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TUI Cruises commande deux gros paquebots GNL à Fincantieri

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C’est une très grosse surprise. Ce matin, les chantiers italiens Fincantieri ont annoncé avoir décroché la commande de deux gros paquebots équipés d’une propulsion fonctionnant au gaz naturel. Ils sont destinés à TUI Cruises. C’est la première fois que cette compagnie, filiale du voyagiste allemand TUI et de l’armateur américain Royal Caribbean Cruises Ltd, confie à Fincantieri ses nouveaux navires. C’est même une première pour RCCL, qui a veillé pendant plus de trente ans à éviter les commandes dans les chantiers italiens du fait des relations très proches de ceux-ci avec son concurrent historique, le groupe Carnival Corporation.

Du fait de l’explosion du nombre paquebots commandés (désormais 108 à livrer d’ici 2027), de la saturation des chantiers et de l’émergence de navires toujours plus gros, engendrant de fortes tensions sur les capacités de production, les cartes ont été néanmoins rebattues ces dernières années.

Carnival fut le premier à faire des infidélités à Fincantieri, en commandant en 2015 ses nouveaux géants au GNL de plus de 180.000 GT de jauge et 5200 passagers (9 déjà signés pour AIDA, Costa, P&O et CCL) au groupe allemand Meyer Werft et à sa filiale finlandaise de Turku, là où RCCL faisait jusque-là (en plus de Saint-Nazaire) produire ses unités neuves. Toute la flotte de TUI Cruises, créée en 2009, voit d’ailleurs le jour à Turku depuis. Avec d’abord les Mein Schiff 3, Mein Schiff 4, Mein Schiff 5 et Mein Schiff 6, paquebots de 99.800 GT et 2794 passagers entrés en service en 2014, 2015, 2016 et 2017; puis le Mein Schiff 1 (111.500 GT, 1447 cabines) cette année et son sistership le Mein Schiff 2 qui sortira début 2019. La série sera complétée avec une unité supplémentaire, le Mein Schiff 7, dont la livraison est prévue en 2023. Quatre ans donc après le précédent navire, ce qui est énorme et s’explique par la saturation du chantier finlandais, comme celle de son cousin allemand de Papenburg.

Pour autant, même en choisissant Fincantieri, TUI Cruises n’aura pas ses deux bateaux suivants avant 2024 et 2026. Car il s’agit de navires très gros, d’environ 160.000 GT, appelés à voir le jour dans le plus grand chantier italien, celui de Monfalcone, déjà plein pour plusieurs années.

Après NCL avec le projet Leonardo, Fincantieri parvient en tous cas à convaincre un nouveau client, et non des moindres, ce qui permet au constructeur italien de travailler désormais avec l’ensemble des grands opérateurs mondiaux de l’industrie de la croisière. Ce contrat avec TUI Cruises est, par ailleurs, de première importance techniquement, puisque c’est pour Fincantieri le premier portant sur des paquebots fonctionnant au GNL. Une technologie pour laquelle Meyer Werft était en avance, avec une première réalisation (AIDAnova) cette année, suivi par Saint-Nazaire qui sortira son premier paquebot du genre en 2022.  

Fincantieri Royal Caribbean