Marine Marchande

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Un câble posé entre Belle-Ile et Quiberon

Marine Marchande

Les Quiberonnais l'avaient en visuel en début de semaine. Ce sont maintenant les Bellilois qui aperçoivent, à proximité du Palais, la coque rouge du VOS Sympathy, un navire néerlandais de 78 mètres affrété par LDTravocéan (filiale du groupe Louis Dreyfus Armateurs). Ce dernier immerge depuis le début de la semaine, entre Quiberon et Belle-Ile, le câble sous-marin qui va sécuriser l'approvisionnement électrique de Belle-Ile. Un câble de haute technologie qui cumule deux prouesses techniques. La première : il est construit d'un seul tenant sur toute sa longueur, soit 15 km. Jusqu'à présent les câbles sous-marins étaient fabriqués par tronçons qui étaient ensuite reliés entre eux. « Quinze kilomètres d'un seul tenant, sans aucune jonction, c'est assez inhabituel et cela n'a jamais été fait en France », souligne Bernard Laurens, directeur général de ErDF, opérateur du renouvellement du câble. « L'avantage est que ce nouveau câble offre une meilleure résistance mécanique. La fabrication d'un seul tenant augmente sa durée de vie ».
 

L'électricité et la fibre optique

Deuxième prouesse technique : le même câble apporte à Belle-Ile la fibre optique. Là encore, il s'agit d'une première en France. Outre les trois câbles électriques moyenne tension, le câble renferme 48 brins de fibre optique. Une technologie développée par la Silec, du groupe General Cable, un des leaders mondiaux du secteur. « Il a fallu réaliser trois prototypes différents pour valider la version définitive du câble », explique Bernard Laurens. « Chacun d'entre-eux a fait l'objet de nombreux tests mécaniques et d'étanchéité. Les caractéristiques du câble doivent permettre à la fois de le protéger de manière optimale contre les agressions potentielles (dragages, ancres, courants...) mais aussi d'assurer la sécurité des usagers du domaine maritime », ajoute-t-il. Les composants du câble ont été fabriqués à Montereau, sur les bords de Seine. Il a été assemblé à Nordenham en Allemagne près de Brème. Le résultat, c'est un serpent sous-marin de quinze kilomètres de long et de 450 tonnes, qui est déroulé à raison de 900 mètres par heure, par des profondeurs qui vont jusqu'à 30 mètres.

Ensouillage du câble

« Nous avons commencé mardi à 11 h. Nous pensons finir jeudi en fin de matinée », explique Philippe Talleu, chef de projet, responsable des opérations. « Nous avons eu beaucoup de chances avec la météo. Nous avons seulement dû renoncer à l'utilisation du robot pour surveiller le câble sous l'eau, car les grosses houles de ces derniers jours ont rendu la visibilité quasi nulle. Nous avons utilisé un échoscope, une sorte de sonar en trois dimensions qui nous permet quand même de suivre ce qui se passe sous l'eau ». Le câble repose sur des fonds sableux. Il a été conçu pour « s'ensouiller », selon le vocabulaire maritime consacré, lesté par son poids. La pose du câble terminée aujourd'hui, les opérations de raccordement vont pouvoir commencer. À Port-Maria, côté Quiberon, et à Port-Jean côté Belle-Ile.

Mise sous tension début mai

La mise sous tension du nouveau câble devrait être effective début mai. Belle-Ile sera alors totalement sécurisée, approvisionnée en électricité par trois câbles de 20.000 volts chacun. Le plus ancien datant de 1967, le deuxième de 1985. Le troisième fait entrer l'île dans le XXIe siècle, avec le déploiement de la fibre optique, qui doit être assurée par le conseil général.

 

Avec la rédaction du Télégramme

Louis Dreyfus Armateurs