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Un aérostat pour assurer la surveillance d’un champ pétrolier

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Un aérostat pour assurer la surveillance d’un champ pétrolier

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Alors que l’un de ses engins doit être testé en 2017 par la Marine nationale et l’armée de l’Air, A-NSE, société basée dans le sud de la France, développe, pour les besoins du groupe pétrolier Total, un concept de ballon captif dédié à la protection d’un champ offshore en Afrique de l’ouest.

Du type T-C 350, le ballon mesurera 25 mètres de long pour 5.5 mètres de diamètre, avec une enveloppe de 350 m3. Son poids atteint 350 kilos, dont 200 kilos de charge utile, de quoi emporter différents systèmes et senseurs. Le ballon sera, ainsi, équipé d’un récepteur AIS pour identifier les navires croisant dans la zone, ainsi que d’un radar et d’un système électro-optique pour détecter, pister et identifier les bateaux suspects à grande distance (jusqu’à 125 kilomètres pour le radar).

 

TC-350 et sa barge d'ancrage (© : A-NSE)

TC-350 et sa barge d'ancrage (© : A-NSE)

 

Déploiement depuis une barge ancrée au large

Alors que l’emploi de ballons captifs se développe pour des missions de surveillance maritime ou de sites sensibles, l’une des particularités de ce projet est que l’engin sera mis en œuvre en pleine mer, depuis une barge. Cette plateforme, qui pourrait servir non seulement de station d’amarrage au ballon mais aussi d’espace logistique au profit des installations offshore, sera ancrée au large des côtes. Elle se situera à proximité des champs pétroliers dont l’aérostat surveillera les approches. L’engin, qui peut opérer à une altitude allant jusqu’à 3000 pieds, décoller avec un vent de 80 km/h et effectuer des vols stationnaires de 40 jours, transmettra ses informations à une station de contrôle via un système de liaison par fibre optique. Ce concept doit permettre de renforcer l’efficacité des moyens de surveillance et de protection des installations offshore contre les actes de piraterie et la menace terroriste.

capacités d’emport et autonomie 

Basée sur l’aéroport varois du Castelet et employant désormais 25 salariés, A-NSE, créé en 2011, a développé une gamme complète de dirigeables et de ballons captifs dédiés à la surveillance aérienne, terrestre et maritime. Ces aérostats, qui peuvent être gréés avec de nombreux équipements (radar, système électro-optique, récepteur AIS, moyens de guerre électronique, communications…), offrent l’énorme avantage de pouvoir emporter des charges très lourdes et effectuer de longs vols stationnaires. Leur autonomie, considérable, peut atteindre 24 heures pour des vols habités et, comme on l’a vu, 40 jours pour les ballons captifs. Ces derniers nécessitent la maîtrise d’une technologie complexe pour garantir l’autonomie et la stabilité des engins, ainsi que leur résistance aux aléas météo (jusqu’à 60 nœuds de vent relatif). Ils sont mis en œuvre depuis la terre, par exemple dans le cadre de la surveillance du littoral, complétant ou se substituant aux sémaphores avec des portées de détection bien supérieures. Ainsi, à 1000 mètres d’altitude, l’horizon est repoussé à une centaine de nautiques.

 

TC6450 (© : A-NSE)

TC6450 (© : A-NSE)

 

Mise en œuvre depuis un navire

Le ballon captif peut également opérer depuis un navire pour élargir la capacité de détection de celui-ci et servir de relais de communication. Suivant la taille du bâtiment porteur, A-NSE propose différents modèles, allant d’un ballon tactique quasiment sphérique de 3 mètres de diamètre (300 mètres d’altitude pour 1kg de charge utile) à un aérostat de 25 mètres de long (1000 m, 200 kg) pouvant être déployé en 45 minutes par deux personnes.

 

TC-150 (© : A-NSE)

TC-150 (© : A-NSE)

 

Expérimentation avec la marine et l’armée de l’air

Déjà testée sur certains théâtres d’opérations, l’utilisation d’aérostats intéresse de plus en plus les militaires et est en service dans certaines forces armées et de sécurité. En France, dans le cadre d’une opération d’expérimentation réactive, conduite par la Direction Générale de l’Armement, un TC-350 doit être mis en œuvre en 2017 au profit de l’armée de l’Air et de la Marine nationale. Cette OER est destiné à approfondir le concept d’emploi pour la surveillance des approches maritimes (mise en oeuvre depuis la côte), mais aussi la surveillance de sites terrestres critiques, fonction pour laquelle A-NSE a déjà livré plusieurs engins.

 

TC-350 (© : A-NSE)

TC-350 (© : A-NSE)

 

Premières ventes de dirigeables habités

Après avoir réalisé une dizaine de ballons depuis sa création au profit de clients civils et militaires, la société française a également remporté ses premiers succès commerciaux dans le domaine des dirigeables habités. Ces derniers disposent d’un véritable équipage, avec deux pilotes et jusqu’à quatre opérateurs, peuvent mettre en œuvre de puissants moyens de détection et disposent d’un système de mission tel l’AMASCOS de Thales. Un appareil de 38 mètres et de 450 kg de charge utile du type AN-1800 a été achevé en 2014 alors qu’un modèle plus grand, de 43 mètres (750 kg de charge utile), a été commandé pour des missions de surveillance maritime.

 

Le dirigeable habité AN-1800 (© : A-NSE)

Le dirigeable habité AN-1800 (© : A-NSE)