Divers
Un chalutier breton ramène des obus de 280 mm dans ses filets

Actualité

Un chalutier breton ramène des obus de 280 mm dans ses filets

Divers

S'agit-il de vestiges des cuirassés allemands de la seconde guerre mondiale ? Plusieurs obus de 280 mm ont été découverts vendredi dernier dans le chalut d'un bateau de pêche breton. L'Alcatraz, immatriculé à Lorient, se trouvait alors à 11 kilomètres de l'île de Groix. Après avoir signalé au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage d'Etel la présence, sur son pont, de deux engins suspects, le chalutier a fait l'objet d'une intervention des plongeurs démineurs de la Marine nationale. Dans le même temps, le CROSS a fait diffuser des messages d'alerte vers l'ensemble des navires à la mer, et il a ordonné au patrouilleur des affaires maritimes Iris de se rendre à proximité de l'Alcatraz pour assurer la sécurité autour du bateau. « A 05h15, l'Iris a quitté sa position pour aller chercher à Lorient les quatre plongeurs démineurs qui avaient rallié de Brest après le déclenchement de l'alerte. Ce personnel a embarqué 06h30, et l'Iris est revenu à proximité de l'Alcatraz une demi-heure plus tard. Les plongeurs démineurs ont alors été transférés par dinghy sur le chalutier », explique la préfecture maritime de l'Atlantique. Après expertise, les deux objets de 50 centimètres de long et d'un poids estimé de 100 kg se sont révélés être deux obus de 280 mm. Un troisième engin était également pris plus bas dans le chalut. Ré-immergés, les obus ont été détruits dans la matinée à 2.5 kilomètres à l'Est de la pointe de Gâvres, où se situe un centre d'essais de la Délégation Générale pour l'Armement, l'ex-Groupe d'Etudes et de Recherches en Balistique, Armes et Munitions (GERBAM).
L'origine des obus n'a pas été précisée mais il pourrait s'agir de munitions allemandes datant de la seconde guerre mondiale. Ce calibre est, en effet, peu courant et n'a équipé que de rares navires de combat. Les marines françaises et anglaises n'utilisaient pas ce calibre pour leurs cuirassés (armés de pièces de 330, 340, 356, 380 ou 406 mm). Seuls les cuirassés de poche allemands Deutschland, Sheer et Graf Spee, ainsi que les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau en étaient dotés, à raison de 6 canons de 280 mm en deux tourelles pour les premiers et 9 canons en trois tourelles pour les seconds. Après la défaite des armées françaises, les Scharnhorst et Gneisenau avaient été basés à Brest du 22 mars 1941 au 11 février 1942, avant de rejoindre l'Allemagne par le détroit du Pas-de-Calais (opération Cerberus), au nez et à la barbe des Britanniques.
La Kriegsmarine avait également installé le long du littoral atlantique un certain nombre de batteries côtières, notamment dans la région de Lorient. Celle de Groix avait été armée avec quatre canons de 203 mm provenant du croiseur lourd Seydlitz, resté inachevé.