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Un Caïman Marine embarque dans un avion de transport Antonov

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Un Caïman Marine embarque dans un avion de transport Antonov

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Pour la première fois depuis sa mise en service en décembre 2011, le nouvel hélicoptère de combat de l’aéronautique navale française est entré dans un avion. Cela, dans le cadre de la validation de la capacité d’aérotransport du Caïman Marine (NH90). L’opération s’est déroulée le 5 décembre avec une machine (le Caïman n°13) de la flottille 33F, qui a rejoint la base aérienne de Vatry, où se trouvait un imposant avion-cargo russe Antonov 124.

 

(© MARINE NATIONALE)

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« Après des déposes obligatoires (pales, chaîne radar) nécessaires à la mise en configuration "aérotransport" de l’aéronef, la capacité a été validée sur recommandation du détachement NH90 du centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’Aéronautique navale (CEPA/10S). Cette aptitude permettra, si nécessaire, de procéder à des échanges d’hélicoptères, notamment lors des missions longue durée des FREMM, s’affranchissant ainsi des contraintes techniques qui pourraient altérer l’efficacité opérationnelle du couple FREMM / Caïman », explique l’état-major de l’aéronautique navale.

Pouvoir aérotransporter jusqu’à l’autre bout du monde et dans des délais très brefs un Caïman Marine donnera par exemple à la flotte française la capacité à remplacer un appareil en avarie complète sur une frégate. Mais comme l’évoque l’état-major, il s’agit surtout d’accompagner le récent concept de double-équipage sur les frégates multi-missions, qui permet notamment à la Marine nationale de déployer ses bâtiments sur de très longs déploiements, entrecoupés d’une relève d’équipage. C’est ce qui s’est passé pour la première fois cette année avec la FREMM Languedoc, partie le 25 avril de Toulon pour participer à la mission européenne Agenor dans le golfe arabo-persique, et qui n’est rentrée à sa base que le 12 novembre, six mois et demi plus tard. En août, l’équipage B du bâtiment avait relevé l’équipage A, le personnel du détachement hélicoptère étant également relevé. Mais pas le Caïman présent à bord. Ce sera désormais possible, ce qui permettra au besoin d’optimiser le potentiel des appareils et, éventuellement, d’offrir de la souplesse en fonction des périodes de maintenance.

On notera que l’opération menée à Vatry s’est uniquement déroulée au sol, l'Antonov n'ayant pas décollé avec le Caïman à son bord. Mais la manoeuvre au sol a été suffisante pour valider la capacité de la machine à être déployée par un avion de transport. La prochaine étape sera un embarquement sur l’A400M Atlas de l’armée de l’Air, qui devrait intervenir en 2021 ou 2022. Des appareils qui sont conçus pour embarquer les Caïman de l’armée de Terre notamment, mais qu’il faudra également valider pour la version navale de cet hélicoptère, qui présente certaines différences techniques.

L’aérotransport est employé de longue date par la Marine nationale, qui utilise en particulier les avions de l’armée de l’Air pour acheminer les hélicoptères Dauphin, Panther et Alouette III déployés Outre-mer. Un transport de ce type a d'ailleurs été assuré pour la première fois avec un A400M pour une relève de Panther aux Antilles au mois de septembre

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