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Un design italien pour les futurs bâtiments logistiques de la Marine nationale

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C’est le ministère italien de la Défense qui a vendu la mèche à l’occasion de la mise à l’eau, la semaine dernière au chantier Fincantieri de Castellammare di Stabia (Naples), du Vulcano, le nouveau pétrolier-ravitailleur de la Marina militare : « La France a demandé officiellement de coopérer avec l'Italie, à travers l'agence OCCAR, pour la construction de trois navires de soutien logistique, sur la base des projets réalisés pour le navire italien ».

Exit donc le concept Brave, conçu par DCNS et STX France pour fournir à la Marine nationale les trois nouvelles unités du programme Flotte Logistique (Flotlog) et, au passage, disposer d’un nouveau modèle à l’export. Les successeurs de la Marne, du Var et de la Somme devraient donc être dérivés du Vulcano, un navire de 165 mètres et 23.500 tonnes de déplacement en charge livrable en 2019 par Fincantieri à la marine italienne.

 

 

Vue du futur Vulcano (© : MARINA MILITARE)

 

Selon le ministère italien de la Défense, qui ne s’embarrasse même pas des procédures toujours en cours pour aboutir à une reprise de STX France par Fincantieri, « les trois navires français seront construits dans les chantiers de Saint Nazaire, récemment achetés par Fincantieri ». Construits, ou du moins assemblés et armés. Car il y a fort à parier que des sections des bâtiments français seront réalisées en Italie avant d’être remorquées à Saint-Nazaire. Le Vulcano lui-même est réalisé dans deux chantiers différents, l’avant à Castellammare di Stabia et l’arrière Riva Trigoso. Un troisième site de Fincantieri, celui de Muggiano, près de La Spezzia, assurera l’assemblage des deux sections.

 

La section avant du Vulcano (© : MARINA MILITARE)

 

Structure européenne, l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAR) gère déjà pour le compte de la France et de l’Italie le programme des frégates multi-missions, réalisées par DCNS et Fincantieri, la coopération portant essentiellement sur l’achat commun d’équipements.

La décision de la France concernant FLOTLOG doit permettre de renforcer la coopération industrielle et militaire avec l’Italie, sachant que selon Rome « cet accord prévoit aussi la possibilité de mettre en place une unité italo-française dont la gestion sera partagée par les deux pays ». Avec, pour le ministère français de la Défense, des économies importantes sur les coûts de conception, mais en contrepartie du travail en moins pour les bureaux d’études nazairiens.

On ne sait pas si des projets « inverses » sont prévus, sachant que les opportunités de coopérer sur les frégates sont passées dans la mesure où les Italiens ont lancé la construction de leurs PPA et que les Français viennent d’acter le programme FTI. Quant au futur porte-hélicoptères d’assaut italien, ses futures turbines à gaz ont déjà été produites par Rolls-Royce, condamnant donc à priori un recours à une version du BPC français. Livrable en 2022, le successeur du Garibaldi doit voir sa coque réalisée à Castellammare di Stabia, Muggiano assurant l’armement du navire.

Concernant FLOTLOG, une commande est espérée à partir de 2019 en vue d’une livraison du premier bâtiment à la marine française vers 2022/2023.

 

Marine nationale marine italienne STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire)