Marine Marchande
Un cargo chavire au large de la Normandie après une collision avec un chalutier

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Un cargo chavire au large de la Normandie après une collision avec un chalutier

Marine Marchande

A 10 heures ce matin la situation n'avait pas évolué, l'épave et plusieurs panneaux de cales continuant de dériver en Manche sous la surveillance des moyens de l'Etat mobilisés sur zone. 

C’est un accident rarissime qui mobilise depuis hier d’importants moyens français de secours en mer. Le Britannica Hav, un cargo de 82 mètres de long transportant 1955 tonnes d’acier, a chaviré dans l’après-midi après avoir été éperonné par le chalutier belge Deborah. Ce dernier, qui n’est pas de petite taille (38 mètres), a résisté au choc mais a provoqué des dégâts irréversibles au navire de commerce, qu’il a percuté en son centre, sur le côté bâbord. Suite à la collision, qui s’est produite à 50 milles dans le nord-est de Cherbourg, l’alerte a été donnée vers 15H40.

 

Le Britannica Hav dans le port du Havre en 2013 (© FABIEN MONTREUIL)

Le Britannica Hav dans le port du Havre en 2013 (© FABIEN MONTREUIL)

 

Les 7 membres d’équipage du Britannica Hav, qui avaient évacué leur navire à bord de deux radeaux de survie, ont été récupérés par le Deborah. Le CROSS Jobourg, coordonnant les opérations de sauvetage, a immédiatement dépêché l’hélicoptère Caïman de la Marine nationale basé à Maupertus. L’appareil, avec à son bord une équipe du centre médical des Armées de Querqueville, a procédé à l’hélitreuillage des 7 marins du cargo, dont un était légèrement blessé. Ils ont tous été déposés sains et saufs à Querqueville et pris en charge par le centre médical. Bien que légèrement blessé à la tête, le capitaine du chalutier n’a, quant à lui, pas souhaité être évacué.

 

 

 

Pendant ce temps, le Britannica Hav, souffrant d’une importante voir d’eau provoquée par une brèche sur bâbord, a fini par se retourner. Le remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage Abeille Liberté a été envoyé sur zone, ainsi que le patrouilleur Aramis de la gendarmerie. Ils surveillent l’épave, qui dérivait dans la soirée vers l'ouest à la vitesse de 3 noeuds mais ne pouvait plus être remorquée selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord. En fin de journée, celle-ci indiquait qu’une « légère irisation de gasoil a été constatée. Le cargo avait 48 tonnes de gasoil léger de propulsion à son bord. Les modèles de dérive indiquent un étalement limité du gasoil autour de la coque ». Le préfet maritime a néanmoins demandé l'appareillage de Brest du bâtiment de soutien, d'assistance à de dépollution (BSAD) Argonaute avec du matériel de dépollution et de pompage à son bord. Le navire, affrété à l’année par la Marine nationale, devrait être sur place ce mercredi matin.

 

 

Si tout risque de marée noire est écarté compte tenu de la cargaison annoncée du Britannica Hav et du contenu de ses soutes à combustible, il faut maintenant gérer une épave surnageant en plein milieu de la Manche, où le trafic est particulièrement dense. De plus, lors de la collision entre le Britannica Hav et le Deborah, quatre panneaux de cale de 15 par 20 mètres se sont détachés du cargo et sont eux-aussi à la dérive. Comme pour la coque, un marquage a été réalisé afin de disposer d’un suivi en temps réel et éviter d’autres accidents. Les navires présents dans le secteur ont été alertés du danger par les autorités françaises, qui travaillaient toujours, ce mercredi matin, sur une solution pour traiter l'épave. 

Construit en 1985 et battant pavillon maltais, le Britannica Hav, conçu pour des navigations en cabotage, arrivait d’Espagne.

 

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