Construction Navale
Ulstein : Un navire qui s'adapte au soutage hydrogène

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Ulstein : Un navire qui s'adapte au soutage hydrogène

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Le groupe norvégien Ulstein en est persuadé, un navire hauturier propulsé par une pile à hydrogène est pour bientôt. Mais comme pour toute nouvelle énergie, et particulièrement pour celle-ci, la question problématique est toujours l’approvisionnement.

A l’automne dernier, Ulstein révélait son premier design de navire de construction offshore disposant d’une propulsion de 7.5 MW, dont 2 MW fournis par une pile à combustible à membrane électrolyte polymère de Nedstack. Un navire de 99 mètres et 5000 tjb inaugurant un nouveau design SX190, intégrant l’étrave inversée X-Bow.

 

(© ULSTEIN)

(© ULSTEIN)

 

Entre temps, le projet s’est affiné mais aussi confronté à la réalité : l’hydrogène est encore très rare, même dans les très modernistes pays du nord de l’Europe et un armateur, même avec la meilleure volonté du monde, ne peut envisager l’hydrogène que pour des petits navires ne nécessitant pas un gros volume de soutage. Ou alors comme seule source de propulsion auxiliaire.

Les ingénieurs d’Ulstein Design&Solutions, la filiale néerlandaise du chantier, ont donc planché sur la question et ont abouti à ce qu’ils ont baptisé une « feuille de route ». L’hydrogène n’est pas très présent en ce moment, mais il le sera sans doute davantage dans 5 à 10 ans, à l’heure où de nombreux pays européens affichent une politique ambitieuse en la matière. Or, on ne change pas de navire tous les cinq ans en fonction de l’évolution des soutes disponibles. L’idée d’Ulstein est donc de proposer un design qui accompagne les développements du soutage.

 

(© ULSTEIN)

(© ULSTEIN)

 

D’abord, ce qui est disponible à l’heure actuelle : les conteneurs d’hydrogène en phase gazeuse qui peuvent être amenés à bord par camion. Le design Ulstein prévoit le stockage de cinq boîtes de GH2 de 40 pieds sur le pont, autorisant une autonomie de quatre jours en propulsion hybride avec le moteur dual-fuel. L’hydrogène gazeux pourra ensuite être remplacé par du LH2, de l’hydrogène liquide cryogénisé, ce qui permet de multiplier l’autonomie par trois.

Avec la généralisation anticipée du soutage d’hydrogène liquide, Ulstein a prévu la possibilité pré-équiper deux cales pour y recevoir des citernes permettant ici d’offrir un mois d’autonomie. Enfin, d’ici 2040, le navire sera prêt à fonctionner totalement à l’hydrogène.

Ulstein annonce que son design est prêt à être construit immédiatement.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs

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