Construction Navale
Ulstein : sur le chantier du nouveau navire d'expédition de Lindblad

Reportage

Ulstein : sur le chantier du nouveau navire d'expédition de Lindblad

Construction Navale

« Sven Lindblad s’est intéressé très tôt au X-Bow, il avait l’intuition que cette forme d’étrave pourrait être adaptée à la navigation et la manœuvre dans les glaces. C’est pour cela qu’il est venu nous voir et que nous avons commencé à réfléchir à son nouveau navire d’expédition ». Øyvind Gjerde Kamsvåg est le chef du design dans le groupe norvégien Ulstein. Sur le pont principal du National Geographic Endurance, le navire d’expédition commandé par le groupe suédois Lindblad et en construction à Ulsteinvik, il explique les plans. Autour de lui règne une ambiance laborieuse : des dizaines d’électriciens, soudeurs et techniciens d’affairent sur tous les ponts. La coque du navire est arrivée de Pologne en avril, elle est en cours d’armement et le bateau doit être livré au premier trimestre 2020.

 

Øyvind Gjerde Kamsvåg, chef du design dans le groupe Ulstein (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Øyvind Gjerde Kamsvåg, chef du design dans le groupe Ulstein (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Vue d'artiste du futur navire (ULSTEIN)

Vue d'artiste du futur navire (ULSTEIN)

Gunvor et Tore Ulstein, présidente et vice-président d'Ulstein, et Sven Lindblad, patron de Lindblad Expeditions lors de la pose de la quille du navire au chantier Crist en mars 2018 (ULSTEIN)

Gunvor et Tore Ulstein, présidente et vice-président d'Ulstein, et Sven Lindblad, patron de Lindblad Expeditions lors de la pose de la quille du navire au chantier Crist en mars 2018 (ULSTEIN)

 

Pour le groupe Ulstein, ce n’est pas tout à fait une première dans le domaine des navires d’expédition, puisqu’il a fait également construire toute une série de bateaux pour Sunstone dans les chantiers chinois CMHI. Le premier de la série, le Greg Mortimer, vient d'être livré et six autres sont déjà commandés. « Et cela se passe plutôt bien. Nous nous attendions à des soucis parce que c’est la première fois que de tels navires sont construits en Chine, mais nous n’en avons pas rencontré des majeurs y compris dans la constitution de notre réseau local de fournisseurs ».

Mais à Ulsteinvik, sur le site historique du groupe familial, c’est une première. L’étrave inversée dépasse du hall de construction. 124.4 mètres de long, 21 de large, 69 cabines pour 126 passagers, 89 membres d’équipage et 21 dans l’équipe d’expédition National Geographic. Le navire s’annonce luxueux pour des amateurs de croisières évidemment exclusives. Sa coque classée PC 5 est une des plus « polaires » de la noria des navires d’expédition en livraison ou en commande à travers le monde. « Cela va nous autoriser à allonger notre saison, à aller plus tôt dans les glaces ou à aller dans des endroits où d’autres ne peuvent aller », souligne Reed Amel, détaché par Lindblad pour suivre la construction en Norvège. Un argument qui semble décisif sur un marché qui s’annonce à la fois ultra-concurrentiel et qui risque d’embouteiller encore davantage les zones polaires. « Nous pourrons aller plus facilement dans des endroits comme le nord-est du Groenland, l’île de Jan Mayen ou le passage du Nord-Est ». La première croisière du navire, pleine depuis longtemps, l’emmènera au Svalbard puis en Sibérie.

 

L'étrave X-Bow dépasse du hall de construction d'Ulsteinvik (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

L'étrave X-Bow dépasse du hall de construction d'Ulsteinvik (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

La porte latérale (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

La porte latérale (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

La passerelle (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ

La passerelle (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Pour Ulstein, le pari est déjà réussi puisque Lindblad a commandé le sister-ship de son National Geographic Endurance. Adoptant sa philosophie habituelle, le groupe norvégien a proposé des solutions innovantes à tous les niveaux : « pas seulement sur la plateforme, nous avons essayé de réfléchir à tout ce qu’il y avait dessus et autour », détaille Øyvind. Une cuisine au milieu du restaurant pour que toutes les tables aient une vue, une salle dédiée aux désormais très populaires matchs de e-sport, des systèmes de mise à l’eau sécurisée et une passerelle innovante conçue avec les capitaines les plus expérimentés de la compagnie. 

 

Vue d'une des 12 grandes suites de 40 m2 (ULSTEIN)

Vue d'une des 12 grandes suites de 40 m2 (ULSTEIN)

Une des 17 suites standard (ULSTEIN)

Une des 17 suites standard (ULSTEIN)

Le restaurant avec la cuisine au milieu de la salle (ULSTEIN)

Le restaurant avec la cuisine au milieu de la salle (ULSTEIN)

La réception (ULSTEIN)

La réception (ULSTEIN)

(ULSTEIN)

(ULSTEIN)

 

Un nouveau marché qui n’est pas, pour autant, le seul sur lequel mise Ulstein. « Nous avons traversé une période terriblement difficile avec la crise de l’offshore. Il a fallu réagir vite et nous orienter vers de nouveaux secteurs dans lesquels nous sommes désormais implantés : l’éolien, les navires à passagers, comme le ferry hybride que nous venons de livrer à Color Line et donc le ropax où nous voyons des débouchés certains. La période est encore compliquée pour nous et nous travaillons avec des marges limitées. Mais nous espérons gagner à nouveau de l’argent dans les années à venir avec ces nouveaux marchés ».

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