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Trois supply pour remplacer les Batral de la Marine nationale

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Appelés BMM, pour bâtiments multi-missions, les successeurs des bâtiments de transport légers (Batral) de la Marine nationale seront commandés l'an prochain. Ce nouveau programme remplace l'ancien projet BIS (bâtiment d'intervention et de souveraineté). Cet été, la Direction Générale de l'Armement (DGA) a lancé un appel à projets en vue de notifier en 2012 le contrat, dont le financement est prévu par le projet de loi de finances. Différent du programme BSAH (bâtiments de soutien et d'assistance hauturier), qui sera lui aussi lancé l'année prochaine, le programme BMM va voir l'acquisition de trois navires afin de remplacer les Batral Dumont d'Urville, Jacques Carter et La Grandière. Les nouvelles unités seront basées aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie.

Le Batral Dumont d'Urville  (© : MARINE NATIONALE)
Le Batral Dumont d'Urville (© : MARINE NATIONALE)

Mise en service en 2014

Les BMM, dont la livraison est prévue à partir de 2014, seront des navires de type supply, c'est-à-dire des bateaux de soutien et de ravitaillement, à l'image de ceux exploités dans le secteur offshore. Construits aux normes civiles, ils mesureront 60 à 80 mètres et afficheront un déplacement d'au moins 1000 tonnes. La DGA a spécifié que ces bâtiments devaient avoir une grue pour l'embarquement de conteneurs, pouvoir mettre en oeuvre des embarcations rapides et des plongeurs, être en mesure de transporter des armes et des munitions, et présenter une autonomie importante, leur permettant de tenir au moins 20 jours en opérations. De nombreux designs de navires peuvent correspondre à ces besoins. Dans le cadre du projet BIS, Rolls-Royce avait, par exemple, proposé plusieurs versions militaires de ses célèbres remorqueurs du type UT, qui rencontrent un certain succès auprès de différentes marines et garde-côtes. Mais le groupe britannique et ses bureaux d'études norvégiens ne sont sans doute pas les seuls sur les rangs. Le groupe français Piriou, qui a développé une gamme de patrouilleurs polyvalents de 60 à 80 mètres, les Multipurpose Offshore Patrol Vessel (MPOV), peut par exemple se positionner .

Navire du type UT512  (© : ROLLS-ROYCE)
Navire du type UT512 (© : ROLLS-ROYCE)

Navire du type UT515  (© : ROLLS-ROYCE)
Navire du type UT515 (© : ROLLS-ROYCE)

Un financement interministériel

Contrairement aux BSAH, les BMM ne vont pas faire l'objet d'un partenariat public privé. En revanche, et c'est une grande nouveauté, il s'agit d'un programme dont le financement sera interministériel. En dehors du ministère de la Défense, qui pilote le dossier via la DGA, les ministères de l'Intérieur, des Pêches (Agriculture) et des Transports (Ecologie), ainsi que des Finances (dont dépend la Douane) vont également mettre la main à la poche. Car les BMM, qui seront armés par la Marine nationale, ne rempliront pas que des missions militaires, comme la surveillance et le contrôle des espaces océaniques outre-mer, ainsi que le transport de personnels et de matériel de l'armée de Terre. Leur action concernera aussi d'autres ministères, puisqu'ils assureront des missions de police des pêches, de lutte contre les trafics et l'immigration clandestine, de lutte contre les pollutions ou encore de soutien logistique des territoires ultramarins et d'aide humanitaire aux pays riverains suite à des catastrophes naturelles. La mutualisation de leur acquisition en interministériel, dans l'esprit de la nouvelle Fonction Garde Côtes (FGC), est donc logique.

Débarquement depuis le La Grandière  (© : MARINE NATIONALE)
Débarquement depuis le La Grandière (© : MARINE NATIONALE)

Blindé débarqué du Dumont d'Urville  (© : MARINE NATIONALE)
Blindé débarqué du Dumont d'Urville (© : MARINE NATIONALE)

Abandon des capacités amphibies

Entre les Batral et les BMM, la grande nouveauté est l'abandon des capacités de débarquement amphibies. Mis en service entre 1983 et 1987 (deux autres unités plus anciennes, les Champlain et Francis Garnier, ayant déjà été désarmés), les Batral ont, à l'époque de la guerre froide, été conçus pouvoir déployer une compagnie d'intervention Guépard de l'armée de Terre. Bateaux à fond plat pouvant s'échouer sur une plage, les Dumont d'Urville, Jacques Carter et La Grandière, longs de 80 mètres pour un déplacement de 1330 tonnes en charge, ont la possibilité de projeter 140 soldats et 12 véhicules, dont des blindés. L'embarquement et le débarquement des hommes et surtout du matériel se fait au moyen d'une rampe, qui se déploie après l'ouverture de la grande porte de proue. L'évolution des missions et des besoins, ces dernières années, a rendu moins évidente la nécessité de disposer, sur les successeurs de Batral, de capacités amphibies. Celles-ci auraient été intéressantes, comme l'histoire récente l'a montré, pour intervenir suite à des catastrophes naturelles dans des zones où les infrastructures portuaires sont inexistantes ou hors d'usage. Mais cette option n'a pas été retenue, peut-être dans la mesure où cela aurait nécessité le développement d'un bâtiment spécifique, plus coûteux qu'un supply, type de bateau construit à la chaîne pour l'offshore et logiquement moins onéreux, même avec quelques adaptations.

Le Francis Garnier chargé d'aide humanitaire pour Haïti, en 2008  (© : EMA)
Le Francis Garnier chargé d'aide humanitaire pour Haïti, en 2008 (© : EMA)

Le Batral Dumont d'Urville  (© : MARINE NATIONALE)
Le Batral Dumont d'Urville (© : MARINE NATIONALE)

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