Histoire Navale
Un appel pour le sauvetage du Marseillois, coulé dans le Vieux Port

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Un appel pour le sauvetage du Marseillois, coulé dans le Vieux Port

Histoire Navale

« On ne peut pas détruire ce bateau. C’est le dernier trois-mâts majorquin existant, c’est un témoignage unique du patrimoine maritime méditerranéen, juste à côté du nouveau Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, c’est inimaginable ». Et pourtant c’est un Breton qui parle. Yann Mauffret, patron du chantier brestois du Guip, grand spécialiste de la construction et de la rénovation de bateaux en bois et du patrimoine, s’alarme de la destruction, programmée dans quelques jours, du Marseillois.

Cette goélette de 42 mètres, construite à Valence dans les années 1920, a transporté des marchandises durant trente ans au cabotage en Méditerranée sous le nom de Cala Virgili. Depuis 1976, et grâce à une association marseillaise qui a financé sa rénovation, le voilier a été rebaptisé Marseillois et est amarré au Vieux Port. En 1999, il a été transformé en bateau restaurant. Mais le 11 septembre dernier, il a coulé après avoir subi une voie d’eau. Les travaux de remise à flot ayant été jugés trop importants, il devrait être détruit sur place à partir du 15 janvier.

Une issue qui indigne le passionné de patrimoine maritime qu'est Yann Mauffret. « Je ne parle pas en tant que patron de chantier mais en amoureux des bateaux et de leur histoire. Je sais qu’on peut le sauver : il ne faut pas se laisser abuser par ce que l’on voit au dessus de l’eau, la structure de ce bateau est saine et on peut le rénover. Cela a été fait, avec parfois des conditions beaucoup plus difficiles, comme pour le thonier Biche à Lorient ou le terre-neuva Marité, qui a été récupéré au Danemark et rénové grâce aux régions de Haute et de Basse-Normandie ». Une sortie de l’eau pourrait être effectuée grâce à des ballons et des moyens de manutention adaptés. « Cette première phase est abordable en termes financiers. Pour la suite des travaux, une solution locale sera la meilleure. Mais il faut absolument éviter, dans un premier temps,  de le détruire. Des gens se mobilisent déjà, des solutions financières peuvent être trouvées. Je ne peux pas croire que Marseille, le plus grand port de France, dans lequel il y a les plus grands armateurs et une école de la marine marchande, et dont l’histoire est aussi étroitement lié à la mer, puisse tirer un trait sur ce bateau unique ». 

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