoir ménager le recours à ses assurances et à celles de ses sous-traitants. L’Etat pourrait, toutefois, être contraint d’accepter le bâtiment qui a, par ailleurs, passé avec succès tous ses essais de plateforme et de système de combat. Le SDC « est parfaitement opérationnel, tout comme l’est aujourd’hui celui du Mistral », souligne-t-on à l’ex-Direction des Constructions Navales.

A la charge des Chantiers de l’Atlantique

Conçus par DCN, les BPC Mistral et Tonnerre ont été réalisés en deux parties. La moitié avant, celle qui regroupe les locaux vie et les fameux sols défectueux, a été sous-traitée aux Chantiers de l’Atlantique. Entre les deux bâtiments, le co-réalisateur chargé des sols a changé. L'entreprise attend les derniers rapports d'expertises afin de déterminer l'origine du défaut, qui pourrait provenir du nouveau prestataire des Chantiers de l'Atlantique ou de l’utilisation de produits non-conformes. Dans tous les cas, le coût des réparations incombera au constructeur nazairien. Début juin, Aker Yards a pris le contrôle de l’entreprise, alors filiale du groupe Alstom. L’accord entre les groupes norvégien et français prévoit, toutefois, que les garanties inhérentes aux navires livrés avant le rapprochement restent à la charge d’Alstom. C’est l’une des raisons qui expliquent le maintien des Chantiers de l’Atlantique en tant qu’entité juridique, sans personnel ni infrastructure. A l’instar de l’achèvement des trois méthaniers construits pour Gaz de France et NYK, les travaux réalisés sur le Tonnerre seront sous-traités à Aker Yards, la facture étant payée par Alstom.

Brest ou Toulon ?

La modification des sols devrait durer, selon les estimations d’Aker Yards et DCN, entre 12 et 18 semaines. Les anciens arsenaux ont proposé au SPN de mener une première tranche de travaux à Brest, entre le 26 juin et le 29 août, puis d’achever les modifications à Toulon. Cette solution avait l’avantage de profiter des permissions d’été de l’équipage, qui aurait ensuite rejoint le Tonnerre à Toulon. L’option varoise ne semble, toutefois, pas avoir les faveurs de la marine. L’hypothèse d’un retour à Saint-Nazaire étant exclue, le BPC devrait donc rester dans le Finistère. La durée exacte du chantier n’est pas encore fixée : « Cela dépendra de l’état des plancher, qui sont touchés, selon les expertises, de manière inégale », précise un proche du dossier. Le traitement des sols imposera de démonter de nombreux éléments, notamment le mobilier des cabines touchées. Long de 199 mètres pour un déplacement de 21.500 tonnes en charge, les BPC Tonnerre et Mistral remplaceront les transports de chalands de débarquement (TCD) Ouragan et Orage. Le premier est toujours bloqué à Toulon, dans l’attente d’un accord sur son transfert en Argentine.
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Voir la fiche technique des BPC du type Mistral

Naval Group (ex-DCNS)